‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 89 sur 208 · L. Gambetta · texte numérisé non relu

L. Gambetta

1. Le 12 décembre, M. Laurier avait télégraphié de Londres que Le Havre allai! être attaqué. L'attaque □ eul pas lieu, mais la marche en avant, prescrite par M. Gambetta, ae lui pas davantage utée. Le I », l<' secrétaire général, M. Leplieux, télégraphiait à M. Gambetta : a Malgré Le désir presque général ici d'une marche en avant vers Rouen, toutes Les forces sont encore au Havre, faute, dit-on, d'être suffisamment éclairées sur l"s intentions de rennemi. ■■ Et, de même, le 16 : ■• Tout'' l'armée du Havre est encore dans la vrille. Il est à craindre que La résolution du commandant Monchez de rester au Havre, ne cause protestation violente. " -- Cf. in finr,,,, dépêche de M. Gambetta a M. de Freycinet, Bourges, li décembre, Bans indication d'heure;

j. M. Ajlain-Targé,

278 BOURGKS.

Bourges, 14 décembre 1870, 7 h. 45 soir. — Guerre à délégué Freycinel, Bordeaux. — Passez circulaire aux préfets leur enjoignant de ramasser tous les fuyards et traînards, de les recevoir en petits groupes sous la conduite d'un officier ou sous-officier et de les diriger : ceux qui se trouvent à la droite de Tours sur la première armée de la Loire, soit Nevers ; ceux qui se trouvent à la gauche de Tours sur la deuxième armée, soit Angers ou Le Mans. Vous prendrez les mesures nécessaires pour que ceci se passe promptement et avec ordre. J'ajoute qu'il faut se faire remettre immédiatement l'effectif par compagnie, exiger que les appels soient faits chaque jour sous la responsabilité des chefs de corps, de telle sorte que le chiffre des manquants soit quotidiennement connu. En outre, exigez que toutes les fois qu'un corps est en marche, cette marche ait été réglée d'avance par un ordre de mouvement détaillé, rendre les chefs responsables devant les cours martiales dont je vous prie de me faire connaître la composition; elles existent mais ne fonctionnent pas. Il faut punir rigoureusement les officiers de tout corps qui ne font pas leur devoir. Exigez des généraux qu'ils parlent souvent à l'armée par les ordres qui seront lus à trois appels, pour exprimer leur satisfaction ou leur mécontentement sur tel ou tel point.

Je désire que dès demain toutes ces instructions soient exécutées surtout à la première armée de la Loire.

Léon Gambetta.

Bourges, 14 décembre 1870. — A directeur général du télégraphe. — Voici le texte d'une dépêche que vous ferez passer le plus tôt possible à Paris par pigeon, soit en chiffres, soit en clair, suivant votre appréciation, l'important est qu'elle arrive ; je vous prie d'y donner tous vos soins.

Suit la dépêche datée: « Bourges, 14 décembre 1870. — Gambetta à Jules Favre et Trochu. » — Cf. page 181.

Bourges, 14 décembre 1870. — A M. de Freycinet, Bordeaux. — M. Seignobos, capitaine-adjudant-major au 12e bataillon de marche de chasseurs à pied, 4 ans de grade, blessé à Freschviller, à nommer chef de bataillon.

Bourges, 14 décembre 1870. — A M. de Freycinet, Bordeaux. — Je crois que je tiens la réorganisation de l'armée de la Loire, ses chefs et ses nouvelles positions; attendez dépêches ce soir.

Bourges, 14 décembre 1870. — Guerre à Freycinet, Bordeaux. — Mon cher Freycinet, on n'ira pas à Saint-Amand ; on se concentrera de Melun à Bourges, de Bourges à Nérondes, couvrant Nevers.Les troupes que j'ai vues exténuées par des marches forcées, sans ordre, ont besoin d'être reposées et reconstituées entre le Cher et Je canal du Berry. Friand est plein d'activité, quelques jours suffiront et alors on pourra prendre une vigoureuse offensive. De même qu'on est convenu qu'on n'irait pas plus loin et qu'on livrera s'il le faut une bataille, tout Je monde est remonté, même Bourbaki1.

