Annales de Dermat. et de Syph
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« d'une leucomaïne cause première, c'est ce que nous
« ignorons complètement. »
Du rôle du système nerveux dans la production des
lésions cutanées
Nous allons voir comment, avec la théorie de l’autointoxication, avec l'hypothèse de leucomaïnes en circulation dans le sérum sanguin, il est facile d’expliquer le pruril, les vésicules, et leur localisation symétrique ; et, nous aidant encore des idées de M. le D' Leredde, sans adopter complètement sa manière de comprendre la formation des lésions cutanées, nous montrerons qu'ici encore le rôle du système nerveux n’est que secondaire.
« Depuis longtemps, dit M. Leredde, les dermato- « logistes ont reconnu le rôle des agents toxiques « dans la pathogénie des érythèmes et du purpura. & L'urticaire à la suite d'intoxications digestives ou « chez les individus atteints de fermentations gastri- «ques s'explique naturellement à son origine par «des actions toxiques. »
« Le prurit, associé aux dermatoses, résulte sim- € plement de l’action directe des agents toxiques sur « les extrémités nerveuses. I faut en effet chercher « si aucun phénomène pathologique ne précède le € prurit et ne l'explique. Dans l'hypothèse de la pré- « sence d'agents toxiques au niveau de la peau rien € n’est plus facile. Ces agents irritent les extrémités « des filets sensitifs. Nous avons fait allusion ailleurs
« à la sensibilité des cellules endothéliales des capil- « laires, des cellules fixes du derme et des cellules € lymphatiques, nous n'avons pas oublié qu'il exis- « tait des filets nerveux dans les régions irritées. Que « ces filets nerveux puissent être irrités par les corps « toxiques, il serait surprenant qu'il en fût autre- « ment. »
Nous sommes jusque-là complètement de l’avis du D: Leredde et nous croyons que les démangeaisons intolérables de l'herpès gestationis sont ainsi produites par les toxines amenées à la périphérie par la circulation sanguine.
Mais où nous trouvons que cet auteur émet une hypothèse hasardée c’est lorsqu'il veut enlever toute action au système nerveux sympathique dans la production des phénomènes vaso-moteurs des érythèmes et dans la formation des vésicules et des bulles.
« Nous contestons, dit-il, qu'une irritalion d'ori- « gine cutanée ou viscérale agisse sur les conduc- « teurs centripètes pour déterminer par la voie « centrifuge du système nerveux vaso-moleur les « lésions des érythèmes. »
« Toutes les lésions des érythèmes s'expliquent « par une action directe des poisons solubles sur les « éléments vasculaires (cellules de la paroi, globules blancs) et les éléments du tissu conjonctif. »
Pourquoi ne pas reconnaître dans ce cas le rôle du système nerveux sympathique découvert par Claude Bernard. II nous semble bien plus logique d'admettre que les filets sensitifs remplissent ici le rôle qui leur
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est toujours reconnu, celui de porter aux centres nerveux les impressions de la périphérie. Pourquoi ne pas croire ensuite que les cenires réagissent par la voie centrifuge en produisant les phénomènes vasodilatateurs qui amènent la congestion de la peau et la transsudation du sérum sanguin dans le derme, augmentent la diapédèse des globules blancs et produisent ainsi la formation des vésicules.
, Puisque nous pouvons prouver facilement l'existence de produits toxiques dans le sérum sanguin; non seulement, parce que l’hypoazoturie, constamment observée dans l’herpès gestationis, nous permet d'en supposer l'existence ; mais encore par le résultat concluant d’expériencesfaites par MM. Tarnier et Chambrelent (1) sur la toxicité du sérum sanguin chez des parturientes atteintes de toxémie.
M. le D'(2) Boissard, a lui aussi, constaté, par des injections intra-veineuses faites à des lapins, que la toxicilé du sérum sanguin, chez une femme non albuminurique, présentant des symptômes de toxémie, sans crise éclamptique, était considérablement accrue landis que la toxicilé urinaire était diminuée.
Pourquoi n’admettrions-nous pas, en effet, que ces toxines circulant dans les capillaires sanguins produisent l'irritation des filets sensitifs et par réflexe la vaso-dilatation de ces vaisseaux.
De même n'est-ce pas ces mêmes leucomaïnes qui