LOIRE
H octobre 1870. — A M. César Bertholon, préfet. — Je regrette vivement que vous ayez pris une mesure préventive contre un journal1. Quelle que soit la violence de ses attaques réactionnaires, nous ne pouvons frapper que par voie de répression légale. La polémique doit être absolument libre, mais si le rédacteur du journal commet un acte de conspiration ou de rébellion contre la République, arrêtez-le et livrez-le à la loi.
31 octobre 1870. — A préfet. — Je reçois les nouvelles les plus graves de Saint-Étienne, Je compte que dans une heure aussi grave vous comprendrez que le premier devoir des patriotes est de respecter la loi et l'ordre, et que vous saurez assurer ce respect. Envoyez des nouvelles et soyez ferme.
8 novembre 1870. — A préfet. — Dans quel but le général Cluseret se dirige-t-il sur Saint-Étienne? Vous faites très bien de le faire surveiller, et s'il vous ennuie, vous ferez très bien de le faire arrêter.
Bourges, 16 décembre 1870. — Intérieur à préfet, Saint- Ètienne. — Je viens de recevoir ici le sous-préfet de Roanne, qui s'est transporté à Bourges sans autorisation, sous prétexte de venir me dire que, depuis un mois, on ne fait rien dans son arrondissement au point de vue de l'organisation et de l'instruction des mobilisés. Je trouve cette conduite étrange et j'ai renvoyé ce sous-préfet à son poste. Je désire que vous me fournissiez des explications tant sur l'état de cet arrondissement en général, que sur ce fonctionnaire en particulier.
6 janvier 1871. — Je reçois votre lettre et le journal que vous m'avez envoyés. Je crois qu'avec des journaux comme la Commune, qui sont sans action appréciable sur l'esprit public, il n'y a pas lieu de se montrer trop sensible à des attaques dont la violence et l'injustice accusent toute l'impuissance. En ce qui concerne les menées jésuitiques dont