‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 28 sur 208 · LE MANS · texte numérisé non relu

LE MANS

Vous avez à votre tête des chefs énergiques, dévoués, aussi sages qu'intrépides. Il [faut leur obéir aveuglément : ils vous conduisent au succès. Sans cesse préoccupés de vous, ils ont en retour le droit d'exiger l'ordre, la discipline, la sobriété, la bravoure, vertus républicaines dont ils vous donnent tous les jours l'exemple.

Votre vie est rude, pleine de hasards et de sacrifices ; mais songez que vous vous battez pour sauver à la fois la France et la République, désormais indissolublement liées l'une à l'autre dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Si cette noble pensée vous possède et vous domine, ni les périls ni la mort ne vous paraîtront redoutables ; car qui de vous désirerait conserver une vie désormais déshonorée par l'abaissement de la patrie?

Vous n'êtes pas inférieurs à vos frères d'armes de l'armée de la Loire. Vous êtes enfants d'une même mère, vous lui devez tout, et vous défendez sur la Sarthe une position aussi précieuse pour l'avenir de la France que les rives de la Loire. Vous concourez enfin à ce glorieux mouvement de la France vers sa capitale. Vous ne voudrez pas perdre plus longtemps du terrain, car chaque pied du sol que vous abandonnerez c'est un jour de plus de cruelles angoisses que vous infligerez aux assiégés. Prêtez-vous donc le serment les uns aux autres, comme nos pères, de ne plus reculer, et marchez tous d'un pas égal à la délivrance de la France, afin qu'il soit dit de vous comme de vos aînés : Us ont bien mérité de la Patrie et de la République.

Vive la France! vive la République une et indivisible !

Le membre du Gouvernement de la défense nationale, minisire de ï intérieur et de la guerre,

Léon Gambetta.

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