‹ Dernier amour (volume 2)Chapitre 41 sur 91 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LUCIE

Vous ne pouvez vous figurer combien il a été bon pour moi, pendant ces tristes jours... C'est à lui que j'ai dû de ne pas tomber dans le plus profond découragement. Jusque-là il m'avait témoigné beaucoup d'intérêt, ainsi qu'il vous l'a dit, mais c'est de cet instant seulement que j'ai pu comprendre qu'il avait une réelle affection pour moi.

LA. COMTESSE, la regardant profondément.

Et combien y a-t-il de temps que vous connaissez le comte?

LUCIE, un peu étonnée.

Mais trois mois, à peu près... J'arrivais d'Amérique, et je n'étais pas encore installée ici, quand je l'ai vu pour la première fois.

LA COMTESSE

Et il vous aime?

LUCIE

Gomment en pourrais-je douter, après toutes les preuves d'affection, de dévouement qu'il vient de me prodiguer?...

LA COMTESSE, avec vivacité.

Oh! mais comprenons-nous bien... Vous aime-t-il assez pour être prêt à tout sacrifier pour vous?

LUCIE, s'animant peu à peu.

La singulière question! Et quel changement d'attitude!...

LA COMTESSE

Ah ! Répondez...

LUCIE

Vous avez dit, madame, en entrant chez moi, que VOUS veniez de la part du comte de Fontenay, et je vous ai accueillie comme je l'aurais accueilli lui-

même. Mais voilà que vous autorisant de cette confiance, vous voulez pénétrer le secret de ma pensée. Eh bien! c'est fini, il ne me plaît plus de vous répondre...

LA COMTESSE, avec âpreté.

"Vous rougissez donc de ce que vous auriez à dire?

Moi?

LUCIE

LA. COMTESSE

Oui, vous! Oh! maintenant, assez de précautions et de ménagements!... Parlons franc et parlons net... J'ai intérêt à savoir ce que le comte Armand fait ici, chaque jour... Et je n'en sortirai pas avant de connaître la vérité.

LUCIE, avec force.

Si je vous comprends bien, car ce que vous me faites entendre est assez nouveau pour moi, vous désirez savoir quel genre d'intérêt le comte veut bien me porter,.. C'est cela, n'est-ce pas? Eh bien! madame, il m'est facile de vous satisfaire. Jusqu'ici M. de Fontenay m'a témoigné l'intérêt cordial et attentif qu'on doit à une parente qui a besoin de conseils et de protection. Je lui en garde une très vive reconnaissance. En dehors de cela, tout ce que vous avez pu supposer est injurieux et faux.

LA. COMTESSE, avec stupeur.

Sa parente!... Vous êtes sa parente?...

LUCIE, avec animation.

Doutez-vous de ce que j'affirme? Sa mère était sœur de la mienne...

LA COMTESSE, avec douceur.

Mademoiselle, je vous crois et je vous prie de me pardonner.

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