Annales de Derm. et Syphil., 1896, p
Noire
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Beaucoup, à notre connaissance, ont tenté de guérir en soignant une diathèse, la diathèse arthritique en particulier.
Beaucoup ont ordonné de l’arsenic sous différentes formes. ;
M. Brocq (1) rapporte un traitement tout autre qui avait fort bien réussi.
«M. le D' Laffore, dit-il, qui soignait la malade qui fait le sujet de ma troisième observation, lui pratiqua une saignée, lui ordonna des bains tièdes et des sels laxatifs et les symptômes menaçants se dissipèrent, l'éruption ne se manifesta de nouveau que le quatrième jour après l’accouchement. »
Jamais, dans les nombreuses observations que nous avons trouvées dans la littérature, les auteurs n’ont parlé d’un succès thérapeutique comparable à celui-là malgré les traitements compliqués qu’ils ontemployé dans ce but.
M. le D: Lafloré avait-il prescrit ce traitement d'une manière empirique ? Ou, poussé par des symptômes particuliers chez sa malade, pensait-il à une intoxication ? Nous l’ignorons.
Nous sommes heureux néanmoins de signaler ce succès thérapeutique quand cela ne serait que pour la rareté du fait. Hâtons-nous de le dire cependant, cet arrêt dans les symptômes de la dermatose gravidique autotoxique est communément observé par ceux qui, sur l'exemple de M. le professeur Pinard,
1, Annales de Dermat. el de Syph., 1888.
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sont convaincus de l’origine toxique de celle-ci et font suivre aux parlurientes qui en sont atteintes le traitement toujours appliqué avec succèsà la clinique Baudelocque et que voici: Mettre la malade au repos
complet au lit, au régime lacté absolu et lui donner de temps en temps des purgatifs doux ou des laxa- 1 tifs. Les malades soignées ainsi sont rapidement soulagées, le prurit diminue et elles peuvent enfin goûter un sommeil réparateur si nécessaire pour l’heureuse 11 prolongation de leur grossesse jusqu’à terme. à
Comme le fait d'ailleurs si justement remarquer ê M. le D' Sauvage, dans son observation déjà citée, 4 bien que les femmes atteintes de la dermatose gravi- pe dique autotoxique, ne suivant aucun traitement, ne courent évidemment aucun danger sérieux élles sont me sujettes néanmoins à des accidents qui peuvent gra- | vement compromettre leur propre santé mais surtout celle de leurs enfants et la vie même de ceux-ci. Mn |
La femme qui fait le sujet de son observation est un exemple frappant de cette fâächeuse conséquence.
Cette femme s’était présentée à la clinique Baude- TK F locque seulement à l'apparition des premières dou- | leurs annonçant le travail ; on n’avait donc pu faire ë suivre aucun traitement. Elle était atteinte de dermatose depuis plusieurs mois.
Par suite de la fatigue excessive que lui avait occasionnée l’insomnie prolongée à laquelle l'avait condamnée les démangeaisons incessantes de cette affec- b tion ; par suite des douleurs violentes et de la fièvre que lui avait causées un abcès du sein consécutif à
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une infection secondaire à des lésions de grattage dans cette région elle accoucha prématurément au début du huitième mois de sa grossesse de deux enfants, l’un du poids de 1.800 grammes et l’autre de 1.700 grammes, tous les deux évidemment destinés à une mort prochaine.
Voilà à quelle conséquence terrible a aboutile manque de soins chez cette femme.
Il ne faudrait pas croire d’ailleurs que le fait, rapporté par le D' Sauvage, soit une rareté : on en trouve de nombreux, en tout semblables, dans la littérature. En voici un remarquable et tout particulièrement frappant que rapporte le D' Canuet (1) :
«Les quatre fois que la malade a été atteinte de « dermatose herpétiforme pendant sa grossesse l’en- € fant est mort: le premier à deux mois, le second « à dix jours, le troisième à quinze jours. Celui-ci, «le quatrième, est mort le treizième jour, et depuis «le sixième jour son poids a diminué sans cause « apparente, sans diarrhée accentuée, sans accidents « pulmonaires, il s’affaiblit, dépérit et, mis dans une «couveuse, il meurt quand même. »
Remarquons le genre de mort de ces quatre enfants en spécifiant bien, comme l’a fait le D' Canuet, que cette femme n’était pas syphilitique et que ses enfants n’ont présenté aucun signe de spécificité.
À quoi pouvons-nous attribuer leur mort si ce