‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 161 sur 208 · HERAULT · texte numérisé non relu

HERAULT

14 octobre 1870. — A M. Lisbonne, préfet. — Les lois de l'honneur militaire interdisent de la manière la plus absolue aux officiers signataires de capitulation de reprendre du service pendant la durée de la guerre. C'est une règle que la République ne veut pas enfreindre. Nos soldats ont pu être vaincus, la République ne leur permettra pas de se déshonorer. Une mesure générale a été prise pour l'envoi de ces officiers en Algérie.

Avisez ceux qui pourraient réclamer auprès de vous.

3 novembre 1870. — Au préfet. — Je vous autorise à prendre toutes mesures que vous jugerez convenables pour ramener l'ordre dans Marseille1. Mon opinion est qu'il vaut mieux se servir de la garde nationale que de la troupe. Vous devez avoir de bons éléments sous la main qui ne vous refuseront point leur concours. Néanmoins j'abandonne à votre jugement le choix des mesures à prendre. La plus grande confiance règne entre le ministre et les préfets. Je vous remercie de l'unanimité avec laquelle tous les préfets du Midi m'ont écrit au sujet de l'ignoble attentat dont notre malheureux ami Cent a été la victime. Faites-moi savoir s'il a reçu ma dépêche où je lui témoigne toute ma douleur et donnez-moi trois fois par jour de ses nouvelles. Rendezmoi compte de ce que vous aurez fait.

2 décembre 1870. — Au préfet. — La question n'est pas d'interdire la publication des dépêches prussiennes. La question est d'empêcher les journaux de donner les mouvements des troupes.

30 décembre 1870. — A 3/. Vernhes, à Brziers. — Citoyen Vernhes, le préfet de l'Hérault que j'ai vu m'a exposé les diverses raisons qui motivent votre remplacement comme sous-préfet de Béziers. J'ai apprécié ses raisons et je vous ai

1. A la raite '!'■ l'attentai contre M. Oent, le préfet, do Vauclusc avait télégraphié à celui <!<■ L'Hérault : •< Pouvez-vous, d'accord avec l'autorité militaire, envoyer des troupes au secours de Republique qu'on égorge? Attends réponse avec anxiété. »

donné pour successeur M. Buard. Ce changement dans le personnel administratif de l'Hérault n'implique de ma part aucune pensée, aucun sentiment dont vous puissiez vous choquer personnellement. Je vous connais et je vous tiens pour un bon et loyal républicain dont je me promets d'utiliser les services dans un autre poste. J'attends une occasion pour faire appel à votre dévouement. Remettez donc vos services à M. Buard, et à bientôt.

30 janvier 1871. — Spuller à Scheurer-Kestner, directeur de la cartoucherie de Cette, au bureau de poste restante ou hôtel Gullion. — Mon cher concitoyen, le ministre de l'intérieur me charge de m'adresser à votre patriotisme au nom de la République. Il y a un grand service à nous rendre, nous avons pensé à vous. Le poste de préfet de Lyon est actuellement vacant par suite de l'état de souffrance aiguë de M. Challemel-Lacour, qui ne peut nous continuer son concours sous peine de mettre sa vie en danger. Je viens vous demander si vous pourriez aller tenir ce poste, aussitôt la présente dépêche reçue.

Votre nom si cher à la démocratie, vos aptitudes particulières comme savant et industriel, votre caractère si éminemment ferme et votre dévouement, tout concourt à faire de vous le représentant du Gouvernement le plus digne d'être placé à la tête de la deuxième capitale de France.

De grâce, acceptez et écrivez-moi par le télégraphe que vous êtes parti pour Lyon afin d'y relever M. Challemel- Lacour. Il y a urgence.

Salut fraternel,

E. Spuller.

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