‹ Dernier amour (volume 2)Chapitre 46 sur 91 · LUCIE, ARMAND · texte numérisé non relu

LUCIE, ARMAND

ARMAND, la voyant debout et un peu troublée.

Vous ne m'attendiez pas si tôt, Lucie.

LUCIE, tranquillement.

Vous pouvez venir quand il vous plaît : je vous attends toujours.

ARMAND, l'observant.

Cependant vous n'êtes pas toujours seule.

LUCIE

D'où vient cette remarque?

De ce qu'en arrivant j'ai vu de loin une femme refermer la grille, puis monter dans une voiture arrêtée près de la petite rue...

LUCIE

Et vous n'êtes pas, avouez-le, sans quelque étonnement.

ARMAND, souriant.

C'est vrai. .J'étais habitué à vous considérer un peu comme la Belle au bois dormant... Autour de vous le mYstéi*e et la solitude.

LUCIE, de même, mais nerveuse.

De sorte que, la subite apparition d'une créature vivante et agissante, dérange votre quiétude I Je regrette beaucoup que vous ne soyez pas arrivé cinq minutes plus tôt, vous vous seriez rencontré

avec la visiteuse imprévue, et vous auriez été inquiet pour quelque chose...

ARMAND, très agité.

Que voulez-vous dire?.,. Qui doue sort d'ici?

LUCIE, rudement.

La comtesse de Fontenay.

ARMAND, avec stupeur.

Ma femme!...

LUCIE

Un jour ou l'autre, n'était-ce pas inévitable?

Lucie!... Ne me condamnez pas sans m'entendre!...

LUCIE, ironique.

i^ Vous condamner? Et à quel propos? Ai-je lieu (le me plaindre? Amie du mari d'abord, et ensuite amie de la femme!... Que pourrais-je ambitionner de plus?

Lucie... je vous en conjure... Vous me mettez à une cruelle épreuve... Cessez ce persiflage. Ne dissimulez pas avec moi.

LUCIE, avec hauteur.

Dissimuler? Qui vous permet de penser que je me donne cette peine?

ARMAND

Ah! vous vous fâchez? A la bonne heure! J'aime mieux votre colère que votre ironie... Vous m'en voulez, et je conviens que vous êtes dans votre droit. Eh bien! expliquons-nous, donnez-moi les moyens de plaider ma cause. Je pense vous avoir montré assez d'affection pour mériter d'être traité avec plus d'indulgence.

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