‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 90 sur 208 · Dépêche du 15 décembre 1870, 6 h. soir · texte numérisé non relu

Dépêche du 15 décembre 1870, 6 h. soir

température a beaucoup fait pour remettre les troupes et ranimer leur moral. Cela va bien. Nous aurons là une belle armée avec des chefs de choix, tous jeunes et pleins d'ardeur. On peut beaucoup en attendre. Je ne sais pas encore quel jour je m'éloignerai d'ici, ne voulant partir qu'au moment où je serai tout à fait tranquille. Nous allons tous à merveille. De votre côté, continuez à bien vous tenir. La réaction dont vous me parlez ne doit pas vous inquiéter, si vous savez bien prendre vos mesures. Écrivez-moi souvent : donnez-nous des nouvelles de Paris, c'est ce à quoi je tiens le plus, vous le savez.

Léon Gahbettà.

Bourges, 15 décembre 1870, 8 h. 55. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Mon cher ami, je tiens à donner au colonel Thoumas une preuve de ma gratitude', et je vous prie de lui annoncer que vous et moi sommes heureux de lui tenir parole; mettez-donc au Moniteur la nomination de général de brigade pour services exceptionnels durant la guerre à la direction d'artillerie.

Si j'avais le temps, je vous ferais une longue lettre sur toutes les affaires, niais j'ajourne tout cela à mon retour, bien que je ne quitte pas encore d'ici.

Léon Gàhbetta.

Bourges, \'6 décembre 1870, H h. 10. — Intérieur et Guerre à préfet, Bardeaux. — Le directeur général de la BÛreté publique, qui vient d'arriver, me dit qu'il a donné ordre à MM. Detaxaux et Goulet, commissaires de police spécialemenl attachés au service de la sûreté, de se tenir ;i votre disposition e1 de vous considérer comme leur supérieur immédiat. Utilisez donc leurs services dans vus affaires intérieures. Il vous a recommandé hier de veiller, mais n'exagérez rien. C'esi un courl moment à passer. Tenei moi cependanl au couranl de tous les incidents; si les bonnes

1. « Le colonel Thoumaa noua a fourni à ce jour 88 b.itteries ordinaire! e1 20 batteries de montagne. Avant Le 31 décembre, il noua aura fourni plus que lea I "o batteries convenu» i,sans compter celles de montagne. » (Freycinet à Gambetta, L5 décembre, 7 U. soir.

nouvelles de Paris se confirmaient, vous verriez vite la fin de tout ceci. M. Ranc partira incessamment pour aller vous rejoindre.

Bourges, 15 décembre 1870. — Gambetta à Cendre, Bordeaux. — J'invite Cendre à se transporter immédiatement au ministère de l'intérieur et à se faire présenter le registre des délivrances d'armes aux mobilisés et m'en faire immédiatement état.

En outre, où sont les 100,000 fusils que nous devions recevoir au 15 décembre1?

Je donne ordre à Cendre de voir Freycinet, la commission d'armement, et les autres services engagés, afin d'arriver exactement à savoir ce qu'il y a de disponible, de besoins, de déficit. Réponse.

Bourges, 15 décembre 1870. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — J'approuve entièrement les mesures que vous venez de prendre pour parer au mouvement tournant sur la droite de Chanzy; renforcez-le autant que vous pourrez2. Combinez toutes les ressources d'Angers et de Poitiers. Il y a dans cette dernière ville deux compagnies de disciplinaires. Chanzy dit qu'il saura en tirer parti. Il y a aussi la ligne Pontificale venue là pour se refaire; elle doit être refaite maintenant, il faudrait l'utiliser.

J'ai écrit à Chanzy pour lui dire que nous étions de tout cœur avec lui3.

Bourges, 16 décembre 1870, 2 h. 35 soir. — Intérieur et Guerre à délégué affaires étrangères, Bordeaux. — Mon cher monsieur de Chaudorcly, je m'empresse de vous remercier

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