‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 93 sur 208 · Nommé président civil du camp de Nevers · texte numérisé non relu

Nommé président civil du camp de Nevers

de vaisseau Pradier et le général Garibaldi1? Ne vous rappelez-vous donc pas que j'ai toujours eu à cœur d'éviter tout ce qui peut être un ennui, une contrariété pour le général Garibaldi. Arrangez-moi cette affaire au plus vite en lui donnant ce qu'il demande. A chaque instant, je vois de nouvelles difficultés se présenter. Serait-ce parce que je ne suis pas à côté de vous pour les résoudre? Vous me connaissez bien, cependant, et vous savez mieux que personne comment je comprends que les affaires soient menées. Écrivez à Garibaldi cette nuit même.

Léon Gambetta.

Bourges, 16 décembre 1870, 10 h. 17 soir. — Intérieur à directeur général télégraphe, Bordeaux. — Merci de votre bonne dépêche2. J'attends les messagers venant de Paris; aussitôt après avoir entendu leur rapport, je vous enverrai une dépêche pour le gouvernement. Les choses se réparent ici a vue d'œil et d'ici à quelques jours vous entendrez parler de nous. Cigares exquis. Soyez toujours gais, et de bonne composition3. Salut et fraternité, à vous, au préfet, et à tout notre monde.

Léon Gambetta.

1. Cf. Dépêche du général Bressolles, Lyon, 18 décembre: «J'ai vu Pradier, il ne m'a parlé d'aucun dissentiment avec Garibaldi. Il s'est contenté de me dire qu'Autun avait été mal fortifié... »

2. Dépêche du 16 décembre, 7 h. soir: « Je rais I âcher de relier le Havre directement avec L'Angleterre dans Le ni s d'un investissement. Notre grand câble commencera sa pose aprèsdemain dans la nuit, et il nous rendra, je l'espère, les services qu>- nous en attendons. »

:i. C'est cette dépèche qui aété si sottement exploitée par la presse réactionnaire. L'explication est pourtant bien simple : M. Gambetta, dans L'effroyable labeur auquel il s'était attelé jour et nuit, — on peut s'en rendre compte rien qu'en parcourant ce volume, — avait L'habitude de se promener une heure par jour, après son déjeuner, en fumant un cigare^ M. Steenackers, qui avait reçu des cigares d'un de ses amis, eu avait envoyé une boîte à M. Gambetta, et celui-ci te remerciait, voilà tout. Quant a la phrase.:

8 .■ gais el de bonne composition », pour la comprendre^ il Buftii de >" reporter à ce que M. Elanc a écril dans Le Voltaire du |«« janvier 1884 : « Gambetta a été, on l'a dit, l'âme de la

use. CeUX-là seuls Qui ne l'ont pas quitte pendant ces Lo jours d'espérances toujours trompées el toujours renaissantes .i quel poinl cette expression est vraie. Il animait tout, il enflammait tout. Cette force, par sa seule expansion,

Bourges, 16 décembre 1870, 12 h. 57 soir. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Il ne faut évacuer le camp de Conlie sous aucun prétexte1. J'ignore de quelles conditions phy* siques on veut parler; s'il y a des malades, il faut les évacuer seuls. Le Mans peut être menacé, mais fort loin d'être attaqué. Je ne comprends rien à pareille panique et je vous prie de donner des instructions énergiques, et au besoin d'envoyer un homme résolu pour les appliquer.

Léon Gambetta.

Bourges, 16 décembre. — ■ Guerre à freycinet, Bordeaux.

— Quant à Espivent, j'y suis absolument étranger comme vous pouvez le vérifier. En ce qui touche Colomb, je vous ai prévenu de l'irrégularité que j'allais commettre par suite de la nécessité du remplacement immédiat de Martin des Paillières; j'ajoute qu'il est absurde d'envoyer au feu un vieillard comme Espivent et d'enlever à ses troupes, qu'il a l'habitude de conduire, le général Bonnet.

Cherchez un poste pour Crouzat, soit dans l'artillerie, soit dans une division ; il partira soit ce soir, soit demain matin.

