‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 98 sur 208 · Négociations Okounew · texte numérisé non relu

Négociations Okounew

4. Cf. Dépêche Chaudordy aux agents diplomatiques de la France à l'étranger, Bordeaux, 19 décembre 1870.

raie de Paris, l'état de nos ressources militaires nous permettent de tenter une grosse affaire militaire sous quelques jours.

Nous voilà bien d'accord quoique en style télégraphique. Je voudrais bien aussi être auprès de vous, afin de nous entendre et de vous remercier de vos bonnes paroles. Bien cordialement à vous,

Léon Gambetta.

Bourges, 19 décembre 1870, 9 h. 9 soir. — Gambetta à De Preycinet, Bordeaux. — Je reçois une bonne réponse de Crémer à ma dépêche. Ne prenez aucune mesure à son sujet, malgré les plaintes du préfet, nous verrons bien. De Serres va rentrer; je m'en tiens à votre plan et vais hâter de ramener mon monde.

Léon Gambetta.

Bourges, 19 décembre 1870, 10 h. 41 soir. — Intérieur et l'iii' rre à directeur général du 'personnel, Bordeaux. — Je viens de lire votre circulaire aux préfets1. Je l'approuve de tous points, j'en loue surtout la fermeté et l'excellent esprit politique, c'est comme cela qu'il faut penser, et qu'il faut parler, quand on le peut. Vous venez de prouver par cette circulaire que nul ne manie mieux que vous la bonne et forte langue du patriotisme et de la sérieuse politique; encore une fois, c'est parfait. Ici nous continuons à préparer nos affaires, nous espérons tirer un grand parti de nos mécomptes d'il y a quinze jours. Il faut rebondir son- le coup de la mauvaise fortune. Je suis très tranquille de votre côté, parce que je sais que vous ne ferez rien sans vous consulter les uns les autres et sans m'en référer. Tous ensemble, unis et forts, nous verrons bien si DOUS ne parviendrons pas à réduire au silence nos calomniateurs, qui ne sont que les complices de nos ennemis.

Bourges, 19 décembre 1870, 11 h. 22 soir. — Gambetta à >l< /•';• ycin t . Bordeaux, — De Serres est de retour. Tout est

i . Km date du 19 décembre.

convenu et arrangé pour l'exécution du plan qu'il a apporté1. Approbation générale. Audibert est en ville. On va tout régler.

Léon Gambetta.

Bourges, 19 décembre 1870, 11 h. 45 soir. — Gambetta à directeur intérieur, Bordeaux. — Je lis dans le journal la France, daté du 19, une dépêche de Bordeaux 17 décembre avec ma signature :

« Dijon, après une bataille entre les Prussiens et les troupes de Garibaldi, a été évacué par l'ennemi. »

Je n'ai jamais envoyé pareille dépêche, faites une enquête sévère. 11 circule depuis quelque temps un certain nombre de dépêches mensongères, fabriquées par les Prussiens; vous devriez vérifier si le chiffre convenu les précède. Celle-ci est un pur mensonge; hélas! les Prussiens, se concentrent à Dijon. Répandez-le et faites-le savoir au public.

Léon Gambetta.

Bourges, 19 décembre. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Envoyez des cartes à l'état-major des divisions du 15e corps.

Bourges, 19 décembre. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Je n'ai pas reçu les propositions concernant le 15e corps. Il est douteux que vous en ayez eu connaissance vous-même : je tiens à ce que immédiatement ces propositions soient ratifiées etexpédiées par le Moniteur au 1 5° corps. En outre, pour sortir de la difficulté touchant au commandement du 15e corps et du 17e, il n'y a qu'une seule chose à faire : rappeler par le télégraphe et par mon ordre le général de Colomb au 17e corps, en le nommant général de division à titre définitif; et en appelant aussi par le télégraphe et par mon ordre au commandement du 15e corps M. le général Martineau-Deschenez qu'on me semble systématiquement avoir oublié. Vous avez à pourvoir également au commandement de la 3e division du 18e corps en remplacement du général Peytavin que vous mettrez en non-

1. M. de Serres apportait le plan de l'expédition de l'Est. (Cr. Freycinet, loc. cit., p. 222 et sq.)

activité. Tout ceci doit être fait aujourd'hui. Prévenez Chanzy ' que vous lui envoyez M. de Colomb.

