‹ Depuis le règne de Phillippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septième (volume 2)Chapitre 1 sur 20 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

ET SUR SES MÉMOIRES

i^ icoLAs DE Neufville, seigneuT de Villeroy, naquit en 1543 d'une famille fort distinguée. Son aïeul, connu principalement par la dédicace que lui fit Clément Marot d'un de ses poèmes (0, avoit été secrétaire d'Etat sous François i, et son père étoit lieutenant général au gouvernement de l'Ile-de-France. C'étoit de cette famille que Louise de Savoie, mère de François i, avoit acquis une maison de plaisance voisine du Louvre, sur l'emplacement de laquelle Catherine de Médicis fit bâtir depuis le château des Tuileries. Le jeune Villeroy annonça dès son enfance un caractère aimable et facile, et une grande aptitude pour les affaires : mais ses premières études furent négligées, et il fut produit trop tôt dans le monde.

En i56i, à peine entré dans l'adolescence, il épousa Madeleine de L'Aubespine,fdle de Claude de L'Aubespine, secrétaire d'Etat; et il fit une cour assidue h Catherine de Médicis, qui gouvernoit sous le nom de Charles ix. Deux ans après, à l'époque de la premièi e paix avec les protestans, cette princesse le chargea

(') Le Temple de Gupidon.

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d'une mission iaiportanle près de Philippe ii, et de là il passa à Rome, oii il termina un démêlé relatif à la préséance que se disputoient la France et l'Espagne. Ayant montré dans ces deux missions une dextérité et une prudence au-dessus de son âge, il obtint en i567 la survivance de la charge de secrétaire d'Etat que possédoit son beau-père, lequel mourut à la fin de cette année. Devenu ministre à l'âge de vingt-cinq ans, Villeroy n'eut pas la présomption si naturelle à la jeunesse. Il se mit modestement sous la direction du chancelier Jean de Morvilliers, ami de sa famille, et de Séljastien de L'Aubespine, évêque de Limoges, oncle de sa femme. Ces deux hommes , blanchis dans les affaires, distingués par leurs vertus et leurs talens, lui donnèrent des leçons et des conseils dont il profita. Ils lui recommandoient surtout, dit un contemporain, ai! admirer peu de choses , et d'en sçavoir beaucoup.

Son caractère flexible, sa conversation spirituelle et enjouée ne tardèrent pas à lui attirer la faveur de Cliarles i,qui \\\à mit à ses plaisirs ; et l'on dit que ce fut lui qui rédigea le livre intitulé la Chasse royale, attribué à ce monarque (0. Ces distractions ne détournèrent [)as Villeroy de ses travaux ministériels: mais, heureusement pour lui, Catheiine de Médicis l'employa principalement aux aflTaires étrangères, et ne lui donna prescjue aucune part à l'administration intérieure du royaume. Ainsi, soit qu'on se défiât de sa jeunesse, soit qu'on redoutât sa douceur naturelle,

(') " Charles ix, qui r;i[)i)cloil son sccrt-laire «H lui confioit ses plus « secrètes pensées, lui dicta un livre de la chasse et quel([ues poèmes.» ( liemarques d'Etat, j)arI'iciTc Matthieu. Rouen, i6ao. )

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il ne fut point appelé aux conseils sinistres qui précédèrent la Saint-Barthelemy. Après cet horrible massacre, Charles ix, dévoré de remords et attaqué d'une maladie mortelle, trouvoit quelque consolation dans les entretiens de Villeroy : il le recommanda en expirant à Catherine de Médicis [i574]-

