RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE L’O LIGANTHROPIE
A partir de cette date, elle continue de s’abaisser et tombe définitivement au-dessous de la mortalité.
Ces trois départements forment de beaucoup la tache la plus foncée du groupe. Dans la Haute-Garonne, les excédents de mortalité ne remontent qu’à 1860. Dans l’Hérault et le Lot, le mal est plus récent encore.
Les trois départements formant le centre provençal ont en général conservé une natalité forte ou satisfaisante jusqu’à ces dernières années; mais la mortalité y est exceptionnellement élevée. Dans le Var, elle commence dès 1830-1840 à dépasser la natalité qui cependant était encore de 28 pour 1 ,000 habitants, et qui ne tombe au-dessous de 25 que depuis 18o0. Dans le Vaucluse et la Drôme, la natalité s’est mieux conservée encoreet n’est tombéeque tout récemment au-dessous de la mortalité.
Autour du centre de dépression normand, formé en nrennere ligne de l'Eure, du Calvados et de l’Orne, en seconde Igné de la Sartlie et de Seine-et-Oise, départements où I’oliganthropie est passée à l'état chronique, viennent se grouper Manche: 1 Eure-et-L°ir, qui, quatre années sur cinq ont excedent de d«s, puis le Maine-et-Loire, l’Oise qui ont eu un excédent de décès trois ans sur cinq, ensuite la 1 a-'enne et la Somme, enfin Seine-et-Marne, moins «ravement atteint, qui forme la jonction entre le groupe normand et II & coupe champenois ou bourguignon.
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NATALITÉ ET CIVILISATION, menls entourant comme deux îlots la Seine et la Seine-Inférieure. De la Somme à la Loire et de la Bretagne àla frontière allemande, c’est-à-dire dans tout le bassin de la Seine et bien au-delà vers l’est, la mortalité l’emporte sur les naissances, soit d’une façon constante et régulière, soit d’une manière plus ou moins intermittente.
Autour du centre de dépression gascon, formé principalementpar le Gers, le Lot-et-Garonne et le Tarn-et-Garonne, accessoirement par le Lot, la Haute-Garonne et l’Hérault, se groupent la Gironde, qui trois ans sur cinq a présenté des excédents de mortalité, le Gard, qui en a présenté deux fois, puis les Hautes-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, l’Aude où le déficit de natalité ne s’est produit qu’une fois et n’est peutêtre qu’accidentel.
Par le Gard, cet ensemble de départements rejoint le groupe provençal ayant pour centre de dépression le Yar, puis le Vaucluse et la Drôme. A l’entour se rangent les Bouches-du-Rhône et les Basses-Alpes, qui ont présenté quatre années sur cinq des excédents des décès sur les naissances, les Alpes-Maritimes, qui en ont présenté trois années sur cinq, et enfin les Hautes-Alpes, qui n’en ont eu qu’une fois. C’est en tout sept départements, qui, réunis aux onze du groupe gascon et languedocien, forment un total de dixhuit départements s’étendant comme une zone continue entre les Pyrénées, la Méditerranée et les Alpes d’une part, les contreforts du plateau central de l’autre, depuis l’Atlantique jusqu’à la frontière d’Italie.
Ces dix-huit départements font le contrepoids exact des dix-neuf également atteints par le déficit de natalité dans le bassin de la Seine. Pour que la symétrie soit complète, au groupe normand correspond exactement le groupe gascon, tandis que le groupe moins profondément atteint formé par la Champagne et la Bourgogne répond au groupe provençal.
RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DE L’OLIGANTHROl'IE. 165
Il faut ajouter une tache moins foncée, formée par le département du Rhône, qui a présenté un excès des décès sur les naissances quatre années sur cinq, et par l’Ain, qui une fois seulement a eu un léger excès de mortalité. Enfin deux départements isolés ont présenté, l’un, le Puy-de-Dôme, deux années sur cinq, l’autre, la Charente, une année seulement, un excès de mortalité.
Cette manière d’évaluer l’infécondité des départements n’est pas la seule que l’on puisse employer. Il en est plusieurs autres qui modifient dans une certaine mesure les contours des taches oliganthropiques et la profondeur relative des centres de dépression.
L’une d’elles, s’appuyant sur une enquête faite pour la première fois lors du recensement de 1886, consiste à calculer le nombre d’enfants légitimes vivants pour cent familles ayant des enfants. Le tableau B ci-dessous1, rédigé d’après cette méthode, énumère par ordre croissant de fécondité les quatre-vingt-sept départements à la place qu’ils occupent au-dessous ou au-dessus de la moyenne de la France. En face du nom de chaque département, un numéro indique le rang qu’il occupe par ordre croissant de richesse dans deux enquêtes sur ce sujet faites, l’une par le ministère des finances sur la valeur successorale moyenne par tête d’habitant, l’autre par le ministère de l’intérieur, d’après la comparaison du produit du centime additionnel au principal de la contribution foncière et aux trois autres contributions directes, soit avec la superficie du département, soit avec le chiffre de la population. De cette façon on peut embrasser d’un coup d’œil la répartition géographique de la fécondité et de l’infécondité et d autre part la répartition géographique de la pauvreté et
J'. dc deux tableaux donnés par M. Chervin, Bulletin de la S ie te d anthropologie. 1888, p. 567, et Revue scientifique, 26 octobre 1889.
NATALITÉ ET CIVILISATION
Classement des départements par ordre de fécondité et de richesse.
La colonne A indique le nom des départements.
— B — le nombre d’enfants légitimes vivants pour 100 familles ayant dc« «niants.
— C — l'ordre croissant de fécondité.
— D — l'ordre croissant de richesse d'après le ministère de l’Intérieur.
— E — l’ordre croissant de richesse d’après le ministère des Finances.
4-2 Départements au-dessous de la fécondité moyenne de la France.
Orne
Gers
Tarn-et-Garonne . . .
Lot
Lot-et-Garonne
Gard
Aube
Eure
Seine
Indre-et-Loire
Calvados
Rhône
Charente-Inférieur*.
Gironde
Scine-et-Oise
Bouches-du-Rhône .
Oise
Côte-d’Or
Sarthe
Somme
Hérault
Haute-Loire
Yonne
Meuse
Eure-et-Loire
Seine-et-Marne
Aisne
Haute-Marne
Var
Ardennes
Maine-et-Loire
Tarn
Marne
Corrèze
Loir-et-Cher
Ain
Alpes-Maritimes . . .
Meurthe-et-Moselle.
Haute-Saône
Doubs
Landes
Dordogne,
Franco entière
45 Départements au-dessus de la fécondité moyenne de la France.
Nièvre
Aude
Pyrénées-Orientales.
Vosges
Indre
Loiret
Lozère
Manche..
Drôme
Jura
Vaucluse
Saônc-ct-Loiro
Mayenne
Seine-Inférieure ....
Allier
Charente
Belfort
Haute-Vienne
Ariège
Cantal
Hautes- Pyrénées. . . .
Basses-Alpes
Vienne
Puy-de-Dôme
Creuse
Pas-de-Calais
Cher
Loire
Loire-Inférieure
Vendée
Ille-et-Vilaine
Nord.
Haute-Garonne
Basses-Pyrénées ....
Hautes-Alpes
Ardèche
Isère
Aveyron
Savoie
Haute-Savoie
Corse
Morbihan •
Deux-Sèvres
Finistère
Côtes-du-Nord