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RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE L’O L I G AN T1I R O P I E

les plus profondément atteints forment quatre groupes :

1° Le groupe normand, comprenant l’Orne, le Calvados, l’Eure, la Sarthe, la Seine-et-Oise, soit cinq départements;

2° Le groupe bourguignon, comprenant l’Aube et la Côted’Or;

3° Le groupe gascon, formé de sept départements : le Gers, le Lot, le Lot-et-Garonne, le Tarn-et-Garonne, la Haute-Garonne et l’Hérault.

4° Le groupe provençal formé par la Drôme, le Var et le Vaucluse.

Dans le groupe normand, ce sont l’Eure et le Calvados qui sont attaqués depuis le plus longtemps. Dès le commencement du siècle, la natalité du Calvados était de 24 seulement pour 1,000 habitants, mais sa mortalité, extrêmement faible alors, était seulement de 21. Il reste ainsi pendant quarante ans avec une natalité basse et une mortalité plus basse encore. C’est à partir de la décade 1841-1850 que sa natalité, qui a continué de s’affaiblir, demeure constamment au-dessous de sa mortalité qui, au contraire, se relève.

Dansla première et la seconde décadedu siècle, l’Eure avait une natalité supérieure à celle du Calvados; mais le déclin ayant été plus rapide, dès la décade 1830-1840 la mortalité dépasse la natalité, et, depuis lors, elle n’a pas cessé d’y être en excès.

L’Orne n’avait, dès les vingt premières années du siècle, qu’une natalité médiocre, à peu près égale à celle de l’Eure. Mais, comme sa mortalité est allée s’affaiblissant jusqu’au chiffre de 17, 8 décès pour 1,000 habitants pendant la décade 1840-1850, c’est seulement à partir de cette dernière date que le chiffre des naissances, qui continue à décroître, tombe au-dessous de celui des décès qui se relève.

La Sarthe et Seine-et-Oise n’ont, depuis cinquante ans, qu’une natalité assez faible; mais c’est seulement pendant la

NATALITÉ ET CIVILISATION

période 1860-1870, que les décès commencent à y dépasser les naissances.

C’est donc dans les trois départements normands, surtout dans l’Eure et le Calvados, qu’il faut voir les centres de dépression du groupe, le point où la natalité s’est depuis le plus longtemps affaiblie.

Dans le groupe bourguignon, la Côte-d’Or a présenté une natalité forte ou satisfaisante pendant les quatre premières décades du siècle. A partir de 1840 on peut la considérer comme faible. C’est seulement à partir de 1850 qu’il se produit de temps en temps des excédents de décès, fréquemment compensés par de légers excédents de naissances.

L’Aube a eu de fortes natalités pendant les trois premières décades du siècle. Dans la période 1830-1840, la natalité y devient faible ; mais la mortalité y est moindre encore. C’est à partir de 1850 que commencent à se produire de légers excédents de décès. Le mal y remonte donc à quarante années.

Dans le groupe gascon, qui comprend actuellement six départements, le département le plus anciennement malade est le Lot-et-Garonne. Sa natalité, faible à partir de 1810, très faible à partir de 1830, tombe à cette dateau-dessous de la mortalité et ne se relève plus. Le mal est donc aussi invétéré que dans l’Eure.

Le Gers commence à avoir une natalité réellement faible à .partir de 1820 ; mais elle ne tombe au-dessous de la natalité qu’à partir de 1840, dix ans seulement après le départenemt précédent. 11 est vrai que le mal y prend bientôt des proportions beaucoup plus considérables, de sorte que, actuellement, le Gers, centre de dépression du groupe gascon, dispute à l’Orne et à l’Eure le triste honneur d’avoir la population la plus stérile de France.

Le Tarn-et-Garonne, à peine moins malade, avait une natalité médiocre de 20 à 24 pour 1,000 habitants jusqu’en 1810.

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