‹ Dermatose Gravidique AutotoxiqueChapitre 19 sur 40 · D INT · texte numérisé non relu

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Jamais nous n’avons trouvé d'observation de dermatose gravidique autotoxique parlant d'éruption à la face ; jamais on a signalé d’alopécie, ni de chute des ongles des doigts et des orteils ; et la fièvre dans cette maladie, même après infection secondaire et . abcès, ne s’est jamais maintenue à 39 degrés comme l’a observé M. Mélot pour sa malade.

Nous affirmons donc avec M. Brocq que l’herpès gestalionis forme une entité morbide bien nette et distincte de la dermatite herpétiforme de Dühring qu'il appelle dermatite polymorphe prurigineuse chronique à poussées successives.

DISCUSSION DES THÉORIES PATHOGÉNIQUES DE LA DERMATOSE GRAVIDIQUE OU HERPÈS GESTATIONIS

Maintenant que nous connaissons tous les caractères cliniques qui font de la dermatose gravidique . autotoxique une affection bien définie et nettement séparée des autres maladies qui peuvent présenter aussi des lésions cutanés, nous allons tâcher de montrer par quelle théorie pathogénique ils sont le plus clairement expliqués.

Trois théories se trouvent en présence :

La théorie microbienne ou parasitaire,

La théorie nerveuse,

La théorie autotoxique.

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Discussion de la théorie microbienne ou parasitaire

La première, la théorie microbienne, n'est plus défendue aujourd’hui par personne et il nous sera facile de montrer que la dermatose gravidiquen'’a en effet aucun des caractères d’une maladie infectieuse.

L'apparition de cette affection, coïncidant toujours avec l’élat de la grossesse aux différentes époques, et suivant les diverses modalités que nous avons exposées, ne nous permet pas de lui donner comme cause un microbe ou un parasite. Le principal caractère des maladies microbiennes ou parasitaires est de frapper en effet n'importe quel sujet dans quelque situation qu'il se trouve et quel que soit son âge. Cette coïncidence seule avec la grossesse, constatée maintenant un si grand nombre de fois, est une preuve qui pourrait suflire à rejeter l'idée d'une infection.

L'évolution, la durée et surtout la chronicité toute spéciale que présente toujours cette dermatose ne concordent nullement avec l’idée d’un agent étranger à l’état puerpéral, car on constaterait certainement alors des atteintes se produisant en dehors de l’état de grossesse.

Les symptômes généraux de cette dermatose ne concordent guère non plus avec ceux des fièvres infectieuses. Nous ne retrouvons chez elle ni les frissons, ni la fièvre périodique ou intermitente ni les

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hémorragies, jamais la tuméfaction du foie ou de la rate.

L'examen bactériologique du sang et du liquide des bulles ou des vésicules, fait plusieurs fois par Leredde, par Gastou (1), ainsi que par MM. Tête et Vadam, internes de M. le professeur Hallopeau, n’a jamais permis de découvrir un microbe quelconque.

Des ensemencements n’ont donné aucun résultat positif, à part l'apparition de colonies de staphilocoques dorés, microbes provenant d’une infection secondaire banale.

L'infection ne peut très vraisemblablement pas provenir non plus d’un microbe non encore découvert et transporté par les mouches ou les moustiques; car on aurait alors constaté comme pour le paludisme oule choléra une épidémie ou une recrudescence de la dermatose à des époques et dans des régions déterminées. Aucune observation de ce genre n'a été faite.

L'examen des urines n’est pas en faveur d’une infection. Alors que dans les maladies microbiennes on constate habituellement une Lyperazolurie accentuée, M. Perrin (2) dit avoir toujours constaté de l’hypoazoturie.

Tenneson, Bar, Hardouin (3), quia traité de cesujet dans sa thèse, ont toujours obtenu le même résultat.

Donc tous les caractères de l’affection qui nous occupe, le moment de son apparition, son évolution,

ret2. Annales de Dermat. etde Syph., 1896, p. 375, 2. Thèse, Paris, 1894-1899.

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