‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 92 sur 208 · Dépêche du 15 décembre, 6 h. 10 matin · texte numérisé non relu

Dépêche du 15 décembre, 6 h. 10 matin

de l'obligeance avec laquelle vous avez transmis vos récentes nouvelles de Paris1. Je continuerai à demeurer ici jusqu'à ce que l'entreprise que j'ai tentée, de réorganiser la première armée de la Loire, soit menée à bonne fin et jusqu'à ce qu'il soit possible d'entrevoir une pliase nouvelle dans nos affaires, L'iâceà l'offensive que cette armée ne peut tarder à reprendre. 11 y a ici des éléments excellents qu'il s'agit de mettre en œuvre et de pousser en avant, c'est à quoi je me suis attaché depuis mon arrivée. Cette armée n'a subi que d'insignifiantes pertes matérielles; ce qu'il faut lui rendre, c'est le moral et la confiance. Je crois y être parvenu dans la mesure de mes forces; un succès ou deux feraient plus que moi, j'en serais bien heureux. C'est une affaire de temps, je le sais; malheureusement, le temps nous presse et il faut agir. Nous y sommes décidés tous. Pour toutes ces misons je ne puis prévoir encore l'époque précise à laquelle je pourrai rentrer à Bordeaux, je ne pense cependant pas être en mesure de le faire d'ici une semaine au moins. Mais je me ferais un plaisir de vous prévenir si mes dispositions changeaient d'ici là. Pour toutes communications que vous auriez à me faire, je vous prie d'employer le télégraphe, chiffre des inspecteurs; je vous répondrai en toute hâte; adieu, cher monsieur, je vous prie de croire à tous mes sentiments de sincère estime et d'affection.

Léon Gâmbetta.

Bourges, 10 décembre 1870, 6 h. lo soir. — Gambetli à Freycinet, Bordeaux, — Il résulte des renseignements que je reçois qu'il vous arrive assez d'armes pour armer d'urgence les hommes du camp de Confie; en tout état de cause, je m'explique.

1° Au point de vin* physique, je voudrais avoir l'opinion d'un homme de la science médicale.

2° Au point de vue militaire, il esl impossible de renvoyer

hommes chez eux, il faut prendre les plus avancés et

les donner au général Jaurès; ceux qui ne serai e ni pas

1. Lettre du US décembre, il h. 50 soir. — M. de Chaudordy nw.it transmis à M. Qambetta deux dépêches de M. Jules Favre

portant la date «lu H décembre.

armés, les diriger en bon ordre sur un autre point de concentration en Bretagne;

3° Au point de vue financier, il est bien regrettable qu'on ait fait des dépenses considérables en pure perte ; il ne faut se résigner à cette triste extrémité que s'il est bien établi qu'on ne peut agir autrement.

Je vous demande instamment communication du rapport de la commission d'enquête. Veuillez aussi faire diriger de Varaigne au génie à la disposition du général Véronique.

Léon Gambetta.

Bourges, 16 décembre 1870, 7 h. 16 soir. — Guerre à Freycinet, Bordeaux. — Quand le préfet de Nîmes a présenté des observations sur la nomination de M. Bérard, il fallait y renoncer absolument. Je ne connais pas M. Bérard; s'il est un obstacle politique, il faut se priver momentanément de ses services. J'annonce sa révocation au préfet du Gard. Ainsi, c'est chose terminée *.

Léon Gambetta.

Bourges, 16 décembre 1870, 7 h. 21 soir. — Gambetta à Freycinet, 'Bordeaux. — Je connais Malardier2 depuis dix ans, c'est un républicain éprouvé et c'est avec le plus ferme propos de le mettre en évidence que je l'ai signifié au préfet. VeuiJlez communiquer ceci aux réclamants.

Léon Gambetta.

Bourges, 16 décembre 1870, 9 h. 1& soir. — Guerre à Freycinet, Bordeaux. — Qu'est-ce que l'incident nouveau dont vous entretient une dépêche de M. Gauckler qui passe sous mes yeux? Qu'est-ce que ce conflit entre le capitaine

1. M. Bérard, avocat, avait été nommé administrateur-intendant du camp de Montpellier. Le préfet, M. Laget, protesta contre cette nomination « qui avait, écrivait-il (dépèche du 13 décembre), soulevé une indignation générale, à cause de la déplorable réputation de cet homme, de ses manœuvres pour échapper à la mobilisation ». — M. Gambetta télégraphia à M. Laget, en même temps qu'à M. de Freycinet, pour lui annoncer qu'il rapportait la nomination de M. Bérard.

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