Bourges, 19 décembre 1870. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Je reçois une dépêche d'un commandant de gendarmerie d'Alger, Casanova, qui se plaint d'être victime de mesures de rigueur prises contre lui; il prétend que sa conduite est irréprochable, il demande enquête. Fixez-moi d'un mot.

Bourges, 19 décembre. — A directeur général des télégraphes, Bordeaux. — Conservez pour une bonne occasion les numéros du Journal officiel que vous vouliez m'envoyer. Faites-moi adresser le Moniteur de Bordeaux avec d'autres journaux. Je ne sais encore quand je partirai, mais cela ne peut tailler maintenanl .

Dites à Legofl de m'envoyer par dépêche les détails qu'il me promet but son plan financier, malgré ce que ces promesses ont de chimérique.

Demain matin je dicterai une dépêche pour Paris. Elle vous sera portée par l'aéronaute. Comme elle sera développée, il n'est pas urgent que je vous l'envoie par télégraphe. Mais il sera bon de la faire chiffrer dès que vous l'aurez reçue, el de la faire partir dans le plus bref délai.

Notre journée a été assez bonne. Le temps n'est pas tout à fait au beau, mais bon pour remettre les troupes. Ecrivezmoi souvent.

Bourges, 19 décembre 1870. A Freycinet, Bordeaux. — Annoncez ;i Colomb qu'il est général de division à litre définitif el à colonel Desplatz (15" corps) qu'il est colonel à titre définitif. Nommez aussi Rebillard général de division (15e corps, 2° division , à la place de Mai lineau-Deschenez.

Vous avez oublié de prévenir M. Sialardier de sa Dominalion au camp de Nevers.

Bourges, 19 décembre 1870. — A directeur général des télégraphes. — L'aéronaute du Parmentier, ballon qui esl tombé à Gourganson (Marne), vient d'arriver ici* Il m'a

j. Le général Chanzy ven&il d'armer au Mans.

remis des lettres que j'ai immédiatement déposées entre les mains du directeur des postes, des plis pour vous que je vous enverrai demain avec l'aéronaute, et quatre pigeons qu'il va porter à la préfecture de Poitiers en s'en allant à Bordeaux. Il est parti de Paris dans la nuit de vendredi à samedi. Tout allait bien à Paris. Nous avons du reste des nouvelles plus récentes par le ballon le Davy.

Bourges, 19 décembre 1870. — A Freycinet, délégué de la guerre, Bordeaux. — Dans la dépêche que je vous ai envoyée ce malin, relativement au remplacement de Colomb par Martineau, j'ai omis de vous recommander au grade de général de division le général Rebillard (15e corps) à la place de Martineau. — Je l'ai vu aujourd'hui, il m'a paru décidé.

La question Casanova est vidée du moment que le général Lallemand l'a traitée.

Bourges, 20 décembre 1870, 10 heures matin. — Guerre à délégué Freycinet, Bordeaux. — Opposez le refus le plus catégorique à la prétention dissimulée de M. de Kératry de se retrouver à la tête du commandement militaire de la Bretagne après l'édifiante aventure de Conlie. La prétention du prétendu comité de Nantes est de tous points inadmissible1.

J'ai d'ailleurs des avis très précis, sur ce point, des autorités civiles du pays.

Léon Gambetta.

