CHANT DE MOUT
Laissez l’ombre mensongère ,
A qui n’attend qu’un tombeau ; Pour vous, sublime étrangère,
Il faut un amour plus beau !
Il faut le nom de patrie ,
Et les champs d’éternité;
La palme toujours fleurie,
Et l’immortelle beauté.
Il faut les rayons de gloire Et le chœur des harpes d’or ,
Les splendeurs de la victoire ,
Et Dieu pour dernier trésor.
Que m’importe que l’on m’aime !
On n’aime qu’un moribond.
Ce front va devenir blême ,
Ces yeux vitrés jusqu’au fond.
Mais mon âme , ô Dieu ! mon âme Qui s’élance avec transports...
Amis , versez sur sa flamme L’huile qui bénit les morts.