‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 191 sur 208 · RHONE · texte numérisé non relu

RHONE

Paris, 5 septembre 1870. — A la municipalité de Lyon. — Le Gouvernement envoie des félicitations à la cité lyonnaise1. Le citoyen Ghallemel-Lacour est nommé préfet du Rhône. Il part. Mettre en liberté, si ce n'est déjà fait, l'ancien préfet.

5 septembre. — Au comité de Salut public. — M. Challemel- Lacour, vigoureux républicain, part ce soir avec les pouvoirs nécessaires. Continuez de maintenir l'ordre.

6 septembre 1870. — A préfet. — Prenez les mesures complètes pour protéger efficacement les dépôts de la succursale de la Banque de France.

6 septembre 1870. — A M. Challemel-Lacour . — Investi des pouvoirs exécutifs par le gouvernement de la République siégeant à l'Hôtel de ville, le ministre de l'intérieur vous félicite de votre promptitude à vous rendre à votre poste. En vous envoyant dans la grande cité lyonnaise, le Gouvernement savait bien qu'il choisissait un des plus dignes et des plus énergiques représentants de l'idée républicaine. Les patriotes de Lyon avaient pris spontanément des mesures pour mettre fin au régime qui nous a amené l'étranger. En cela ils ont

1. La République avait été proclamée à Lyon, le 4 septembre, à neuf heures du matin. Un comité dit de salut public s'était installé à l'Hôtel de ville. Il avait aussitôt arrêté et incarcéré le préfet impérial et le procureur général.

exprimé, à la même heure que Paris, le sentiment de la France et ils ont avisé comme il convenait aux nécessités de la situation; mais à l'heure présente et après la désignation du gouvernement de la République, la religion même de la patrie, à laquelle ils n'ont jamais failli, leur commande d'accepter et de saluer en vous le seul et légitime représentant de la Défense nationale.

Je suis sûr qu'il vous suffira de faire appel à la passion du salut de la Fiance qui les anime pour faire disparaître tout esprit do dissidence et de contradiction. Nous sommes sous le feu de l'ennemi qui foule le sol. La République obéie peut seule nous sauver. Les principes sont saufs et aussitôt que les conditions de la guerre le permettront, vous procéderez à l'institution d'une municipalité sincèrement élue. Jusque-là les vrais patriotes doivent se grouper autour de vous, non pour former seulement un conseil, mais une légion. Vous saurez, monsieur le préfet, développer et faire prévaloir ces id'

7 septembre 1870. — Le gouvernement de la Défense nationale vient de fixer à vendredi prochain, 9 septembre, les élections municipales de Paris ; que celles de Lyon se fassent immédiatement dans les délais matériellement les plus courts. Veuillez faire afficher cette décision dans toute la ville de Lyon.

7 septembre 1870. — A M. Challemel-Lacour, préfet1, — Je suis bien heureux de votre succès et de votre courage, mon cher ami. Continuez et télégraphiez-nous souvent.

ptembre 1870. — A préfet. — Trochu demande si Sencier et les personnes arrêtées sont définitivement mises en liberté. Me répondre immédiatement*.

i. En réponse à cette dépêche : « La situation s'améliore; le comité est en train d<- se disloquer. \a>< arrestations finissent, les élargissements vonl commencer. »

2. M. Challemel-Lacour répondil : « Sencier est détenu à la mairie de la Croix l vouloir L'élargir de suite lerail pré-

illision. Le Gouvernement De pourrait-il le mander â Paris avec L'intention apparente de Lui faire rendre compte di

'l.i politique la plus prudente m'est imposée pour éviter un conflit. J'attends ei ferai exécuter L'ordre du Gouvernement, si je !<• ] ia risque d'émeute, m

9 septembre 1870. — A préfet. — Votre dépêche de ce jour nous fait espérer que, malgré la gravité de la crise, vous triompherez de résistances illégitimes et nous vous approuvons pleinement de ne lutter que par la persuasion. Le gouverneur est cependant très ému de la captivité prolongée des anciens fonctionnaires arrêtés. Faites un énergique appel à la magnanimité des Lyonnais ; et obtenez avant tout la libération de M. Sencier, réclamée avec insistance par le président du Gouvernement.

