CARBONE
Le carbone peut être présent dans l'argile sous les formes suivantes: (1) matières organiques; (2) hydrocarbures; (3) carbone fixe. Nous n'avons à considérer que ces deux dernières, car la première ne cause d'inconvénients que lorsque les débris de végétaux sont en branches ou en grosses racines dont on se débarrasse par tamisage, elle n'est donc pas comprise dans ce qui suit.
Les mati-res carbonacées 4 ‘ssent souvent comme colorant fortement les argiles brutes aux, selles elles donnent des teintes grises, gris bleuâtre ou noires. Elles sont parfois assez prononcées pour masquer l'effet des autres agents colorants tel que le fer. D'ailleurs deux argiles noires peuvent devenir rouges ou blanches par calcination si l'une a beaucoup de fer et que l’autre n'en contienne pas, et à première vue ces résultats ne peuvent pas être prévus.
Les hydrocarbures en outre de leur action colorante peuvent souvent produire des accidents pendant la cuisson, en occasionnant des noyaux noirs ou en cansant des gonflements ou une fusion prématurée. De plus ils peuvent maintenir le fer à l'état de protoxyde et empêcher les plus belles couleurs de se développer dans la pâte. Ces effets sont dûs à plusieurs causes.
Le carbone a une plus forte affinité pour l'oxygène que le fer, et en conséquence, aussi longtemps qu'il ::te dans l'argile, il
monopolise l'oxygène et laisse le fer à l'état de protoxyde qui est le plus prononcé dans les argiles grises ou noires ou dans les schistes. Comme dans la cuisson de l'argile un des buts de l'ouvrier est de développer entièrement ses effets de couleur tout en prévenant d'autres accidents on comprend que tout le carbone doit être consumé, car tant que des matières carbonacées subsistent dans la masse, l'oxydation du fer est empêchée ou retardée.
Les expériences d'Orton et Griffin ont montré que la meilleure température pour brûler le carbone est entre 800° et 900°C., car au-dessous l'oxydation n'est pas assez rapide, et au-dessus on peut craindre la vitrification qui arrêterait l'oxydation.
La meilleure méthode à suivre serait donc de chasser d'abord l'eau de l'argile puis d'élever aussi rapidement que possible la température entre 800° et 900°C., et de la maintenir ainsi jusqu’à ce que la pâte ne montre plus de noyaux noirs indiquant le protoxyde de fer.
Dans le but de brûler le charbon et d'oxyder le fer on doit envoyer dans le four suffisamment d'air pour fournir tout l’oxygène nécessaire, car les gaz du combustible employé pour la cuisson n'en donneront pas. L'oxydation peut être activée en augmentant la quantité d'air introduit dans le four et en réduisant autant que possible la contraction de l'argile. Si on n'obtient pas ces résultats dans la conduite du feu, les pores de l'argile se referment avant que tout le carbone soit consumé, et cette action empêche aussi l'expulsion du soufre, ce qui produit des gonflements dans la pâte. Il peut même se produire une fusion complète de l’intérieur de la masse par suite de la formation de silicates à base de protoxydes facilement fusibles. Lorsque tout le carbone est brûié le fer a alors une chance de s’oxyder. Cependant, si les hydrocarbures sont abondants dans l'argile, on devra introduire le minimum d'air nécessaire pour éviter de produire une trop forte température par le fait de la combustion de ces hydrocarbures, ce qui provoquerait la vitrification avant l'oxydation complète.
Comme les argiles compactes sont plus difficiles à oxyder que celles qui sont poreuses, le procédé de manufacture des produits peut aussi influencer le résultat final; ainsi on a remarqué
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que les briques faites par les machines à pâte molle s'oxydent plus rapidement que celles faites en terre dure ou pressées à sec, (il n’y a d'ailleurs pas de différence entre ces deux dernières) et que celles pressées demi-sec.