ACTE PREMIER
LE MARQUIS, avec vivacité.
Je voulais vous le faire direl En êtes-vouslà? Je n'osais pas le croire ! Une femme telle que vous et à un homme tel qu'Armand?... Oh I n'espérez pas que je vous facilite une pareille entreprise!... Gertes: je vous suis bien dévoué, mais j'aime aussi votre mari... Voyons, songez qu'il vous faudra révéler votre secret, dévoiler votre faiblesse, montrer votre douleur, et à qui?... à quel abject confident...
LA COMTESSE, avec une expression de dégoût.
Oui, voilà jusqu'où la perte de la confiance et de la sécurité peut faire descendre!... Mais en suisje responsable? (Avec force.) Attaquée, je me défends.
LE MARQUIS
Par de mauvais moyens!...
LA COMTESSE
Eh ! Par ceux que je trouve. Une dernière fois, VOUS me refusez votre concours ?
LE MARQUIS
Absolument.
LA COMTESSE
Je m'en passerai donc.
LE MARQUIS
Songez que le procédé dont vous allez user, est un de ceux qu'un homme, du caractère de votre mari, pardonne le moins facilement.
LA COMTESSE
S'il est innocent, il l'ignorera. S'il est coupable, que m'importe !
LE MARQUIS
Applaudissements et acclamations à la cantonade. Tenez! pendant que nous causons, vos comédiens
sont acclamés, et votre fête devient un triomphe !
LA COMTESSE, amèrement.
C'est bien là l'image de la vie: des joies vaines qui cachent de vraies douleurs.
Vous avez des devoirs à remplir... Allons... voici qu'on sort des coulisses.
Il la conduit jusqu'à la porte du fond. Acclamations nouvelles à la cantonade.