L.i CONVALESCENCE
le genre de vie et le manque de soins après l’hôpita,!. Cette proportion paraît être de 30 p. 100. Il est probable que cet état précaire, facilement améliorable, tient en grande partie au surmenage antérieur; tel est du moins le sentiment de M. leD" Doléris.
Au sm’plus, la détermination du délai de.
séjour’ au lit n’est pas de notre compétence; nous sommes d’accord avec M. le D'' Audebert pour préférer au lever tardif, au lever précoce, le lever tempestif.
Mais, debout ou étendue, la nouvelle accouchée ne peut pas impunément dans le mois qui suit ses couches, vaquer à ses occupations habituelles, se livrer à un labeur fatigant.
C’est dire que la réintégration de l’ouvrière à l’atelier, de l’employée au magasin, serait périlleuse et téméraire.
Les dix-sept Etats européens l’eprésentés à la conférence de Berlin n’ont pas adhéré, sans de graves motifs, au vœu que les femmes accouchées ne soient admises au travail que quatre semaines après l’accouchement. Ce vœu a la valeur d’un axiome sanitaire et sa méconnaissance peut avoir les conséquences les plus redoutables.
Une fois de plus se vérifie cette belle parole du vénéré M. Théophile Roussel dans la discus-
DÉPOPDLATION ET PUÉRICULTURE
sion de la loi de 1874 sur le travail industriel S des femmes et des enfants : « Je vous démon-^ trerai, disait-il à ses contradicteurs, que les% lois naturelles, dont la physiologie et l’hygiène ^ sont les interprètes, sont les premières que» vous devez respecter, non seulement parce® qu’elles sont conformes à la loi morale, mais® aussi parce que seules elles peuvent sauvegar- ® der notre véritable intérêt national. »
Tout concourt à nécessiter et à légitimer les æ lentes relevailles de l’ouvrière, les raisons® d’hygiène les plus fortes et les considérations® essentielles de puériculture physique et mo-S raie. ■
Actuellement, le séjour dans les services;!
d’accouchement hospitaliers ou chez les sages-|j|l femmes administratives est en moyenne de]!
dix jours. M. le D’’ Boissard, qui a dirigé pen- a dant plusieurs années avec un dévouement trèsf! perspicace le service médical de l’àsile Ledru--J Rollin, déclarait dans un de ses rapports sur ,3 cet établissement « que la période puerpérale':i ou pathologique est loin d’être terminée au bout ^ de dix jours, époque à laquelle les femmes|' sont dirigées pour le plus grand nombre sur l’asile. ». « Nous dirons même en passant, .
ajoutait-il, que toutes les femmes accouchées i chez les sages-femmes du dehors, c’est-à-dire j
LA COiNVALESCENCÉ
agréées par l’Assistance publique, ari’ivent le dixième jour de l’accouchement, et que ce sont elles qui fournissent le plus de cas pathologiques. »
Même avec un régime de prohibition du travail industriel et d’indemnités ou de secours compensateurs, l’asile de convalescence ne perdra pas sa raison d’être. Ce complément d’hospitalité est indispensable dans un grand nombre de cas pathologiques; il ne l’est pas moins dans un grand nombre de situations maternelles.
La statistique la plus récente de l’asileLedru- Rollinnous apprend que, sur les 7.339 femmes qui ont jmssé en huit années par cet établissement, S.832 étaient célibataires, 1.099 mariées, 228 veuves, 47 divorcées, 133 séparées. Au point de vue social, 6.240 pensionnaires ne se trouvaient pas dans dos conditions de famille et de domicile qui pussent légitimer leur sortie précoce.
Mères isolées, délaissées, ont indubitablement besoin de l’asile de convalescence. C’est à elles que. s’adresse ce vœu du Congrès de la condition et des droits des femmes, qn’un séjour d’un mois au minimum dans les hôpitaux spéciaux ou les maisons de convalescence soit imposé à la mère qui, après son accouche-
ment, ne pourra justifier de moyens d’existence pour elle et son enfant.
€ette formule d’ordre du jour, longuement et vivement discutée au Congrès féministe, soulève un difficile problème non seulement théorique, mais pratique.
La pensée à laquelle ont obéi M“' Wiggishoff et le rapporteur, M“" Edw,ai’ds-Pilliet, est très claire.C’est pour éviter le gaspillage du secours àdomieilc, etdans l’intérêt exclusif du nourrisson, que" le séjour forcé dans un établissement hospitalier a été ainsi décrété à titre de vœu.
Sans aucun doute, dans la généralité des cas visés, l’assistance hospitalière est préférable au seooui’s à domicile, surtout si le logement prête au reproche ou au soupçon d’insalubrité.
Mais le Congrès féministe n’a pas envisagé l’hypothèse où la fille-mère, pour l’appeler par son nom administratif, aurait d’autres enfants. L’hospitalisation obligatoire pour une mère de famille irrégulière ne serait pas exempte d’inconvénients.
Un autre danger peut surgir, celui d’iuie entrave apportée à l’accouchement clandestin. La mère nouvellement accouchée, qui, pour des raisons quelconques, veut à tout prix re-