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De plus, ef c'est là qu'apparait l'influence du système nerveux, si la parturiente est une femme nerveuse, impressionnable, après avoir ressenti une. émotion, elle réagira plus violemment qu'une autre, et le trouble du fonctionnement de ses organes internes augmentera, comme nous l’avons indiqué tout à l'heure, et l’intoxication s’accroîtra d'autant plus de ce fait. ;
Mais, si l'excitabilité nerveuse spéciale tend à favoriser l'intoxication de l'organisme en cas de shock moral, elle est cause aussi que le système nerveux subit facilement, par contre, l'influence de cette dernière.
En effet, alors que, chez une parturiente dont lesystème nerveux est difficilement irritable, l’intoxication se manifestera par des maux de têtes, des douleurs lombaires et de l’albuminurie et, en dernier lieu seulement, par des crises éclamptiques; chez une nerveuse qui, sans être hyslérique ni épileptique, a cependant des signes d'une émolivité très grande et d’une tare nerveuse, l’ixloxicalion, même peu accenluée, produira par irritation de ces nerfs périphériques un prarit violent et une éruption épidermique, manifestations habiluelles de la réaction du système nerveux à toutes les intoxications de quelque origine qu'elles soient.
Enfin il est facile de comprendre qu’il ne sera pas nécessaire qu'une émotion vienne augmenter l'intoxication et ébranler le système nerveux pour que chez une femme nerveuse qui est aussi dyspeptique et
ee re dont le foie fonctionne mal {a grossesse seule par le trouble habituel qu'elle produit dans les organes et sur le système nerveux, puisse amener la prodnction de toxines capables, en irritant les nerfs sensibles du sympathique, de produire les phénomènes subjectifs et les lésions cutanées observées habituellement dans la dermatose gravidique autotoxique.
Ce quiprouve bien également qu'une émotion violente n’est pas suffisante ni même nécessaire à la production d’une dermatose, c’est que toutes les personnes qui ont eu des éruptions à la suite d'un shock moral quelconque sont en même temps, si on les examine avec soin, des malades non seulement au point
de vue nerveux, mais encore au point de vue des fonctions digestives, hépatiques ou rénales.
Si on les interroge sur leur estomac elles se plaignent habituellement de la longueur de leurs digestions ou de leur peu d’appétit : ce sont des dyspeptiques ; si on examime leurs urines on reconnait qu'elles présentent les signes d’un mauvais fonctüionnement du foie, on y trouvele plus souvent: une diminution de l'élimination azotée, de l'urobiline du sucre et de l'indican. Elles présentent en un mot les symptômes principaux de la diathèse qu'ont dernièrement mis en évidence MM. Gilbert et Lereboullet sous le nom de « cholémie », diathèse provenant, d’après ces auteurs, d’une légère insuffisance hépatique congénitale ou acquise.
Or il est indéniable que les parturientes atteintes de dermatose gravidique autotoxique ont toujours
présenté des symplômes dyspeptiques et les plus importants des signes d'insuffisance hépatique.
Tous les auteurs (1), qui ont fait l'analyse des urines dans le cours de cette affection, ont trouvé une hypoazoturie marquée et souvent de l’urobilinurie et de l’indicanurie ; {a glycosurie existait souvent aussi. La toxicité du sérum sanguin était toujours augmentée. Il nous paraît donc logique de conclure que, dans tous les cas de dermatose pendant la grossesse, le système nerveux n’a eu que le rôle d'une course déterminante mais non suffisante à elle seule, et que la cause pathogénique la plus importante peut être de l'affection, a été l’auto-intoxication de l'organisme par les déchets des matières azotées non détruits ni éliminés.
Nous savons que les lésions cutanées des érythèmes dans les dermatoses sont attribuées par les classiques à l’action du système sympathique sur les vaisseaux de la peau. ;
Les partisans de la pathogénie exclusivement nerveuse de l'herpès gestationis n’ont pas manqué de faire valoir cet argument en faveur de l'influence du système nerveux dans cette affection,
Nous verrons plus loin de quelle manière on peut comprendre l'influence de l’intoxication sanguine
sur le syslème nerveux sympathique pour la produc-
1. Hardouin, thèse 1901, — Perrin, thèse, 1894, — Boissard, Bar, Lepage.
lion des phénomènes vaso-moteurs permettant la formation des érythèmes et des vésicules.
De plus il ne nous semble pas admissible que les phénomènes vaso-moteurs produits par un shock moral puissent persister pendant des mois comme durent les éruptions successives de la dermatose gravidique ; ou alors il faudrait supposer une lésion importante des centres nerveux qui n’a jamais été trouvée dans aucune autopsie d’abord et qui d’ailleurs, si elle existait, aurait provoqué des poussées éruptives en dehors de l’état de grossesse et d’une durée bien plus longue et enfin ne concordant nullelement avec cet état.
Lorsque l'on a constaté une éruption émotive chez une femme non enceinte qui avait été auparavant atteinte d’herpès gestationis, celle-ci n’a jamais duré qu'un espace de temps très court et ne s’est pas reproduite sans qu’un autre ébranlement nerveux ne soit venu provoquer de nouveaux troubles vasomoteurs. À
Enfin, nous le répétons, ces dermatoses mêmes passagères ne se sont jamais produites que chez des personnes dyspeptiques ou souffrant de troubles viscéraux évidents et le frouble nerveux d'origine psychique n'avait donc, dans ces cas, que le rôle de cause occasionnelle, déterminante, provoquant une augmentation brusque de l’auto-intoxication latente et une décharge par la peau des toxines en circulation dans le sang.
Que dirons maintenant les partisans de la patho-
“Li génie exclusivement nerveuse de l'herpès gesta-. tionis pour placer sous l'influence du système nerveux les dermatoses gravidiques au début desquelles on ne peut trouver trace, ni d'émotions, ni de shock moral ayant ébranlé celui-ci, ni dans les antécédents héréditaires ou personnels des malades, une maladie nerveuse quelconque.
Nous savons bien que M. le D' Brocq a dit que l'éruption de l'herpès gestationis pouvait provenir « de l’irritation des nerfs utérins par l'état de grossesse » mais cette opinion n’a pas été défendue sérieusement même par luiet il a dit après (1):
«Ce qui paraît, malgré l'insuffisance de documents « précis, assez bien établi par l'examen attentif des « seuls faits cliniques, c’est que le système nerveux « joue un rôle quelconque dans le mécanisme de « production des phénomènes cutanés. »
Nous voyons qu'icile Dr Brocq se joint à tous les autres partisans de la théorie nerveuse qui, comme nous l'avons déjà dit, s'appuient surtout sur les caractères éruptifs de l'herpès gestationis pour affirmer l'action du système nerveux. Néanmoins il se rapproche beaucoup de lopinion de M. le professeur Pinard comme de la nôtre quand il ajoute : « Que ce rôle soit primitif et que l'affection soit une « dermato-neurose pure ou qu’il soit secondaire à « l'action sur le système nerveux d’un microbe ou