LUCIE, LA COMTESSE
LUCIE, montrant ses vêtements noirs.
Madame, excusez-moi si je ne voulais pas vous recevoir... mais vous le voyez, je suis dans la tristesse... et je cherche la solitude,
LA COMTESSE, l'examinant.
On m'a dit que vous veniez de perdre une personne que vous aimiez tendrement.
Oui, madame.
LA COMTESSE
Et vous voilà seule, livrée à vous-même, si jeune!... (Avec une émotion croissante, à demi-voix, comme à elle-même.) Je pourrais avoir une fille de cet âge... Gomment ne l'aimerait-on pas?
Elle étouffe un sanglot.
LUCIE, sans bouger de place.
Oh! madame... vous pleurez?. J'ai mal compris ce que vous venez de dire... mais vous avez delà peine...
Elle veut aller à elle. La comtesse fait un geste pour la repousser.
LA COMTESSE
Rien! rien... Un souvenir I
LUCIE
Vous aussi, vous avez souffert...
LA COMTESSE, d'une voix sourde.
Cruellement. (Reprenant possession d'elle-même.) Mais ne parlons point de moi... parlons de vous... Ainsi seule au monde?
LUCIE, s'assied à droite de la table.
Tout à fait seule, si la Providence n'avait pas envoyé près de moi, pour me servir, m'encourager et me conseiller, l'ami le plus dévoué.
LA COMTESSE, avec émotion.
- M. de Fontenay.
Oui, madame... Mais expliquez-moi..- Il vous a dit...
LA COMTESSE, l'interrompant.
Quel vif intérêt il vous porte...