ACTE TROISIÈME
temps Paul était très assidu auprès de mademoiselle Andrimont?
ARMAND
Si.
Gomme en acceptant notre hospitalité, Lucie s'était placée moralement sous ma protection, j'ai tenu à connaître les intentions de votre cousin.
ARMAND
Et il vous les a dites?
LA COMTESSE
Immédiatement.
ARMAND
Et elles sont?
LA COMTESSE
Telles que nous devions les souhaiter. Il aime Lucie et désire l'épouser.
ARMAND
Fort bien ! Mais pour que les désirs de Paul puissent se réaliser, il y a une formalité assez importante à remplir, c'est d'obtenir le consentement de mademoiselle Andrimont.
LA COMTESSE
C'est justement la mission dont Paul m'avait chargée et que j'avais acceptée.
ARMAND, cassant.
Je le regrette. Il eût certainement mieux valu vous désintéresser de cette entreprise... Je crois, et vous aviez, jusqu'à ce jour, partagé mon opinion, que le devoir d'une bonne maîtresse de mai-
son, est de juéiiager la tranquillité de ses hôtes. Avez-vous attiré mademoiselle A.ndrimont chez ■ vous pour l'exposer aux importunités de vos amis et aux vôtres?
LA, COMTESSE, après un tressaillement, s'efforçant d'être calme.
Je ne crois pas que Paul soit importun à Lucie.
ARMAND. J
Et moi je crois que vous vous trompez. '
LA COMTESSE
Connaissez-vous donc sa pensée?
ARMAND
Oui, je la connais. Gomme vous, j'avais constaté que Gravant s'occupait d'elle, et pendant que vous obteniez les aveux de l'un, moi je provoquais les confidences de l'autre.
LA COMTESSE
Et elle vous a déclaré?
ARMAND
Que Paul ne lui plaît pas... Et je ne la juge pas d'un caractère à épouser un homme sans l'aimer.
LA COMTESSE
Il y a bien des sortes d'amour. Et celui qui vient violent comme une folie n'est pas meilleur et est souvent moins sûr que celui qui naît de la raison, c'est ce que j'ai dit à Lucie. Mes arguments ont paru la toucher... J'ai insisté et enfin, malgré tout ce qu'elle avait pu vous dire, elle a fini par se rendre... Elle consent.
ARMAND
A se marier ?