‹ Dermatite érythémato-bulleuse: Des bains de soleil dans les présChapitre 9 sur 28 · ER, D · texte numérisé non relu

ER, D

De même, Créhange et Rosenthal (20) citent le cas d’une éruption chez une jeune fille qui, par une chaude journée, se couche dans l’herbe après une promenade au soleil. Identique est le cas rapporté à Strasbourg par Lorentz et Zorn (18). Parmi les cas cités par Kissmeyer (22), il y en a deux sans antécédent de bain ; celui d’une fillette dont l’éruption a siégé aux jambes après une course dans l’herbe au soleil, et celui d’une infirmière. Enfin, Schlammadinger (23) cite le cas de neuf jeunes gens qui ont eu leur éruption après s'être couchés nus dans l'herbe étant en transpiration.

Un seul cas a été signalé après un bain de mer etun repos dans le sable des dunes, c’est celui de Kissmayer (quatrième cas du rapport de Kissmayer à la Société de Dermatologie de Paris, novembre 1933).

La saISoN où on a noté le plus fréquemment la dermatite bulleuse est sans conteste juillet et août et cela tient sans doute à ce que ces mois sont la vraie saison des bains de plein air. Oppenheim cependant en a observé quelques cas en mai et en septembre et Siemens en juin.

L’AGE du sujet tient en grande partie à l’âge le plus fréquent des habitués des bains de rivière et de soleil, c’est-à-dire que l’on rencontre plus fréquemment la dermatite bulleuse chez de jeunes sujets. Oppenheim insiste sur le fait que les quarante premiers cas observés par lui jusqu’en 1926, s’étaient produits chez des femmes et des enfants. Cependant dans les autres observations, on trouve une fréquence de 70 % chez des jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans sans prédominance d’un

“hp =»

sexe sur l’autre. Quelques cas, le dixième environ ont été publiés chez des malades de trente, trente-cinq, quarante et quarante-cinq ans ; une vingtaine environ chez des enfants de quatre à dix ans.

TERRAIN PATHOLOGIQUE : Aucun auteur ne signale que les sujets ayant présenté cette éruption aient eu des particularités pathologiques antérieures indiquant un terrain colloïdoclasique tel que, asthme, eczéma, urticaire, migraines. Un seul cas est apparu sur terrain eczémateux, c’est celui d'Otto Marx.

COULEUR DE PEAU : Il n’est pas possible de faire une statistique exacte sur la fréquence plus ou moins grande de l’apparition de dermite d'Oppenheim chez les sujets à peau claire où à peau foncée, la plupart des auteurs n'ayant pas précisé ce point dans leurs observations.

Cependant, dans les cas où on spécifie la teinte brune de la peau, qu’elle soit naturelle (peau mate) ou acquise (peau hâlée) prédomine: dans l'observation de Mile Ullmo le sujet est une habituée des bains de soleil dont la peau est fortement bronzée. Dans le cas de MM. Basch et Fourestier, il s’agit d’une jeune fille vivant au grand air ettrès pigmentée. Dans l’observation de Créhange et Rosenthal, le sujet est une brune à peau mate, prenant facilement les coups de soleil,

INcuBATION : Tous les auteurs sont d'accord pour fixer la durée moyenne d’incubation de la dermatite d’Oppenbeim, à vingt-quatre heures. Cependant, des variations légères à cette durée sont notées. Les cas de moins de vingt-quatre heures sont rares: ce sont ceux de :

Re

Touton(6), l’éruption survenait sitôt le contact avec l’eau ; Schlammadinger (23) où dans neuf cas dont l’incubation a été de douze heures ; Créhange et Rosenthal (20) observent également un cas douze heures après le bain.

Les durées d’incubation de plus de vingt-quatre heures sont un peu plus fréquentes. Des cas après 36 heures, sont signalés par Fortig (5), Oscar Gans (10), Polland Graz (14), Alice Ullmo (12). L'incubation a duré quarante-huit heures dans les cas de Gougerot (16),Kissmeyer (22), Lanzenberg (15) et Kitchevatz(24). Enfin, un cas où l’incubation a été de trois jours est publié par Siemens (9).

B. — Tableau clinique proprement dit

Dans le tableau clinique complet, l’éruption est complexe formée de plusieurs éléments ; ce sont :

L'ÉRYTHÈME d’une disposition tout à fait particulière et caractéristique : linéaire, en stries parallèles ou entre croisées, en forme de lances, reproduisant absolument le calque des fleurs sur lesquelles le malade s'était couché. Entre les stries érythémateuses la peau est absolument saine ; les stries sont isolées ou groupées en bouquets ou bien confluent en vastes placards mais dans tous les cas, elles siègent toujours en un point où le corps a été en contact direct avec l’herbe.

VÉSICULES, BULLES : Sur ce fond érythémateux se forment des vésicules et des bulles, nombreuses surtout aux points d’intersection des stries, parfois courant

Page 1