‹ Dernier amour (volume 2)Chapitre 44 sur 91 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

LA COMTESSE

Moins précieuse, je l'espère, que l'amitié du comte et que la mienne.

LUCIE

Entre cette amitié et ma solitude, dois-je donc choisir?

LA COMTESSE, avec fermeté.

Ne le comprenez-vous pas? A compter de l'heure où nous avons fait la lumière sur notre situation réciproque, il ne peut plus exister de relations séparées entre mademoiselle Andrimont et le comte de Fontenay. 11 faut que mademoiselle Andrimont vienne, comme c'est son droit, chez la femme, ou qu'elle cesse de recevoir le mari. Gomment justifieriez-vous, aux yeux du monde, une intimité dont je paraîtrais exclue, puisqu'on ne vous verrait pas dans ma maison? Toute conduite irréprochable exige une situation nette. Cette situation, je vous l'offre, venez auprès de moi: vous serez ma fille. Et quand on nous verra l'une près de l'autre, ceux qui se seraient risqués à médire, ne songeront plus qu'à approuver.

Tout ce que vous me dites là, madame, est très juste et très vrai. Mais mon esprit n'y était point préparé, et je" suis fort troublée... Laissez-moi le temps de réfléchir, et croyez, quel que soit le parti que j'adopte, que ce sera celui qui m'aura paru le plus digne de vous et de moi.

LA COMTESSE

J'ai confiance en votre raison... Quand vous reverrai-je?

LUCIE

Chez vous, madame, lorsque j'aurai pris ma ré-

solution, et soyez assurée que, quoi qu'il arrive, ce qui s'est dit entre nous aujourd'hui, ne sortira jamais de ma mémoire.

LA COMTESSE

Au revoir, alors.

LUCIE

Oui, madame, au revoir.

La comtesse sort.

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