Annales de Dermat. et Syph
« Toutes les combinaisons sont à la rigueur possibles pour le mode de début et l’évolution des phénomènes éruptifs de l’herpès gestationis, cependant il s’en dégage quelques règles générales :
€ a) L'éruption peut d‘buter, soit pendant le cours de la grossesse à partir de la troisième ou quatrième semaine, elle est alors parfois un des premiers signes sinon le premier de la grossesse, soit après l’accouchement, et dans ce cas d’ordinaire le troisième ou le quatrième jour.
« b) Elle peut débuter, lors des premières grossesses, après l’accouchement et, dans les grossesses ultérieures, pendant la gestation. \
« c) Quand elle a débuté pendant le cours de la grossesse elle présente d'ordinaire : soit une recrudescence notable, soit une rechute complète, peu après l’accouchement, parfois même elle ne devient vésiculeuse ou bulleuse qu’à cette dernière époque.
« L'influence réelle sur l’éruption de la courte période qui s'étend du premier au cinquième jour des couches est donc nettement démontrée.
« d) Enfin l’éruption semble augmenter de violence et de durée à chaque nouvelle attaque. »
Localisations
« L'herpès gestationis débute surtout par les extrémités, en particulier par les membres supérieurs. » Dans quelques cas la poitrine, les seins sur-
mu. DO! =
tout sont atteints, ainsi que le prouve une observation récente de M. le D' Sauvage, présentée à la Socicté d’Obstétrique, de Gynécologie et de Pédiàtrie et qui a été publiée cette année dans le Bulletin de janvier de cette Société.
L'auteur y décrit un cas typique de dermatose gravidique autotoxique dans lequel, le prurit intense déterminant la malade à se gratter violemment, il s'était produit un abcès du sein provenant d’une infection secondaire des lésions de grattage de cette région.
Ordinairement les régionsles plus fortement intéressées sont les doigts et les mains sur leurs faces dorsales, les avant-bras, les bras, les épaules dans les régions sus-claviculaires et sus-épineuses. Ensuite les pieds dans les mêmes régions que pour les mains, les jambes, surtout dans le creux poplité, et enfin la partie antéro-externe des cuisses.
La région hypogastrique est atteinte habituellement. La paume des mains et la plante des pieds restent le plus souvent indemnes.
La tête, le visage en particulier, est presque toujours respectée.
Les muqueuses ne sont jamais atteintes.
Symptômes généraux
La fièvre ne se déclare jamais chez les parturientes atteintes de dermatose gravidique et ne fait donc
pas partie du complexus symptomatique habituel de cette affection.
Lorsque les lésions cutanées ne sont pas infectées secondairement par le grattage, les malades ne présentent aucune élévation de la température. Elles sont seulement très abattues, faliguées par le manque de sommeil rendu impossible par le prurit.
Elles sont nerveuses et agitées, mais l'appétit est conservé, elles ne maigrissent pas d’une manière bien notable et leur état général reste bon.
L'examen des urines montre une hypoazoturie (1) très marquée, souvent de l’urobilinurie et une diminution importante de leur toxicité normale.
L'examen du sérum sanguin (2) montre une
augmentation de sa toxicité habituelle.
Marche et durée de laffection
Le début de la dermatose est lent. Les sensations de prurit durent huit jours, quinze jours parfois plusieurs mois avant l’éruption (cas de M. le D' Sauvage) (3).
Celle-ci évolue pendant toute la grossesse, par
1. Thèses de Perrin, 1894-1895, de Hardouin, 1901. Bouffe de Saint-Blaise. Les auto-intoxicalions gravidiques, 1906. 2. Boissard, cité par Cacault dans sa thèse. Paris, 1905.
3. Bulletin de la Société d'Obstélrique, de Gynécologie, et de Pédiätrie, janvier 1906.
Vidal 2
poussées successives, subintrantes ou avec des intervalles de repos d'un ou plusieurs mois.
Elle cesse pendant l'accouchement pour reparaître habituellement le quatrième ou le cinquième jour après et durer encore pendant quinze jours, un mois
et quelquefois plus.
Complications
Pour la mère, les complications, qui dépendent directement de la dermatose gravidique, sont habituellement assez bénignes. Elles se bornent à une infection secondaire des vésicules ou des bulles et à la transformation purulente de celles-ci (obs. I).
2ette infection peut occasionner de la /iévre et entrainer un amaigrissement notable.
Lorsque la purulence des lésions de grattage provoque la formation d’un abcès, au sein par exemple, comme dans l'observation déjà citée de M. le D: Sauvage, il peut s’en suivre une infection pyohémique grave et la perte au moins partielle de la glande.
Mais c’est surtout pour le fœlus que les conséquences de la dermatose gravidique autotoxique sont à craindre.
La fatigue, causée chez la mère par le prurit continuel, le manque de sommeil, par la fièvre qui se déclare souvent après l'infection secondaire, provoque habituellement l'accouchement avant terme,
De plus, même né à terme, l'enfant est souvent intoxiqué à tel point, par les toxines en circulation
dans le sang maternel, qu'il meurt de cachexie peu
de temps après sa naissance,
L'observation de Canuet (1) déjà citée est un exemple frappant de cette conséquence terrible pour l’enfant de l’auto-intoxication de la mère, ordinairement bénigne pour elle-même,
Trailement
Quel traitement at-on fait suivre le plus souvent aux parturientes atteintes de la dermatose gravidique ?
Comme pour toutes les maladies dont la cause
réelle échappe aux praticiens les traitements les plus divers ont été appliqués, Voici ce que l'on voit dans la littérature médicale,
Ceux qui ont surtout voulu calmer ies démangeai-
sons insupportables et quise sont uniquement préoccupés des lésions cutanées ont ordonné des bains émollients et des onctions. |
Ceux qui sont partisans de l’origine exclusivement
nerveuse de la dermatose ont donné des calmants,
Ceux qui ont pensé à une cause microbienne ou parasilaire ont ordonné la Frotte ou des bains sulfu- TeUX, |