‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 197 sur 208 · Il s'agit de la marche sur l'Est · texte numérisé non relu

Il s'agit de la marche sur l'Est

successeur1. Je continue même au milieu de cette effroyable crise à m'en occuper. Pour ne vous citer qu'un nom, je vous nommerai Sckeurer-Kestner, qui a décliné mon offre. Je vous remercie de votre appui, de vos encouragements. Ne demeurez pas un jour sans m'écrire. Demain matin vous recevrez les divers actes et décrets que je vous ai annoncés. Ils sont en conformité de la longue dépêche chiffrée que vous avez approuvée. Faisons tous notre devoir jusqu'au bout. A. vous du fond du cœur. Je n'ai pas encore reçu vos délégués.

HAUTE-SAONE

Rien d'important.

SAONE-ET-LOIRE

21 novembre 1870. — A M. Coti, sous-préfef, Chalon-sur- /' . — Une dépêche que vous avez recommandée de tenir secrète m'est livrée par un agent de Gênes. Cette dépêche indique à votre correspondant d'Ajaccio de prétendus mouvements de troupes qui, suivant vous, doivent avoir lieu, par Dôle et par Dijon, par mouvement tournant. Vous ajoutez qu'on prendra ainsi les Prussiens. Le caractère de cette communication adressée à Ajaccio, quand voussavez qu'elle pouvait séjourner dans plusieurs bureaux italiens, m'oblige à vous demander votre démission immédiate. Je l'attends ce soir par le télégraphe -.mis préjudice d'une enquête ultérieur. Remettez votre service à votre plus ancien chef de bureau.

l'T novembre isTn. \ ]j. /■,«-/ rtc Morin, préfet. — J'ai dû demander au sous-préfet de Chalon-sur-Saône sa démission pour manquement grave à la discrétion qui est imposée à un fonctionnaire de la République. Je vais procéder à -on remplacement dans le plus bref délai.

\. M. Challemel-Lacour avait donné >;i démission le 29 janviei en insistant pour être remplace Qu'on travaille en paix ou que l.-i révolution commence, je ne |><-ux plus être uni.' an poste où

M. Challemel Lacour adhérai! aux idées exprii ia par

M. Gambetta e à Jules 1 i 150 et sq.)

28 novembre 1870. — A sous-préfet, Chalon-sur-Saône. — J'ai reçu vos deux dépêches contenant explication sur l'incident de la dépêche envoyée en Corse1. Ces explications me suffisent. Je vous maintiens à votre poste, que cette affaire soit pour vous un enseignement. Je compte, comme par le passé, sur votre dévouement et sur votre discrétion et tout est oublié. — Avertissez le préfet de Mâcon en lui envoyant communication de la présente dépêche.

28 novembre 1870. — A sous-préfet, Autun. — Voici la dépêche que j'adresse au maire du Creuzot2.

Occupez-vous sans retard à le remplacer. Concertez-vous avec le préfet de Mâcon :

Dépêche au maire du Creuzot : « J'accepte purement et simplement la démission que vous maintenez. Il n'y a point d'homme nécessaire. »

28 novembre d870. — A préfet. — Je reçois ce soir de vous une dépêche dans laquelle vous me dites que vous avez engagé le maire du Creuzot à retirer sa démission. Je vous en ai adressé une dans laquelle je vous dis que j'avais accepté sa démission qui m'avait été offerte dans des termes tels que je ne pouvais conserver plus longtemps M. Dubray à la tête de l'administration du Creuzot. Veillez à faire un meilleur choix.

30 novembre 1870. — A préfet. — Ne vous exagérez-vous pas un peu cette affaire du Creuzot? Voilà un maire qui nous donne bien de l'embarras. Notez bien que ce n'est pas volontairement que j'ai dû accepter sa démission. Je ne trouve pas bon le biais que vous me présentez3 et je vous invite ainsi que le sous-préfet d'Autun à trouver mieux.

