‹ Dépêches inédites du chevalier de Gentz aux hospodars de Valachie pour servir à l'histoire de la politique européenneChapitre 9 sur 26 · IG · texte numérisé non relu

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des protestations les plus vives de fidélité à ses ciigafjemcnts d'amitié et de bienveillance. Dans une conversation qu'il a eue avec le comte Paar avant le départ de celui-ci de Pétersbour[|, il lui a répété verbalement les mêmes protestations. Il la chargé de dire à l'Empereur d'Autriche que tout ce que l'on pouvait lui insinuer sur ses prétendus projets était faux; que si l'on répandait à Vienne ou ailleurs qu'il méditait la guerre contre les Turcs, il n'avait (ju'à donner le démenti le plus formel à ce bruit ; qu'il ne voulait que la paix et l'exécution stricte des traités , et qu'il regardait le maintien de la Quadrnple-xilliance comme le seul moyen de salut pour l'Europe, .le garantis à Votre i.\ltesse l'exactitude de ces paroles.

Il est vrai aussi qne, dans plusieurs affaires particulières, il a donné à ses ministres des instructions absolument favorables à l'Autriche. Il a abandonné tout à fait la prétention (énoncée d'abord assez crûment) de faire indemniser le prince Eugène ' dans les pays à restituer parla Bavière. — La Cour de Turin s'étant adressée à lui dans les négociations sur différents territoires que l'Autriche avait encore réclamés, il a charf;é son ministre à Turin de déclarer qu'il ne prêterait la main à rien qui ptît

' Beauliarnais.

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être contraire aux intérêts de l'Autriciie. Enfin il a témoigné le désir de rejoindre l'Empereur François pour lui renouveler de vive voix l'assurance d'une amitié inaltérable.

J'ai rendu compte à Votre Altesse de toutes ces données, aussi authentiques qu'intéressantes, pour qu'elle puisse fixer son opinion définitive sur un des sujets les plus importants de la politique du jour. Je n'en tire aucune induction pour l'avenir, mais il me semble que nous n'avons pas grande raison de nous livrer à des alarmes pour le présent.

Le chevalier de Lebzeltern va remplacer le général Steigentesch à Pétersbourg. Il était en 1813 un grand favori de l'Empereur Alexandre et de toute sa Cour; l'Empereur l'a même redemandé à plusieurs reprises. Je ne puis pas absolument approuver ce choix. M. de Lebzeltern est un homme qui a l'imagination un peu exaltée et d'ailleurs trèsaccessible à la flatterie. Il peindra tout en beau, et, sous ce rapport-là , j'aurais préféré à ce poste un homme impartial et froid. Cependant on ne peut pas refuser à M. de Lebzeltern de l'esprit et de la probité ; et s'il survenait dans les dispositions de la Cour de Russie un changement essentiel, je suis sûr qu'il ue prendrait pas sur lui de le dissimuler.

Vienne, 21 mai 1810.

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