NOTICE. XJ
servent à tourner en risée renseignement scolastîque est ttne figure copiée toute vive aux écoles alors Êimeuses de Montpellier. Rabelais déjà s'était inspiré des mêmes ridicules en ce même lieu.
Un siècle après lui, la science n'avait point encore fiiit litière de son attirail suranné. Phi* losophie, droit, médecine, tout cela professé dans le style le plus empoulé, offrait au poëte comique des ressources Inépuisables pour exciter le rire de ses contemporains et des générations à venir. Nous n'aurions pas de peine à prouver que les médecins de Molière sont en partie façonnés d'après des originaux rencontrés dans la fameuse école méridionale.
A coup sûr Métaphraste a vécu aussi à Mont* pellier, ville si riche à cette époque en physionomies amusantes. LeCymbalum de Des Periers s'est changé dans les mains de Molière en une cloche de mulet qui résonnera encore longtemps aux oreilles de ces grotesques que le XVII* siècle appelait fort poliment des pédants, et que noas nommons des cuistres.
Après la mort de Molière, le Dépit amoureux tomba peu à peu en défaveur et lorsqu'il reparut à la scène^ les coupures en avaient fait une œu* vre nouvelle et méconnaissable. Cailhava, le premier, protesta contre ce manque de respect pour la mémoire du poète, et il tenta de faire revivre le texte original. Son arrangement
%l] NOTICE.
obtint un succès de curiosité. Quelques années plus tard on revint aux abrégés; plusieurs furent représentés sur divers théâtres. De. nos jours le Déjfit amoureux n'est guère joué ^ue.ci!àj;ti:^s les traditions du XVI 11* siècle : deux actes; le premier est celui de la pièce originale; le second se compose des six premiers vers de la scène III et de la scène IV, tout entière, du second acte, suivis des scènes II à IV du quatrième acte *.
Voici la liste des éditions principales :
i663. Le Dépit amoureux (se reporter au titre et au privilège reproduits ci-dessous). In- 12 de 4 f. et i35 pages.
Édition princepSy dont un exemplaire appartenant à la Bibliothèque nationale a servi pour cette réimpression. M. Paul Chéron, l'obligeant bibliothécaire, nou$ a prêté son concours pour
à Molière, par J. F.Cailhava de Tlnstitut. Paris, Ch. Pougens. 1801,, in- 8 de io3 pages. L'auteur de cette édition, tout en blâmant les corrections, a lui-même corrigé le texte qu'il prétendait faire revirre. Les réductions les plus connues contre lesquelles il s*éleTa étaient celle de Colson dit Bellecour. jouée principalement à Paris, et celle de Letourneur, dit Valville, suivie sur les scènes de province. Depuis se produisirent celle de Richard Fabert (Odéon, i*r janvier 181 6, un acte) et celle de Piejre(Odéon, 10 janvier 18 18, trois actes).
I. Au mois de mai 1873, les organisateurs du jubilé de Molière, pendant la série de représentations qu'ils ont donnée pour célébrer ranniversaire séculaire de la mort du poète, ont repris, te Dépi^ amoureu)^ dan^ sa (orme première et tel que Molière l'avait joué devant les Etats de Languedoc en i656.
NOTICE. XUJ
la collation du texte ; nous l'en remercions de nouveau.
Le Dépit amoureux^ imprimé immédiatement après ï Étourdi, faisait suite aux Précieuses^ au Cocu imaginaire, à V École des maris et aux FdcheuXy pièces déjà publiées.
Le chevalier de Mouhy,qui s'est servi des notes des frères Parfait, a cité une édition in-4^dui)^ j7iV amoureux antérieure aux éditions de Paris. Cette édition aurait paru en Languedoc. Des recherches approfondies n'ont pas permis de confirmer cette supposition. Molière ne cherchait nullement à vulgariser ses œuvres; nous avons vu aussi que la conduite des États à son égard n'avait point été pour l'encourager à faire une pareille dépense.
Cette première édition de i663 est devenue très-rare.
— La même pièce (Hollande) à la Sphère, i663. Pet. in- 12 de 91 pages en tout.
Édition publiée suivant la copie imprimée à Paris et réimprimée en 1674 et 1679 à Amsterdam, par Daniel EUsevier (84 pages).