Henri m, ayant pris possession du trône, lui accorda une grande confiance, et le fit entrer dans un conseil secret où dévoient se décider toutes les questions relatives aux protestans. Quoique Villeroy ne fût pas encore familier avec cette partie si importante de l'administration, les désastres dont il avoit été témoin lui avoient donné, sous ce rapport, beaucoup d'expérience. Le résultat de ses réflexions étoit que le Roi devoit embrasser ouvertement le parti des catholicjucs, gouverner avec eux, et réduire, avec le moins de violence possible, le parti contraire à une impuissance absolue. Tels furent les conseils qu'il donna au monarque dans les premières conférences qu'il eut avec lui : mais Henri m ne les suivit qu'à demi; et le ministre, qui n'étoit pas doué de cette force de caractère qui brave et surmonte tous les obstacles, se laissa entraîner dans le système déplorable qu'on suivit pendant tout ce règne. Nous n'entrerons pas dans les détails de la conduite qu'il tint à ces époques funestes : ces détails se trouvent dans l'introduction aux Mémoires relatifs aux guerres de religion qui précèdent les Mémoires de Montluc ( tome xx , première série. )

Cependant Villeroy donna quelquefois à Henri in des conseils pleins de hardiesse et de franchise. Le voyant perdre un temps précieux avec les confréries

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de pénitens dont il s'étoit déclaré le chef: « Sire, lut « dit-il , les devoirs et obligations sont considérés selon « les temps, et pour ce on doit payer les vielles dettes ce avant les nouvelles. Vous avez esté roy de France, « premier que chef des confréries : votre conscience « vous oblige à rendre à la royauté ce que vous lui « devez , premier qu'à la congrégation ce que vous lui « avez promis. Vous pouvez vous dispenser de l'un et « non de l'autre. Vous ne portez le sac que quand il «( vous plaist, mais vous avez toujours la couronne sur « la teste, et n'est moins pesante en cette solitude que « dans les afi'aires. »

En i588, après les journées des barricades, Villeroy fut chargé de négocier avec le duc de Guise, qui venoit d'abreuver son roi d'humiliations. Dans cette occasion, il consulta plus ses idées particulières que la dignité du monarque; et, se flattant de donner désormais la piépondérance aux catholiques, il signa le traité du 21 juillet, par lequel le duc de Guise devint le maître de l'Etat. Henri m, en ratifiant ce traité, dissimula son mécontentement d'avoir été sacrifié par le ministre au(juel il avoit confié ses plus chers intérêts; mais peu de temps avant l'ouverture des seconds états de Blois il lui ôta le porte-feuille , fit partager sa disgrâce au chancelier de Cheverny, ainsi qu'au surintendant de Bellièvre, et renouvela presque entièrement le ministère. Cette grande mesure n'ouvrit pas jcs yeux au duc de Guise sur les dangeis qui le menaçoienl : il se lendit aux Etals, voulut y douiiner, et fut assassiné le 33 décembre i588.

Villeroy, jeté en (juelque soi te dans le parti do la Ligue par sa j)osition nouvelle, se rallia au duc de

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Mayenne, frère du duc de Guise, qui avoit levé l'étendard contre le Roi, et dont il devint , ainsi que le président Jeannin, l'un des conseillers les plus intimes. Ce ne fut pas sans un vif chagrin qu'il vit les excès auxquels se portèrent les ligueurs, sous le prétexte de venger la mort de leur clief : mais il se flatta toujours de parvenir à leur donner une direction favorable à la religion et à l'Etat.

Immédiatement après la mort de Henri m [2 août 1589], ayant appris que Henri iv avoit promis de se faire instruire dans la religion catholique, il annonça l'intention de le reconnoîtres'il tenoit cet engagement; et, du consentement de Mayenne, il entretint pendant cinq ans avec ce prince des négociations qu'il suivit avec une constance digne des plus grands éloges, quoiqu'elles fussent sans cesse interrompues, soit par les passions des chefs, soit par les événemens de la guerre. Dans ces circonstances orageuses, Villeroy déploya les talens d'un véritable homme d'Etat : toujours opposé à la faction étrangère, il détourna, par sa patience et son habileté, les fléaux dont elle vouloit accabler la France; et ce fut lui qui contribua le plus à ce que les états de la Ligue ne donnassent pas la couronne à une princesse espagnole.

