DEVANT UN BERCEAU
LE PERE
Avant tout, je vous dis merci, puissantes fées.
Vous dont les mouvements sont comme des bouffées
De lumière, merci d'avoir daigné venir
Voir ce petit enfant qui naît et le bénir.
C'est de vous-même et sans que je le demandasse ;
Car mon indignité n'aurait pas eu l'audace
D'espérer que le ciel à mes vœux consentit.
Donc, pour les vraiment grands personne n'est petit?
A moins que le clier corps qui dort d'un si bon somme,
Et qui ne me semblait qu'un commencement d'homme,
Ne soit, venant chez nous pour nous rendre meilleurs,
Un de ces grands passants dont on s'occupe ailleurs !
Et ce n'est pas assez que vous soyez venues Et que cette maison qui vous aura connues En garde pour toujours un rayon sur son toit, Vous voulez à l'honneur que ce berceau reçoit Joindre chacune un don. 0 divines marraines, Les présents qui sont faits par vos mains souveraines Seraient humiliés d'être appelés royaux.
Mon cher petit garçon! quels célestes joyaux, Quels talents, quels succès, quelle splendeur unique Allez-vous lui donner?