‹ Depuis le règne de Phillippe-Auguste, jusqu'au commencement du dix-septièmeChapitre 15 sur 23 · NOTICE SUR CAYET · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CAYET

Cayet put étudier à loisir le caractère et les inclinations dé Henri iv, dont il devint depuis l'historien. Il se livra tout entier, sous la direction de Florent Chrestien, pre'cepteur en titre, aux devoirs que lui imposoit la confiance de la Reine ; et ce fut alors que, reprenant les e'tudes de sa jeunesse, il acquit nonseulement une connoissance approfondie des auteurs grecs et latins, mais fit de grands progrès dans les langues orientales, dont il avoit appris les e'ie'mens à Paris et à Genève. Loi^sque l'e'ducation du jeune Henri fiit terminée, Catherine de Bourbon, sœur de ce prince, choisit Cayet pour son prédicateur ; et il la suivit à Paris en i594? lorsque cette ville fut soumise à son élève, devenu roi de France.

Cette princesse avoit conçu une passion très-forte pour le comte de Soissons, prince du sang; mais Henri iv venoitde déclarer qu'il ne consentiroit jamais à ce qu'elle lui donnât sa main ; et les deux amans auroient désiré arracher ce consentement par un inariage secret. Catherine étant donc retournée à Pau, le comte de Soissons vint furtivement l'y joindre, et ils conjurèrent Cayet de l^éiiir leur union. Le ministre, qui avoit les plus grandes obligations à la princesse , ne Consulta que son devoir, et refusa de sanctionner un acte qui avoit été interdit par le Roi. Alors le comte de Soissons , transporté de fureur, le menaça de le faire périr sur-lé-champ : «Eh bien , Monseigneur, lui ré- « pondit Cayet, tuez-moi; j'aime mieux mourir de la « main d'un prince que de mériter de tomber sous celle « d'un bourreau. » Son inébranlable fermeté ramena les deux amans à l'obéissance qu'ils dévoient à Henri iv; et lorsque leur passion fut calmée, ils lui surent gré

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