Henri iv , qui dans ces négociations si longues "avoit su apprécier son mérite et la pureté de ses intentions, le létajjlit dans le ministère aussitôt qu'il fut affermi sur le trône, et il le chargea de la principale direction des affaires étrangères. Le premier soin de Villeroy fut de travailler à la réconciliation du monarque avec le pape Clément vin ; et cette négociation, confiée à d'Ossat son ami, eut bientôt l'issue la

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plus heureuse ('). Villeroy, en entrant dans le ministère de Henri iv, n'a voit pas abandonne' son système de donner aux catholiques une grande prépondérance : il se trouva donc, pour la politique étrangère, en opposition avec Sully, qui avoit des idées entièrement différentes. Celui-ci auroit voulu qu'on fît une confédération redoutable contie la maison d'Autriche, tandis que les vues de Villeroy tendoient au contraire à contracter avec cette maison une alliance solide, afin d'opposer une digue puissante aux progrès du protestantisme. Henri iv, qui gouvernoit par lui-même, tenoit la balance entre ces deux ministres, et ne prenoit de leurs systèmes que ce qui convenoit à la gloire et à la prospérité de son royaume.

Au mois d'avril i6o4, Villeroy éprouva un désagrément dont ses ennemis ne manquèrent pas de triompher. Il avoit dans ses bureaux un commis fort intelligent nommé Nicolas L'Hoste, et il l'employoit à déchiffrer les dépêches des ambassadeurs. Cet homme éloit secrètement vendu à l'Espagne, et abusoit d'une manière indigne de la confiance du ministre. Barrault, aml)assadeur à Madrid, découvrit par hasard cette trame, et s'empressa d'en instruire Villeroy, qui ne donna pas des ordres assez prompts pour arrêter le traître. Ainsi L'Hoste eut le temps de se sauver; on le poursuivit, et il se noya en voulant traverser la Marne à la nage. Ses papiers aVoient disparu, et il fut impossible de pénétrer le seciet de celte intrigue.

Toutes les apparences étoient contre Villeroy, dont on cortnoissoit le penchant à favoriser les vues de la

(') Voyc7, dans les I.cllros du cardinal d'Ossal sa correspondance avec ViJkroy, depuis la fui de iSq'i jusqu'au mois de septembre i5f)5.

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maison d'Autriche. Cependant Henri iv ne conçut aucun soupçon contre son ministre, et, guidé par une noble confiance, il eut pour lui des bontés qui imposèrent silence à tous ses ennemis.

« Le sachant dévoré d'inquiétudes, dit un auteur « contemporain (0, il prit la peine d'aller jusques « chez luy pour le consoler et conforter en son ennuy, « ne montrant aucun soupçon de défiance pour ce qui « s'estoit passé, non plus qu'auparavant, encore moins; « tellement qu'on disoit à la cour que l'heur lui en « vouloit bien d'avoir un si bon maistre, puis qu'en <c matière def'aictd'Estat de cette conséquence, les rois (c et les princes veulent coustumierement que les mais- « très répondent de leurs valets. »

Henri iv estimoit suitout en lui un zèle ardent qui le portoit à négliger entièrement ses propres aliiiiies pour ne s'occuper que de celles de l'Etat. « Les prince ces, disoit-il, ont des serviteurs à tout prix et de « toute façon : les uns font leurs ailaires premier que «celles de leurs maistres , les autres font celles du « maistre et n'oublient les leurs; mais Villeroy croit « que celles de son maistre sont les siennes , et y ap- « porte la mesme passion qu'un autre en sollicitant « son procès ou travaillant à sa vigne. »

Après la mort du monarque auquel Villeroy devoit tant de reconnoissance , il se dévoua au service de sa veuve, Marie de Médicis. Un conseil extraordinaire des ministres ayant été tenu le même jour, il opina le premier pour (jue cette princesse eût la régence, et il offrit de dresser la déclaration et de la signer : mais le chancelier de Sillery, intimidé par les menaces du

(.0 Cayel, Chronologie se/Jlenaire.

