SARTHE
9 novembre 1870. — A M. Le Chevalier, préfet. — Faites venir le gérant de l'Union de la Sarthe. Rappelez-lui les prescriptions sévères de la loi concernant les nouvelles relatives à des mouvements de troupes. Dites-lui que ce n'est point par des procès de presse que le Gouvernement compte en finir avec cet odieux, abus de la publicité, mais en livrant les gérants coupables aux cours martiales. Faites en sorte, par la sévérité de votre langage et par la résolution avec laquelle vous agirez par la suite, que cet avertissement dernier n'ait point l'air d'une vaine menace. Prévenez également les autres journaux.
16 novembre 1870. — A préfet. — Vous avez demandé un commandant général pour vos gardes mobilisés. Je vous envoie le général Collin qui était précédemment dans la Haute-Marne au même titre. C'est un brave et intelligent soldat. C'est aussi un digne républicain. Accueillez-le comme il le mérite, vous n'aurez qu'à vous louer de sa présence auprès de vous.
25 novembre 1870. — A préfet. — Cette manœuvre est odieuse1. J'ai eu le plaisir de féliciter moi-même le général
1. Le journal l 'Union de la Sarthe, avait publié des nouvelles mensongères sur l'organisation du camp de Conlie.
Kératry. Le général, les colonels Rousseau et Juliet sont d'excellents organisateurs du camp de Conlie et de l'état des fortifications. Nous ne pouvons pas laisser d'indignes citoyens répandre la fausse nouvelle et la calomnie pour desservir les opérations de la guerre. Poursuivez devant la cour martiale le signataire ou le gérant.
Faites-le immédiatement, mais ne touchez pas au journal. Communiquez au général Négrier de qui j'attends la plus grande énergie.
Bourges, 19 décembre 1870. — Gambeita à Marivault, camp de Conlie. — J'ai reçu votre dépêche sur le messager et le questionnaire. Je vous félicite de votre réserve. Dites-moi son nom et expédiez-le ici dans tous les cas.
Il nous sera permis à tous d'espérer que justice sera rendue à ceux qui, comme vous, n'auront pas voulu désespérer du salut de la Patrie. Croyez à mes sentiments de sincère et cordiale estime.
Lyon, 21 décembre 1870. — Gambetta à préfet du Mans.
— Envoyez d'urgence, par train militaire ou autre, mais non spécial, pour ne pas déranger mouvements militaires, ta personne venant de I3elgique à Lyon.
Lyon, 26 décembre 1870. — Ministre guerre à préfet le Mans.
— Il n'y a pas lieu de nommer le général Colin au grade de général de brigade puisqu'il est déjà général de division au titre auxiliaire. Ce n'est du reste pas ce qu'il demande; il a écrit l'autre jour pour avoir des récompenses pour son corps d'à rmée. Je lui ai répondu que ses propositions seraient accepté* s et qu'il eût à me les envoyer. Pour lui, il parl.ni de la croix de la Légion d'honneur, qui lui sera donnée du meilleur cœur, car il l'a bien méritée. Vous pouvez lui rappeler cette dépêche si vous le voyez, car je n'ai pas entendu dur qu'il eût envoyé ses propositions.
7 janvier 1871. — \ préfet, — De quelle façon pouvez-vous procurer à Londres •'!'». 000 paires de souliers, 100,000 couvertures, 100,000 peaux de moutons? A quelles conditions, ;i quels prix? Répondez-moi d'urgence .'i ce sujet. .!<■ télégraphie au préfet du Morbihan de s'adressera roua pour 20,000 paires de souliers, grandes pointures, donl d a besoin.
51ftî DEPECHES AUX PREFETS