30 novembre 1870. — A préfet. — Dites partout que la campagne sera courte. Préparez du reste les populations à un régime militaire autre que celui qui nous a régi jusque

1. Cette dépèche était chiffrée, et M. Coti l'expliquait par l'intimité de ses rapports avec M. Ceccaldi, préfet de Corse. M. Boysset, commissaire général, était intervenu en faveur de M. Coti.

2. Le maire du Creuzot, M. Dubray, avait donné sa démission. avait v emplacé M. Schneider après le Quatre septembre.

3. M. Morin avait proposé de faire nommer au Creuzot un comité de défense qu'on eût « institué plus tard commission municipale ».

DE DIVERS DEPARTEMENTS. :>i:>

dans les derniers temps. Le temps est venu où tout le monde doit être soldat.

Bourges, 19 décembre 1870. — Intérieur à préfet, Mdeon. — Faites surveiller très étroitement le préfet du régime déchu1, et n'hésitez pas à sévir contre lui avec rigueur, s'il se livre à des menées coupables.

Lyon, 2*i décembre 1870. — GambettaàdeSerres, ingénieur à Chalon-sur-Saône . — La neige est ici à 35 centimètres audessus du sol. Il devient presque impossible de faire charrier. Je crois nécessaire et fatal tout ensemble de suspendre l'exécution des ordres. Répondez-moi d'urgence. Il serait argent aussi de passer des ordres pour faire déblayer les rails. Je vais faire déblayer ici les voies pour gagner la gare.

Lyon, 23 décembre 1870. — .1 sous-préfet Chalon (même dépêche adressée à préfet du Jura, à Lons-le-Saulnier). — La dépêche que vient de vous adresser le général Bressolles au sujet de deux négociants de Dijon, les sieurs Bassot aîné et Orlanet, qui font le ravitaillement des Prussiens, me passe sous les yeux. Je vous invite à ouvrir une enquête des plus sévères et des plus minutieuses sur ces faits si graves. Faites arrêter ces deux négociants et livrez aux tribunaux ces complices de l'ennemi. Confisquez leurs marchandises et livrez-les aux intendants pour les besoins de nos troupes. J'attends de vous une énergie impitoyable* Tous agents, tous préposés ou courtiers, tous convoyeurs devront être recherchés, poursuivis el punis comme les auteurs principaux. Mettez sur pied aulanl de gendarmerie et de commissaires enquêteurs qu'il faudra, mais faites cesser ail plus tôt ce scandale qui n'aque trop duré. J'écris au général Bressolles que (roua allez exécuter ses ordres. Ecrivez-moi à ce sujet.

Lyon, 26 décembre I870i — Ministre de la guerre^ à M. de Serret, ing nieur délégué, Chalon-sur-Saône. — Reçu vos dépêches <lout je vous remercie. Je vais faire donner les ordres nécessaires pour le tabac el les outils; mais si la gelée dure, les fortifications passagères Beronl bietî difficiles.

.l'.ii i.iii déblayer les voies, el nos préfets m'écrivent que le mouvement peul s'exécuter. Écrivez- moi.

i . M. M ii liferé qui intri w tcon.

Lyon, 26 décembre 1870. — A M. de Serres, ingénieur délégué, à Chalon-sur-Saône. — Très satisfait de vos œuvres et de votre activité. J'ai reçu aujourd'hui messager de général Chanzy. Je lui ai répondu en Jui faisant le détail de nos affaires. Il est en très bonne voie de réorganisation et même prêt a marcher dans quelques jours à peine et au besoin dès demain s'il était nécessaire. Je lui ai répondu d'après nos dernières conventions. Je suis pour affaire urgente obligé de quitter Lyon. J'y reviendrai, mais je vous charge de rester sur les lieux, de tout surveiller et de ne jamais hésiter à prendre les mesures suprêmes s'il y a lieu. Si vous aviez quelque chose de très impérieux à me faire savoir, télégraphiez à M. Challemel-Lacour qui me fera transmettre.

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