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comte de Soissons, refusa d'y apposer le sceau; et il fallut que le parlement de Paris prît sur lui de faire cet acte de souveraineté.

Aussitôt que la Re'gente eut e'té reconnue, Villeroy fut assez ge'néreux pour proposer à cette princesse de continuer Sully dans l'administration des finances, et il parut oublier les fré.juens démêles qu'il avoit eus avec lui sous le dernier règne. Mais l'accord entre les deux ministres ne subsista pas long-temps; et leurs disputes sur la politique extérieure s'envenimèrent par un tort que Villeroy crut avoir à reprocher à Sully. Villeroy desiroit qu'on mît à la disposition de d'Alincourt son fils, lieutenant général au gouvernement de Lyon, un corps de trois cents Suisses; l'inflexible surintendant s'y opposa fortement : ils se brouillèrent, et le résultat de leurs querelles fut la retraite de Sully.

Alors Villeroy, n'ayant plus d'opposition à craindre dans le conseil pour l'alliance qu'il desiroit depuis si long-temps (jue la France contractât avec la maison d'Autriche, fit décider que le jeune roi Louis xiii épouseroit une princesse espagnole. Les protestans irrités parlèrent de prendre les armes, tinrent des assemblées, et firent craindre à quelques personnes peu expérimentées le retour des désastres (jui avoient ensanglanté les règnes précédens. Villeroy, fidèle à ses principes, vouloit (|u'on les ré[)rimat sur-le-champ, et ne cessoit de laj^polcr à la Picine les fautes qu'avoit commises Catherine de Médicis en voulant flotter entre les factions. Heureusement les circonstances n'étoient j)lus Ica mêmes, l'esjjrit généial avoit changé, et les protestans, dont le paiti s'éLoit atfoibli depuis la con-

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Version de Henri iv, ne possédoient plus l'ititluence cpii avoit causé tant de maux.

Cependant le maréchal d'Ancre , créature de la Régente, exerçoit presque toute l'autorité, sans avoir le titre de premier ministre. Exposé par sa qualité d'étranger, et par son inexpérience dans les alTaires , à la haine des grands et du peuple, il avoit cru devoir conserver dans le conseil Villeroy, Sillery et Jeannin, très-considérés par la confiance dont les avoit honorés Henri iv. Mais, satisfait de trouver un appui dans ces personnages respectables, il se mettoit peu en peine de suivre leurs avis. 1\ résulta de cette position des fautes qui divisèrent la cour : les princes se retirèrent et commencèrent à lever des troupes; Villeroy, consulté par la Reine, proposa le parti le plus énergique : il vouloit qu'on marchât aussitôt contre les rebelles, persuadé que le régiment des Gardes suffiroit pour les dissiper; et, rappelant les malheurs de Henri m, il soutenoit que la Ligue eût été anéantie si ce monarque eût agi ainsi à la première prise d'armes du duc de Guise. Mais le maréchal d'Ancre , redoutant pour lui les suites de la guerre, et se figurant qu'il pourroit être sacrifié lorsqu'on traiteroit, insista pour qu'on tentât les voies de conciliation. Cet avis prévalut dans le conseil, et une paix peu avantageuse à l'autorité royale fut signée à Sainte-Menehould le i5 mai i6i4-

Après les Etats - généraux qui furent tenus cette année, le prince de Condé quitta de nouveau la cour, et publia un manifeste sanglant contre la Régente : ce qui n'empêcha pas cette princesse de conduire Louis XIII à Rordeaux, où il épousa Anne d'Autriche, fille de Philippe m. Ce mariage faisant désirer à tout

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le monde le rétablissement de la tranquillité intérieure, on noua des négociations avec le prince. Villeroy en eut la principale direction ; et l'on ne vit pas sans étonnement que, dans le traité de Loudun , il eût l'air de sacrifier les intérêts de la régente, en consentant à ce que Condé fût le chef du conseil , et evit la signature des arrêts. A son retour, Marie de Médicis lui reprocha sa foiblesse. « Madame , lui répondit Yil- « leroy, si le prince se conduit bien, les actes du con- « seil auront plus de force; s'il se conduit mal, n'ou- « bliez pas que sa personne est entre les mains de (c Votre Majesté. » La Reine comprit alors parfaitement les intentions qu'avoit eues son ministre; et le prince ayant peu de temps après abusé de l'autorité qui lui étoit confiée, elle le fit arrêter le i^i septembre 1616 dans le Louvre, d'où il fut conduit à la Bastille, puis à Vincennes, pour y subir une longue captivité.