Bourges, 16 décembre. — Gambetta à Cendre, Bordeaux.

— J'ai reçu l'état que vous avez dressé ; il me semble que la situation d'armement, si tout ce qui est porté est exact, n'est pas trop mauvaise.

Toutefois je désirerais savoir si vous avez communiqué avec M. de Freycinet et quelles observations il vous a faites. Le chiffre des armes distribuées à la garde nationale est considérable; malheureusement une grande partie a été inutilisée ; il faudrait trouver un moyen pour que les fusils qui sont évacués par la garde nationale des pays envahis soient

créait des forces autour d'elle. Jamais découragé, il n'admettait pas qu'on le fût à côté de lui. Combien de fois ne nous est-il pas arrivé à nous tous, les jours de mauvaises nouvelles, — et ils étaient fréquents, — d'arriver près de lui désespérés! Au bout de quelques minutes, sa vaillance nous gagnait, et on retournait avec un nouveau ressort, avec une nouvelle ardeur, à son poste de combat ou de travail. » — Voir encore pour l'explication de ces mots : « Soyez toujours gais...» la dépêche adressée à M. Laurier et datée de Bourges, 17 décembre, 9 h. 25 soir (p. 289).

1. Le général Marivault, commandant du camp, en avait demandé l'évacuation (15 décembre) ; M. de Freycinet avait aussitôt avisé le ministre de la guerre.

repris et distribués aux mobilisés ; pour cela il faudrait s'entendre avec les divers chefs de service au courant de ces évacuations.

Voulez-vous vous informer tant à l'Intérieur qu'à la Guerre si on a expédié partout la circulaire relative au cantonnement des troupes.

Bourges, 16 décembre 1870. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — 1° Avez-vous reçu démission d'Arbellot1. 2° Au cas où vous l'auriez reçue, il serait peut-être utile de nommer Meyère commandant du départementde la Haute-Marne et général de brigade au titre auxiliaire. Cette combinaison parait avoir été arrêtée de concert avec les autorités civiles et militaires de Langres.

J'ai nommé par décret du 29 décembre le lieutenant-colonel Laperche, aide de camp du général Bourbaki, au grade de colonel et le général Clinchant au grade de général de division.

Bourges, 16 décembre 1870. — Gambetta à Crémieuœ, Bordeaux. — A la l,c question : L'armée de la Loire est divisée en deux armées depuis la déplorable évacuation d'Orléans, 1° Bourbaki, 2° Chanzy, effectif de 120 à 110,000 hommes de chaque côté. — A la 2e question : La 2e s'est battu*' depuis le 30 jusqu'au 16 inclusivement sur la rive droite de la Loire, de Beaugency à Fréteval, appuyée sur Vendôme avec retraite sur le Mans; la lre en position de Me! un à Bourges et de Bourges à Nevers, prête à reprendre l'offensive. Nous sommes allés hier jusqu'à Gien avec le corps de la Nièvre, les Bavarois en déroute. — A la 3e question : Perdu près de 20,000 hommes tués, blessés ou disparu- A la î" et à la 5e question : Elle se reforme en pleine activité derrière la Loire et le Cher. Mais ce travail réclame encore près d'une semaine. — A la 6e question : La 2e armée seule est vivement poursuivie par les forces réunies de Frédéric-Charles et du duc de Mecklembourg. — A la 7e question: Elle a eu affaire à plus de 250,000 hommes.

Je compte que ceci est assez catégorique.

Bourges, 17 décembre 1870, i h. 20 soir. — Gambetta à

1. Pour les incidents relatifs au général d'Arbellot, cf. les dépêche- de M. Gambetta au préfet de la Haute-Marne.

Cazot, Intérieur, Bordeaux1. — Mon cher Cazot, dites-moi au juste ce qu'on a depuis deux mois levé d'hommes, ce qu'il doit y avoir en ligne ou dans les dépôts; ce qui reste de mobilisés du premier ban, afin que je puisse exactement juger la situation. La fin de l'année implique la votation du nouveau budget. Voyez Crémieux et sachez si on est résolu à la dissolution générale des conseils généraux 2. Ici les choses se remettent.

