ACTE TROISIEME
je n'impose rien... je n'exige rien... je supplie... Par grâce, Lucie j un mot, un mot, qui me tue ou me fasse vivre.
LUCIE
Madame...
LA COMTESSE
Ah! N'hésitez pas, parlez hardiment, quoi qu'il puisse arriver.
LUCIE, lentement.
Ainsi, en acceptant d'épouser celui que vous m'offrez, je rendrais la sécurité à votre esprit et la paix à votre cœur... Il me suffirait de vous obéir pour que vous retrouviez l'espérance et la joie. De ma réponse, avez-vous dit, dépendra votre vie... Eh bien, vivez donc... j'accepte!
LA COMTESSE, la prenant dans ses bras.
Lucie!... Mon enfant!...
LUCIE
Oui, votre enfant!... Embrassez-moi, aimez-moi, estimez-moi... Car ce que je fais, je le fais pour vous seule... L'homme que j'épouserai, je l'épouserai sans amour, mais vous retrouverez la tranquillité, vous serez heureuse, et je n'aurai rien à me reprocher !
LA COMTESSE
Ah! Tu seras récompensée... Tu es aimée et tu aimeras... L'amour appelle l'amour. Celui qui t'adore ne vivra que pour toi qui auras fait sa joie. Et la joie des autres, vois-tu, c'est encore ce qu'il y a de plus doux dans la vie.
LUCIE, gravement.
Je le sens bien.
LA COMTESSE
Quant à moi, chère fille, crois que je te remercie
de m' avoir entendue et comprise... Oh! de toute mon âme!
LUCIE
Ah! Je ne veux pas qu'on me voie en ce moment.
LA COMTESSE, l'accompagnant vers la gauche.
Val val et compte sur ma tendresse.
Lucie soi't.