Le succès de ce coup d'Etat donna au maréchal d'Ancre une présomption qui lui devint bientôt funeste. Croyant n'avoir plus besoin des anciens ministres de Henri iv, il les congédia les uns après les autres; et Villeroy, qui se retira dans sa terre de Conflans, parut sentir vivement cette disgrâce, ([uoifju'il répétât souvent que son âge avancé, et la nécessité de se préparer à la mort, lui faisoient désirer de se retirei- des affaires. Il y icntra l'année suivante, lorsque le maréchal eut élé sacrifié à la haine publique [1617]. Mais il lie jouit pas long-temps de ce retour de forlune : se trouvant à l'assemblée des notables qui fut ternie à Houen au mois d(; dccembrc de la même année, il liit atta(jué d'une maladie grave, ne resta au

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lit que trente heures, et mourut, à l'âge de soixantequatorze ans, en prononçant ces mots remarquables: O monde, que tu es trompeur!

Richelieu, dans ses Mémoires, rend hommage an désintéressement de Villeroy; et il observe qu'après cinquante-et-un ans de ministère son revenu ne fut augmenté que de quatre mille livres. Il ne loue pas moins ses talens naturels pour l'administration; et, remarquant qu'il ne s'étoit jamais appliqué aux lettres, il le compare à de Thou qui étoit très -savant. « M. de « Villeroy, sans science , dit-il, fut trouvé aussi proie pre aux affaires que M. de Thou inhabile avec toute « son étude. »

Les Mémoires de Villeroy peuvent être considérés comme une apologie de sa conduite pendant les guerres de religion. La première partie contient la réponse aux accusations dirigées contre lui sur les actes de son second ministère, qui dura depuis i574 jusqu'à la fin de i588. La seconde, beaucoup plus intéressante, offre le développement de toutes les négociations qu'il suivit depuis la mort de Henri m jusqu'à la réduction de Paris. En retraçant cette époque, la plus glorieuse de sa vie, l'auteur rapporte un grand nombre d'anecdotes curieuses, montre une connoissance approfondie des hommes et des affaires, et indique la marche que doit suivre un négociateur lorsqu'il est chargé de rapprocher des partis divisés par des opinions politiques et religieuses.

On a joint aux nouvelles éditions des Mémoires de Villeroy, en forme de supplément, une multitude de pièces qui ont aujourd'hui peu d'intérêt : nous n'en avons conservé qu'une, dont l'authenticité n'est pas

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contestée, et (jui olîre des détails presque inconnus sur l'une des époques les plus importantes de notre histoire. Elle est intitulée : Discours du roj Henri m à un personnage d'honneur et de qualité estant près de Sa Majesté à Cracouie j des causes et motij's de la Sainct Barthélémy.

Les Mémoires de Villeroy furent publiés en un vol. in-4°, Paris, 1622, par Du Mesnil Basire, avocat. Une édition de Sedan porte la même date. Ils parurent ensuite avec un supplément en 4 vol. in-8", Paris, Samuel Thiboust , 1628; et l'on en fît depuis d'autres éditions en divers formats. Nous avons suivi , pour celle que nous donnons, un exemplaire de l'édition originale qui appartient à la bibliothèque du Roi, où se trouvent de nombreuses corrections manuscrites qui paroissent avoir été faites sur une copie plus exacte que celle de la première édition; ces coirections donnent à celle que nous publions une supériorité incontestable sur toutes les autres.

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