M. Laurier négociait à Londres l'emprunt [Morgan
Bourges, 14 décembre 1870, 3 h. 41 soir. — Guerre à Freycinet, Bordeaux. — J'apprends avec un plaisir bien vif la retraite de l'ennemi dégageant Le Havre l. Je vous prie de faire donner des ordres pour que l'on poursuive les Prussiens sur leurs derrières. Il y a un certain nombre de Iruinards que l'on pourrait ramasser facilement. Tout ce que j'apprends ici démontre que leurs armées sont fatiguées et démoralisées. Il faut en profiter.
Faites-moi envoyer des nouvelles de Paris, quelles qu'elles soient et d'où que vous les tiriez.
Léon Gambetta.
Bourges, 14 décembre 1870, 6 h. 15 soir. — Intérieur à préfet Gironde, Bordeaux 2. — Je reçois votre seconde dépêche et vous remercie vivement des renseignements que vous me donnez. Vous avez toute ma confiance, et je me repose entièrement sur vous et la démocratie républicaine de Bordeaux du soin de mettre à néant toutes les menées et toutes les intrigues dont vous me parlez. Je n'ai pas besoin de vous recommander de veiller a tous les détails de ces mesquines affaires, où cependant rien n'est à négliger. Notre directeur de la sûreté générale va venir ici. Il repartira immédiatement pour Bordeaux, pour vous porter mes instructions et vous prêter son concours.
Écrivez-moi sur Paris, si vousavez quelquesnouvellessûres.
En attendant l'arrivée de M. Hanc, s'il se produisait quelque chose à Bordeaux, il faudrait agir avec autant de vigueur et de décision que de prudence.