Léon Gambetta.

Bourges, 17 décembre 1870, 0 h. 55 soir. Guerre à délégué de Freycinet, Bordeaux. — Maintenez mon ordre en ce qui touche le commandement de Varaigne 3. Il a déjà perdu deux généraux4, et je tiens à garder le troisième.

Bourges, 17 décembre 1870, 8 h. 40 soir. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Je vous remercie de votre dépêche et de votre activité. Ici les choses sont en bonne voie et quand vous aurez reçu mon courrier demain matin, vous trouverez qu'il y a encore de rudes coups à porter aux Prussiens.

Léon Gambetta.

Bourges, 17 décembre 1870, 9 h. 25 soir. — Intérieur à directeur général Laurier, Bordeaux. — Qu'est-ce que la question de Luxembourg dont tu parles dans ta dépêche de ce soir5? Nous ne savons rien de ce qui se passe ou ce

1. M. Cazot répondit le soir même, 8 h. 15 : « Le premier ban des mobilisés a produit 540,000 hommes. Défalcation des nonvaleurs, on peut compter sur 500,000. Peu sont en ligne; la plupart attendent l'ordre de partir. »

2. Réponse de M. Cazot, le 18 décembre : « Crémieux voterait la dissolution des conseils généraux , s'il était autorisé par une lettre de vous à mettre votre signature au bas du décret. »

3. Cf. dépêche du 13 décembre, 11 h. 55 soir. Le général Bourbaki avait demandé à maintenir le général de Varaigne dans ses fonctions de chef d'état-major du 20e corps.

4. Comme chef d'état-major du général Crouzat et du général d'Aurelles.

* 5. Il s'agissait de la déclaration de M. de Bismarck qui avait reproché au gouvernement grand-ducal d'avoir violé la neutra-

qui se dit en Europe, j'ai cependant demandé des nouvelles tous les jours. Il faudrait veiller à ne pas nous laisser ainsi dans L'ignorance de tout ce qui arrive. J'ai dit qu'il fallait être irai. Cela ne signifie point qu'il soit prescrit de rire hors de propos, mais simplement qu'il faut rester maître de soi-même, dans les circonstances difficiles.

Léon Gambetta.

Bourges, 17 décembre 1870, 10 h. soir. — Gambetta à Freyeiuet, Bordeaux. — Mon cher ami, je reçois une dépêche très grave du camp de Conlie1; malgré le crève-cœur que j'en éprouve, il faut sauver les hommes ; choisir un meilleur emplacoment, armer au plus vite avec le chargement des derniers navires les 40,000 hommes qu'on dit être là réunis et que l'absence d'armes décourage; prévenir Chanzy à cause il h matériel de marine qui se trouve au camp et voir s'il ne lui serait pas possible d'en profiter.

Enfin, faites pour le mieux, même en avouant que je me suis trompé.

Léon Gambetta.

Bouiu;ks, 17 décembre 1870. — A directeur des télégraphes, Bordeaux. — Ranc parti ce soir porteur de dépêches importante, doit arriver demain matin par la ligne de Limoges. Il faudra le faire attendre à la gare vers dix heures pour ne pas perdre une minute. Ici, tout semble bien marcher : je ne s;iis pas ce qui se laisse du côté du Mans, et de l'héroïque Chanzj '. Ecrivez-moi plus souvent que vous nu faites. S'il venail de9 pli- de Paris, M faudrait voir s'ils sont chiffrés, et le- faire déchiffrer avant de me [es envoyer.

Dans les cinq lettres qui m'ont été apportées, il n'y avait aucune communication du gouvernement.

J'.ii également vu M. Larmanjal qui n'avail rien pour moi; je vous renvoie cet ingénieur qui est chargé du ravi-

lité; I" chancelier, dès lors, De se croyait plus obligé «le respecter les traitéi nui Le constituaient L'Angleterre intervint. (Valfrey,

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