‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 170 sur 208 · LOIRE-INFERIEURE · texte numérisé non relu

LOIRE-INFERIEURE

Bourges, iS décembre 1870. — Intérieur à M. Guépin, préfet, Nantes. — Je vous remercie des indications que vous me donnez. En ce qui touche le camp de Conlie, j'ai depuis deux jours, tant au point de vue de l'armement que des soins médicaux, prescrit les mesures les plus complètes pour prévenir tous fâcheux accidents ; mais il faut veiller à ce que les intrigues réactionnaires ne cherchent pas à exploiter la situation. Quant à l'organisation de la défense de Nantes, je n'ai jamais refusé le concours le plus actif à tout ce qui touchait à la protection d'un aussi grand centre. Toutefois il ne faut point exagérer rien et laisser croire que Nantes peut être assailli à l'improviste; quand je connaîtrai les propositions que le comité de défense est allé faire à Bordeaux je ferai tout pour satisfaire les réclamations légitimes et je vous prie vous-même de me renseigner à ce sujet.

2 janvier 1871. — A M. Fleuri/, préfet. — J'ai reçu votre dépêche2; assurez-vous que nous sommes en présence d'une agitation concertée entre les divers organes de la faction

1. M. Henri Leforl répondit le 10 janvier que M. Guyot-Montpay-

roux« montrait à tout le monde une permission signée Freycinet, lui accordant un congé jusqu'au 2<i janvier », et qu'en conséquence il allait h donner de- ordres très rigoureux pour l'arrestation de ce personnage, le 20. s'il no répondait pas à l'appel ». — M. Guyot-Montpayroux ue répondil pas à l'appel, le 26 janvier, el M. Lef'ort le lit arrêter 1" •'» février àfirioude. M. Montpayroux SOrtil alors une lettre de M. de I'Yc\rinet qui renouvelait son congé jusqu'au r> février, el Ri. Jules Simon ordonna s,i mise en liberté immédiate.

2. Dépêche du 2 janvier 1871 ainsi conçue : « Journaux légitimistes cléricaux attaquent avec audace . Ce n'est pas polémique, mais appel à la révolte. -T'ai adressé lettre au journal V Espérance thi peuple ^ pour le rappeler à la situation, s'il persiste, d'avis de le suspendre; réclame autorisation dont je ferai usage avec la plus grande prudence. »

légitimiste de l'Ouest. Si vous arrivez à découvrir que cette levée de boucliers ridicule a été réellement projetée, vous pouvez compter que nous n'hésiterons pas à la réprimer. En ce qui vous concerne, je n'ai pas besoin de répéter que ma confiance en vous est entière. Je vous donnerai en temps utile toutes les autorisations dont vous aurez besoin, avec la certitude que vous en userez avec la plus extrême prudence. Calculez cependant les coups que vous aurez à frapper et, dans les cas graves, ne manquez pas de m'en référer.

2 janvier 1871. — Au préfet. — Je reçois votre dépêche, les journaux que vous avez cru devoir m'envoyer et la lettre que vous avez adressée au directeur. J'approuve cette lettre, la modération et la fermeté qu'elle respire. Je crois qu'avec ces journaux, comme YEspé?*ance du peuple, qui sont sans action appréciable sur l'esprit du public, il n'y a pas lieu de se montrer trop sensible à des attaques dont la violence et l'injustice accusent toute l'impuissance. Je vous ai recommandé de surveiller bien exactement les menées des partis monarchiques. Je suis décidé à résister avec une extrême vigueur à tous empiétements directs ou détournés sur les droits du gouvernement de la République. Tout ce que vous ferez pour m' aider dans cette tâche est dès à présent l'objet de mon approbation sans réserve; mais agissons avec prudence, laissons passer les injures et les calomnies, ne nous en prenons qu'aux actes. Dans cette voie, l'opinion ne peut que nous soutenir.

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