‹ Depuis le règne de Phillippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septièmeChapitre 12 sur 23 · DE MATHIEU MERLE · texte numérisé non relu

DE MATHIEU MERLE

Merle laisse clans lesdites places quel(|ues-uns des siens pour la gaide.

Quelques jours après, lesdits sieurs ayant fait telle diligence, que, bien qu'il fallût passer et repasser quatre fois à gué le canon à la rivière de Tarn, le plus souvent que le canon avoit une toise d'eau pardessus, et les bœufs à la nage, ils mirent ledit canon en batterie devant le château de Bedouès (0, très-fort de murailles, où il y avoit environ quatre vingts ou cent soldats sous le capitaine Mirai leur chef, qui furent enferme's dans ce château aussi-tôt par les troupes, oii, après avoir souffert deux cens et tant de coups de canon, et la poudre manquant, se rendirent opiniâtres à se vouloir rendre; qui fit prendre re'solution entre Pourcaire's, Merle et Gondin, c'est que Pourcaire's iroit à Meirueis pour avoir des poudres; Merle à Mende pour avoir des balles de canon et vivres; sous promesse que Gondin leur fit ne de'partir dudit siège , quelle rigueur de l'hyver qu'il fît, car il y avoit par-tout au plus beau un pied de neige , qu'ils ne fussent de retour; lui ayant recommandé la garde des canons, et qu'ils ne manqueroient d'être à lui dans huit jours avec leur appareil. Pendant ces entrefaites, le sieur de Vidal, gouverneur du Vêlai, s'avance à deux lieues de Bedouesc, avec quinze cens hommes de pied et deux cens chevaux; mais, à cause des grandes neiges tombées aux montagnes qui étoient entre deux, il ne put passer; et tout ce qu'il put faire de jetter dans le château vingt soldats, conduits par le capitaine Estanieres. Etant aussi averti que Gondin s'étoit bien retranché dans

(•) Le château de Bedouès, ou Bedouesc. Ce château étoit à cinq lieues au sud de Mende.

Page 1