Bourges, 20 décembre 1870, lOh. 30 matin. — Gambetta à M. Crémieux, Justice, Bordeaux. — Nous touchons au terme de la réorganisation. Les troupes sont rassemblées et prêles à marcher. Mais tous les efforts et les dépenses qu'ils entraînent sur la surface entière du pays, exigent des ressources. On m'apprend des bureaux de la guerre qu'on nous fait des difficultés péremptoires pour faire face à nos plus indispensables marchés. Il est cependant impossible et insoute-

1. Après la retraite du général Chanzy de Vendôme sur le Mans, le comité républicain de Nantes et le journal le Phare de la Loire avaient demandé que M. de Kératry lut nommé commandant supérieur des gardes nationales bretonnes et chargé spécialement dé la défense de la Bretagne. Le préfet Fleury avait écrit à ce sujet au ministre : « L'opinion générale est contraire à cette nomination et considère Kératry comme un brouillon. »

nable d'arrêter ou d'entraver la défense pour la question financière. Il faut passer outre, dût-on recourir aux extrêmes procédés de la première République. Je vous prie de réunir votre conseil financier et d'aviser, il y a urgence. Votre dévoué,

Gambetta.

Bourges, 20 décembre 1878, H h. 5 matin. — Intérieur à directeur général du -personnel, Bordeaux. — Vous recevrez peut-être à Bordeaux M. Maxime Genteur, ancien secrétaire général de la préfecture du Loiret. Je vois, par un billet qu'il a laissé ici, que son intention est d'aller se mettre à la disposition du gouvernement de la Défense nationale, ainsi, dit-il, que cela a été convenu entre moi et lui. Je tiens à vous dire qu'il n'a rien convenu de pareil entre M. Genteur et moi, qu'il aura sans doute pris la courtoisie avec laquelle je l'ai accueilli lors de sa visite pour une acceptation doses offres de services. Je n'ai rien accepté ! Guidez-vous sur ces indications pour lui faire à Bordeaux la réception que ses pi opositions pourront comporter.

Bourges, 20 décembre 1870, i h. 15 soir. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. Chiffrée. — Je partirai ce soir pour Lyon, où je serai demain matin. C'est donc laque vous m'enverrez, à partir de 6 heures ce soir, toutes vos dépêcbes.

J'ai besoin de voir par moi-même où en est Bressollos dont les promesses me paraissent assez douteuses. Je veux cependant qu'il concoure à notre grande action, lui ou un autre; préparez-vous donc à faire l'impossible pour satisfaire aux diverses demandes que je vais vous adresser.

Il serait bon de penser aussi au remplacement, «à Bourges, du général M azuré, vieux, l'aligné et impropre à un poste aussi important. Cherchez et vous trouverez. II y a ici un excellent préfet avec lequel le général n'a aucun rapport.

Gambetta.

BouaoBS, 20 décembre 1870, 2 h. 15 soir. — Intérieur à directeur sûreté génèralet Bordeaux, — Merci de voire excellente dépêche. Je vois comme vous la situation, quoique à distance; von- savez d'ailleurs que vous possédez toute ma

confiance. Voyez si vous avez le moyen d'empêcher la publication de ma dépêche relative à Bressolles : à Paris, ils n'ont pas été bien avisés ni bien malins ; je les tance d'importance.

Tout va très bien ici; gardez pour vous et nos amis que nous serons à Lyon demain matin pour presser Bressolles.

Léon Gambetta.

Boubges, 20 décembre 1870, 3 h. 50 soir. — Gambetta à Crémieux, Justice, Bordeaux. — Comme complément à la dépêche de ce matin, je crois que le moment est venu avec la fin de l'année pour prononcer la dissolution en masse des conseils généraux.

La mesure est attendue et au point de vue des votes de budget 1871, comme au point de vue purement politique, il n'est plus possible de continuer vie et légalité aux pires assemblées de l'Empire, le foyer même de toute conspiration bonapartiste, tous issus de la pression administrative. Mais vous savez mieux que nous les motifs; nous sommes d'accord ; l'opportunité seule nous séparait. Je la crois venue et j'insiste pour que cette satisfaction soit donnée à la fois aux droits du suffrage universel et à l'opinion républicaine.

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