‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 55 sur 208 · Dépèche du 4 décembre, 11 h. 55 du matin · texte numérisé non relu

Dépèche du 4 décembre, 11 h. 55 du matin

2. Dépêche du ministre de la guerre au général en chef d'Aurelle, à la place, à Orléans, datée de Tours, le 4 décembre, 1 h. 35 du soir : « Le Gouvernement a appris avec une profonde satisfaction que vous organisez la résistance à Orléans. M. Gambetta part dans une demi-heure. »

3. Dépêche du général d'Aurelle, Orléans, le 4 décembre, 5 h. 15 du soir.

pièces de marine avaient été enclouées et que les poudres et le matériel avaient été détruits1. La retraite a eu lieu, en effet, elle paraît s'être effectuée sur la rive gauche de la Loire en aussi bon ordre que possible.

Je ne vous peindrai jamais, avec la vivacité qu'il faudrait pour rendre de telles impressions, les sentimonts par où j'ai passé depuis quarante-huit heures, depuis vingt-quatre heures surtout. Une telle convention! une telle désertion devant le feu ! un si complet et si lamentable oubli des devoirs les plus simples de la profession militaire! c'est h n'y pas croire. Le moral de nos troupes est excellent, notre armée n'a pas beaucoup souffert, n'ayant pas été toute engagée, et cependant elle bat en retraite comme une armée vaincue! Une pareille affaire a causé, comme vous le comprenez, une très vive émotion, à Tours surtout, où il no manque pas de gens qui cherchent avant tout à. poursuivre leurs desseins politiques et qui profitent de tout ce qui peut embarrasser le gouvernement de la République. Ces mômes politiques, à la nouvelle du succès remporté par vous à Paris, étaient, chose triste à dire, honteux et atterrés; aujourd'hui, chose plus triste et plus odieuse encore, s'il se peut! ils laissent paraître une sorte de satisfaction mal déguisée à travers le (lux de paroles qui leur échappent. Je ferai tête à l'orage Jamais le désespoir ne s'est approché de mon âme. Je me suis recueilli devant ce désastre nouveau comme de va ni ceux qui nous nul déjà frappés; les ordres sont donnés, les corps d'armée en retraite sont concentrés sur les points les mieux situés à leur portée et vont s'y refaire. Bourbaki, à la tête du l<sp et du 20a corps qui n ont pas donné, esta Gien, où des renforts lui

i. Dépêche du général Martin dei Pallieras, Orléans, Is I décembre, minuit.

arrivent successivement, couvrant ainsi Bourges et Nevers. Les autres corps de l'armée de la Loire, 16, 17e, renforcés du 21e et de la moitié, déjà formée, du 19e, réoccupent les positions que nous avions avant la reprise d'Orléans et s'apprêtent à une action défensive concertée avec Bourbaki. Le 15e corps, concentré derrière le Beuvron, sera porté à droite et à gauche, selon les besoins de l'action. Nous sommes donc parfaitement dans vos prévisions du 24 novembre. Notre armée d'aujourd'hui, si éprouvée qu'on veuille la faire, vaut mieux que celle qui a obtenu ce premier succès. D'ailleurs il faut que les soldats l'apprennent : après les sublimes exemples que nous donnent les vôtres pour opérer leur sortie, l'heure est venue de vaincre ou de mourir. Cette attitude énergique dissipera les craintes de gens timorés, toujours prêts à se laisser aller aux paniques, quand ils ne les suscitent point par-dessous main; rendra toute sa vigueur à l'armée et convaincra nos ennemis que, s'ils tentent eux-mêmes un suprême effort pour en finir avec nous, nous sommes, de notre côté, disposés à ne nous laisser devancer par personne dans la voie douloureuse des sacrifices et du dévouement sans bornes à la patrie.

La France a été si peu favorisée depuis l'origine de cette guerre à jamais maudite, que la prudence conseille de prévoir les malheurs extrêmes et de s'y préparer. Ne vous alarmez point de ce que je dis ici; la vérité, vous la connaissez tout entière : le mal accompli est grand, mais il est réparable. Encore une fois, c'est notre devoir d'envisager toutes les éventualités.

Chaudordy n'a point discontinué son action diplomatique, lien est toujours au même point : armistice avec ravitaillement1. Là-dessus, il tient bon. Les puissances, comme j'ai eu l'occasion de vous le dire,

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