‹ Depuis le règne de Phillippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septièmeChapitre 11 sur 23 · DE MATHIEU MERLE · texte numérisé non relu

DE MATHIEU MERLE

Condé ayant été pris (0 par une garnison du duc de Savoye en Savoy e, e'tant parti de Genève en habit dé guisé, pour se rendre en Daupliiné entre les mains du seigneur des Diguieres, géne'ral des églises du Dauphiné, fut sauvé par un simple soldat de ladite garnison. Le prince étant arrivé à pied, qui ne se pouvoit soutenir du travail du chemin, n'ayant accoutumé d'aller à pied, fut honoré et bien reçu dudit seigneur des Diguieres, qui lui fournit argent, chevaux et équipages, et le fit accompagner jusques avoir passé le Rhône, se rendant à Uzès et Nismes; lequel aussi -tôt prit le commandement, et commande au sieur de Gondin , maréchal de camp, s'acheminer avec son régiment de huit enseignes du côté de Mende, où il trouveroit les sieurs de Porquarès et de Merle, pour aviser à ôter les forts que les catholiques tenoient entre les Cevennes et Mende. Etant arrivé ledit de Gondin à Molines, près la ville d'Espagnac, et ayant conféré avec aucuns gentilshommes desdits pays des Cevenne, Porquarès s'achemina à Meirueis pour faire marcher pouldres. Merle va faire partir de Mende deux canons et une bâtarde qu'il avoit fait faire, et une quantité de baies en faisant fondre la grande cloche tant renommée. Gondin alla bloquer la ville d'Espagnac avec ses troupes et quelques compagnies du pays. Etant arrivés Porquarès et Merle dans quatre jours après avec pouldres, baies , et lesdits canons qui furent descendus h la descente de Molines, presque inaccessible, et la façon qui furent descendus, ayant attaché vingt paires de

'') Le prince Je Conde nyant ctdpris. Suivant de Tlioii, ce prince, n^ayant pas été reconnu, fut seulement dépouillé. Lcsdiguiércs lui donna uu nouvel équipage, et le fit escorter jusqu'en Languedoc.

bœufs par derrière le canon pour le retenir, qu'ils ne prinsent la descente, et tire' seulement par une paire au devant, logèrent ce même soir les canons joignant des maisons du côté de Florac. Le jour suivant, bon matin, commença la batterie; sur le soir on se loge sur une tour faisant le coin de la ville, que le canon avoit abattu, attendant le jour d'après faire élargir la brèche et donner l'assaut; mais sur la minuit, les soldats de la garnison, en nombre de quatre-vingts ou cent, prirent telle appréhension d'être forcés, qu'ils persuadèrent M. de Lambrandes, leur gouverneur, de déloger avec eux; ce qu'ils firent à l'instant, sortant en foule, passant la rivière de Tarn au gué, grimpant la montagne de Notre-Dame de Quezac, où aucuns furent tués, entre autres le sieur de Montoulons , et pris prisonniers les autres, se sauvant sans armes à Quezac (0.

Le jour suivant, Gondin avec son régiment et autres compagnies des Cevennes, vont bloquer le château de Quezac ; Porquarès et Merle font marcher le canon,qui fut mis en batterie sur le soir; au plus matin commence la batterie droite au château, leur ayant tiré environ deux cens coups de canon, n'étant encore la brèche raisonnable. Deux soirs après , font un trou audit château par derrière, passant certaine garde du côté de la rivière de Tarn, près du diâteau traversent la rivière, et se sauventla plupart parla montagne àSainte- Eremie (^) en Rouergue, ayant h leur sortie laissé quelques soldats en garde qui se laissent surprendre.

(i) Le château de Quezac. Ce château étoit à trois lieues au sud de Mande.

(') Sainte Eremie. Cette paroisse n'cloit point en Rouergue, mais en Gévaudan.

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