‹ Dépopulation et puéricultureChapitre 11 sur 16 · L’OEUVRE PHILANTHROPIQUE DU LAIT · texte numérisé non relu

L’OEUVRE PHILANTHROPIQUE DU LAIT

placé lorsque la santé, l’existence de frôles et inconscientes créatures sont en cause.

En 1897, le Conseil municipal de Paris prenaità son compte, théoriquemen t tout au moins, les conclusions du rapport Pierre Budin, notamment en ce qui touche la distribution par la Ville de bons de lait gratuits ou demi-payants telle que nousl’avons proposée. La commission, très prudente, avait pris soin de ménager les intérêts du commerce et elle avait évité de rien faire qui pût concurrencer l’industrie laitière. Les bons de lait municipaux avaient pour sanction un arrangement avec des fournisseurs agréés comme remplissant toutes les clauses d’un cahier des charges dûment élaboré.

Par quel accident ces conclusions éminemment philanthropiques sont-elles tombées dans l’oubli? Nous n’en savons rien; les travaux de la commission parisienne ont recueilli force éloges,ils ont servi de'modèle et d’enseignement, ils n’ont point passé dans la pratique, tout au moins au point de vue municipal. C’est ainsi que jadis, par incurie administrative, la ville . de Paris a laissé à l’initiative privée le mérite' de fonder la première station d’ambulances urbaines pour le transport rapide des blessés et des victimes d’accidents sur la voie publique.

La grande cité, au lieu d’appliquer immé-

diatement les prescriptions nées de son initiative, a jusqu’ici renoncé au grand honneur de fonder le premier service communal, digne de ce nom, de protection effective et réelle des enfants en bas âge.

En dehors des consultations de nourrissons de plusieurs maternités hospitalières et des trop rares dispensaires publics pour enfants secourus, les distributions gratuites ou demigratuites de lait stérilisé n’ont lieu que dans les dispensaires privés, par le D'' Variot, le D’^ H. de Rothschild^ le D'Dubrisay, etc.

Ce que n’a pas encore tenté la ville de Paris pour la réalisation de son propre programme, un savant généreux, M. le D" Henri de Rothschild, vient de le mettre à exécution par VŒuvre philanthrojnque du lait.

L’Œuvre possède onze dépôts, situés dans les quartiers les plus populeux et les plus pauvres de la capitale ; ces dépôts, tenus par une surveillante aidée d’une femme de service, sont ouverts de S heures à 10 heures du matin en été, et de 6 heures à 10 heures en hiver.

Le lait frais est vendu, à tout venant, à raison de vingt-cinq centimes le litre.

Au contraire, le lait stérilisé n’est délivré qu'aux personnes inscrites et autorisées h s’approvisionner de la sorte, après enquête; il leur

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