‹ Dermatite érythémato-bulleuse: Des bains de soleil dans les présChapitre 6 sur 28 · ARTE · texte numérisé non relu

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rieur droit, sans prurit. La malade n’y attache aucune importance et ne sait si elle a persisté. Ce n’est que dans la journée du lendemain qu’elle éprouve au même «endroit une sensation de cuisson, s’accentuant progres-

Fi. 2. — Mème malade deux mois plus tard

sivement, gênant le sommeil, obligeant la malade à se coucher à plat ventre, et la décidant à venir consulter le mardi matin. |

On note alors sur la face externe du membre inférieur droit, une zone érythémateuse non uniforme, affectant

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une topographie générale en botte d’égouttier et présentant des stries inscrites en légères dépressions; stries linéaires arciformes, se croisant à angles aigus, dues à l’impression sur la peau des herbes sur lesquelles la malade s’est couchée. La rougeur des téguments disparaît à la pression mais les stries persistent. Enfin, on note l’existence de bulles à contenu clair légèrement citrin, de grosseur variant de celle d’une lentille à celle d’une grosse noix, soit groupées à la façon de l’herpès, soit isolées, à surface plus ou moins tendue et situées le long des stries ou à leur intersection. Elles prédominent au niveau de la cheville et du mollet, on en voit quelques-unes sur la face externe de la hanche, à la face: interne du genou et à la jambe gauche, au niveau du flanc droit, sur le dos et la face interne du bras droit, ce qui s'explique par le fait que la malade était couchée sur le côté droit appuyée sur le bras droit, la jambe gauche repliée en avant, venant entrer en contact avec l’herbe. Les régions protégées par le maillot sont resiées absolument indemnes, celte éruption n’est plus prurigineuse et ne donne lieu qu’à peu de sensations désagréables ; il n’y a aucune atteinte de l’état général. Sous l’influence de pansements au liniment oléo-calcaire, d’ingestion de calomel et d’hyposulfite de soude, la guérison se fait en quelques jours et la malade guérie quitte l’hôpital le 12 août.

A la phase aiguë de l’éruption, on trouvait à côté des bulles, des taches purpuriques.

Revue le 6 septembre 1933, soit un mois après l’éruption, Mlle F... présente, se Superposant aux auciennes

lésions, des taches achromiques cernées d’une zone hyperpigmentée ainsi qu’en témoignent les clichés.

Voici les recherches biologiques qui ont été faites sur la malade :

Hématimétrie : Globules rouges. . . 4.520.000 Globules blancs . . . 7.400 Polynucléaires" 5: "71 0% Exmphocyles: 2.941 Myéloerthes es er. ,:4 04 FOSIRGRhHR os." 0 04

Liquide des bulles : pas de cristaux de Charcot-Leyden. Pas d’eosinophile. On note des polynucléaires neutrophiles et des lymphocytes.

Les cuti et intradermo-réactions pratiquées à la malade en peau saine avec le liquide des bulles ont été négatifs.

Nous avons pratiqué en outre, aux deux bras, sept cuti réactions aux extraits de graminées suivants : (que nous devons à l’obligeance de notre maître et ami Ed. Joltrain) avena elator, flouve odorante, rhéole des prés, ray gras, vulpin des prés. Trois heures après, les scarifications et l’application des extraits, nous avons procédé à l'application locale de rayons ultra-violels d’une durée de un quart d’heure sur le bras gauche. Aucune réaction n’a été observée. Nous avons recommencé les mêmes expériences mais en recourant cette fois à des applications directes et prolongées de ces mêmes extraits sur les poignets de la malade, toujours sans aucun résultat.

Enfin, ayant choisi deux malades du service chez les-

quels nous nous étions assuré qu’ils ne réagissaient ° s'orse !

pas à ces divers extraits, nous leur avons injecté dans

Va

F16. 3. — Plages hyper et dépigmentées séquelles de Ia dermatite des prés

les veines le contenu des bulles de la malade-et nous avons, vingt-quatre heures après, injecté dans le derme les mêmes extraits. Nous avons soumis un des malades aux R. U. V., aucune réaction n’a été observée.

Dre

En résumé : Une jeune fille de dix-neuf ans, bien pigmentée par la pratique des bains de soleil se couche dans un pré, après un bain de rivière, s'expose ensuite au soleil pendant plusieurs heures. Au bout de 24 h., apparition d’une éruption mélange d’érythème, de purpura et de bulles, strictement limitée aux points de contact avec les graminées.

Notre observation est classique à tous points de vue et reproduit traits pour traits les caractères de la maladie d’Oppenheim. On y note les facteurs déterminants habituels c’est-à-dire la succession du bain, du contact avec les herbes et de l’exposition solaire (1).

(4) Les 5 figures qui illustrent notre travail ont été mises à notre disposition par MM. Masson et Ci* Editeurs, que nous remercions.

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