9 septembre 1870. — A préfet. — Continuez à temporiser comme vous l'avez fait jusqu'ici. Nous n'osons user de votre moyen parce que nous craignons que les délégués ne veuillent l'accompagner ici, ce qui nous créerait de graves embarras. Voyez-le et faites-lui prendre patience, tenez-vous par chiffre au courant de cette situation.

10 septembre 1870. — Nous attendons votre lettre annoncée et au besoin nous vous prions de télégraphier s'il y a urgence et en nous donnant des nouvelles de la situation de cette ville.

10 septembre 1870. — La dépêche envoyée hier et que vous n'avez pas lue disait que nous nous en remettons complètement à votre habileté de conduite. Continuez à temporiser. Voyez Hénon et faites-lui prendre patience.

10 septembre 1870. — A préfet. — Je reçois seulement votre dépêche de ce matin, 8 heures. Le Gouvernement ne peut accepter la solution que vous proposez1; elle ne ferait que mettre en lumière la prépondérance du parti que vous cherchez à apaiser. Elle serait une concession dont vous mesurerez la portée au point de vue national; continuez à temporiser et télégraphiez ce soir.

11 septembre 1870. — Votre dépêche a calmé mes inquiétudes2. Les élections nous paraissent devoir tout terminer.

1. En réponse à cette dépèche : « Certains bataillons de garde nationale sédentaire veulent, malgré moi, faire aujourd'hui une démonstration pour le drapeau tricolore. Je crains une contre-ma nifestation pour le rouge. Je m'applique à éviter toute collision. Pour couper court on pourrait arborer drapeau noir. Donnezmoi votre avis. »

2. « La démonstration dont je parlais ce matin a été empêchée.

M. Andrieux est nommé [procureur de la République. Il vous mettra au courant de ma conversation.

11 octobre 1S70. — Je reçois vos deux dépêches. Pour la première, mes remercîments et mes embrassades. Pour la seconde relative à la fabrication de la monnaie, je vous prie de réfléchir que vous n'avez pas d'outillage, que vous ne pourriez pas faire de la bonne monnaie par des orfèvres. En outre, dès le premier jour de la Révolution, on a installé à Bordeaux, dans l'ancien hôtel des monnaies, avec le personnel de l'hôtel de Paris, une fabrication de monnaies. On vous a déjà approvisionné de monnaie divisionnaire. Demandez une somme et on vous fera de nouvelles livraisons; mais renoncez à une fabrication incomplète, coûteuse, sans contrôle.

Gambetta.

Tours, 12 octobre 1870. — A préfet. — J'ai reçu votre dépêche d'hier pendant la nuit. J'adresse observations sérieuses à Lecesne pour qu'il réponde à vos dépêches. La question de la monnaie nous préoccupe au plus haut point. Conservezy votre attention vigilante. Vous savez que je suis à la fois ministre intérieur et ministre guerre. Votiv situation à Lyon est telle aujourd'hui que, sur l'ordre que je vous donne en ma double qualité, vous pouvez mettre en liberté le général Blazure1. Dites que c'est sur mon ordre formel.

12 octobre 1870. — \ préfet, — Voua ne répondez pas à ma dépêche relative au général Mazure. Je le mande ici. Faites-le partir immmédiatement.

13 octobre 1870. — \ préfet. — Je prends acte de votre

promesse de libérati lu général Mazure pour lundi, je

trouve l'ajournement très regrettable el je vous conjure de faire ros derniers efforts pour me l'envoyer avant lundi à T "s, où je L'interrogerai et examinerai son affaire9.

élections auront lieu jeudi. » (Dépêche datée Lyon, 11 sep-

i . Le 2 octobre, à la suite d'une émeute de gardes nationaux, le général Mazure a> ûl été menacé car la foule el avait d i igier à La Préfecture. M. Challemel I pour le Bau

avait été contraint d'ordonner ion arrestation.

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