Voici l'ordre : Borel reste chef d'état-major général; je l'ai fait sonder, il ne voulait pas du lîic corps. — Clinchant prend le 20°, Billot reste au 18e; Clinchant est, je crois, nommé général de division, mais il désire que son nom ne figure pas encore au Moniteur. 11 respire la vengeance et chaulFe Bourbaki. Il faut lui trouver un chef d'étatmajor J'ai nommé le lieutenant-colonel Lepeutre colonel; je suis obligé de tarder Colomb pour le Io° corps, car j'ai vu de Pilatrie : il est impossible pour un grand commandement. Il faudra le remplacer chez Chanzy, je lui envoie Cérès. Nous pourrons même par Tours, dil Bourbaki, rejoindre la '!" armée de la Loire. .Néanmoins je tiendrais beaucoup à nous porter dans l'Est sur les derrières de l'ennemi en ramassant boul sur notre passage. Je vais rester i<i jusqu'à (••• que tout suit en lionne voie; en attendant, faites étudier pratiquement la question «l'une offensive dans l'Est. Puis j'irai trouver Garibaldi et Bressolles. Je vous remercie de toute l'activité que vous déployez dans la Normandie et je vous engage a presser la poursuite d<>s Prussiens Bur Houen, si tant est qu'ils soienl en retraite.

Donnez-moi le quartier général de Garibaldi, faites passer [).'!!• l'intérieur aux préfets la circulaire sur le cantonnement .

I. Cf. sur ]n pian d'opération proposé par le général Bourbaki Pri toc, cit.i p. 22 >.

28a BOURGES. :

afin de prévenir les conflits. Vous chercherez une division militaire pour Crouzat, rien pour Des Paillières, et vous débarrasserez 20e corps de De Varaigne.

Bourges, 15 décembre 1870. — 6 h. 35 soir. — Guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — J'ai écrit ce matin à l'Intérieur pour vider la question des fusils1. Je suis bien étonné de tout ce que vous me dites, et d'apprendre en même temps qu'il n'y a que 40,000 hommes dans les dépôts.

Ici l'armée commence à se refaire, les fuyards et les débandés ont rejoint en grand nombre. Il faut renouveler la circulaire aux préfets en enjoignant aux maires d'employer la garde nationale à l'arrestation des fuyards, et il faut aussi les envoyer le plus toi possible au général Ghanzy; on m'a dit que les fuyards s'étaient dirigés sur leurs dépôts; ce serait absurde : il faut les faire rejoindre immédiatement.

Je vous engage à remplacer vivement le général Sol qui s'est conduit indignement2. Je viens de lui passer l'ordre de se porter immédiatement en avant d'Amboise 3. 11 faudrait quelqu'un pour s'assurer de l'exécution de cet ordre.

Vous jugez inexactement la situation de la première armée de la Loire. A l'heure qu'il est, il faut activer le travail de réorganisation et se préparer à prendre l'olfensive dans l'Est, ce qui dégagerait tout le monde, aussi bien Chanzy que Paris. Tel est du moins mon sentiment.

Léon Gambetta.

Bourges, 15 décembra 1870, 7 h. 35 soir. — Intérieur cb directeur général des télégraphes, Bordeaux. — Nous avons encore bien employé notre journée. L'amélioration de la

1. En réponse à la dépèche de M. de Freycinet, Bordeaux, 14 décembre, 11 h. 20 : « Je vais attirer votre attention sur une situation grave. Vous m'avez fourni une note de laquelle il résultait qu'au 15 décembre je toucherai cent et quelques mille fusils, pendant que l'intérieur de son côté en toucherait plusieurs centaines de mille. Je suis loin d'avoir touché le chiffre annoncé; il m'en manque près de la moitié. »

2. Le général Sol avait quitté précipitamment la ville de Tours. « Le capitaine d'un navire, lui avait écrit M. de Freycinet le 14, quitte son poste le dernier; vous avez quitté Tours le premier. Rentrez-y d'urgence, si ce n'est déjà fait. »

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