HISTORIQUE
La dermatite bulleuse et striée consécutive aux bains - de soleil dans les prés, a été individualisée en 1926 par Oppenheim (1) qui en avait observé jusque là une quarantaine de cas. À l’époque, Oppenheim lui avait donné le nom de « Ottakringer Badebeiss » c’est-à-dire démangeaison des bains d’Ottakring » et il l’attribuait à une espèce de sarcopte parasitant les plantes de ces bains (hypothèse qui d’ailleurs n’a jamais pu être vérifiée).
Après lui, en Europe Centrale surtout, de nombreux auteurs ont observé cette curieuse éruption.
Ce sont d’abord : Siemens (2) qui a publié neuf cas en 1927 et en attribue la pathogénie au contact direct de certaines plantes électivement pathogènes pour certains individus.
La même année, Hartmann et Briel (3) à Francfort, en observent une quarantaine de cas ; ils en voient l'origine dans le contact avec trois plantes : pissenlit, panais, plantin. Ces auteurs essaient de reproduire expérimentalement la dermatose avec ces plantes, ils ne réussissent à provoquer que l’érythème sans bulles ni pigmentation.
En 1928 on trouve de nombreuses publications sur la
dermatite des prés. Ce sont d’abord l’auto-observation de Marx (4) qui a constaté par deux fois, à la suite de bains de soleil, une éruption bulleuse. Il en voit lorigine dans sa disposition à l’eczéma dont il fait des poussées depuis l’enfance.
En 1928 également, sont publiées une observation de Touton (6), trois de Fortig (5) ; un cas de Phyladelphy (7) qui conclut à l’origine par contact avec l’achillée millefolium (expérimentation faite à l’appui de cette hypothèse).
Oppenheim et Fessler (8) reprennent leurs recherches pathogéniques en s’orientant vers l’action caustique du silicate de soude contenu dans les plantes. Expérimentalement, ils réussissent à provoquer rougeurs et bulles chez un de leurs sujets. Touton émet la même hypothèse.
En 1929, Siemens (9) apporte trois observations nouvelles et insiste sur l’idée qu'il avait déjà émise en 1928, qu'il s’agit d’une hypersensibilité individuelle.
Gans (10) publie un cas et en cherche l’origine dans Pachillitine glucoside contenue dans l’achillée. Il faut, pour qu’il y ait éruption, un malade prédisposé.
Rick en 1930 (11) rapporte cinquante cas qu’il attribue tous au suc toxique du panais.
Ce n’est qu’en 1931 que le premier cas est rapporté en France par Mile Ullmo (12) à Strasbourg.
A la même époque Spillmann et Weiss (13) à Nancy signalent deux cas voisins chez des enfants où l’éruption était survenue après contact avec de la moutarde, de l’achillée, des primevères.
En 1932, Polland Graz (14) à Munich rapporte cinquante cas et Lanzenberg {15) à Strasbourg deux cas qu'il attribue à certaines plantes (achillée, renoncule, pissenlit, etc.).
En 1933 en France, plusieurs observations françaises. Deux cas à Paris, l’un de Gougerot (16), Fernet et S. Boulle, l’autre de G. Basch (17) et Fourestier. Deux autres cas à Strasbourg, l’un de Lorentz et Zorn (18), l’autre de Pautrier (19) et un cas à Nancy de Créhange et Rozenthal (20).
En Allemague, six cas de Kissmeyer (22) et neuf de Schlammadinger (23). En Russie, quatorze cas sont publiés par Bogdanovitch, Adanoff et Muline (21) la pathogénie en est, selon les auteurs, dans le contact avec l’angélique officinale. La vérification expérimentale en est faite mais il faut des sujets sensibles.
En 1934, Kitchevalz a l’occasion d’en observer un très beau cas et reprend la question de la pathogénie. Il fait une importante expérimentation et conclut en faisant de la dermite des prés, une « photo-dermite actino-chlorophyllienne ».
En 1934, on trouve dans la littérature espagnole le premier cas de dermite d’Oppenheim, c’est celui de Gay Prieto et Egea Bueno (25). Enfin, en mai 1935, paraît à Nancy la thèse de Rosenthal, revue importante de la question, et les travaux faits à ce sujet jusqu’à ce jour. |