‹ Dernier chantChapitre 36 sur 55 · KL/VN · texte numérisé non relu

KL/VN

De saphir, de rubis et d’or;

C’est l’Océan qui, sans connaître La main d’un invisible maître ,

Tombe vaincu... mais gronde encor.

Oh! quelle ardeur, quelle puissance, Seigneur, dans l’âme devant voua !

Quel souffle impétueux commence Le chant qui s’achève à genoux !

Quelle fièvre dans la poitrine!

Homme, écoute-moi bien ; devine Ce qui me tûra quelque jour?...

Est-ce ta fortune ou ta gloire ,

Est-ce l’éclat d’une victoire ?. . .

O mon Dieu ! c’est mon seul amour!...

Amour!... mer immense et profonde Qui dormait au fond de mon cœur, Qui jetait cette voix qui gronde Sourde en l'abîme du malheur !

Amour que je croyais chimère , Vague que je croyais amère

ÉLAN

Et qui n’eilt vomi qu’un limon ;

Char aux nobles coursiers fidèle Dont la roue ardente étincelle ,

Mais qui n’avait pas de timon.

Et je lance aujourd’hui mes coursiers indomptables. Allons , en avant mes coursiers !

Le champ est vaste, et redoutables Sont les rivaux disputant vos lauriers.

Allons, de la vitesse;

Allons, allons toujôurs

En avant, mes coursiers, en avant, l’heure presse; Voici les derniers jours ,

Qu’importe la poussière?

Vous savez la carrière ,

En avant, en avant!

Ne perdèz pas la trace ;

Nous laissons dans l’espace Nous devancer le vent.

En avant, mes deux ailes.

Déployez-vous , mes sœurs ;

ÉLAN

Comme vous ôtes belles!

D’où viennent ces couleurs?

Que vos plumes aimées Caressent embaumées Mon front tout en sueur !

Venez , venez , sans crainte ,

Voiler ma face empreinte De sa blanche lueur !

Oh ! mon âme n’est pas toujours le météore Qui déchire la nuit;

Elle n’est pas toujours le reflet de l’aurore Qui rougit et s’enfuit ;

Elle est la flamme aussi d’un autel sur la terre , Qu’alimente le soir la vierge solitaire Toute vouée au ciel ;

Elle est la fleur pâlie au déclin de l’automne, Et l’enfant qui la craint en la cueillant s’étonne De son parfum de miel.

cantioui:.

Oui , je vous bénirai , mon Dieu ! Mon beau cantiq S’exhalera pour vous !

J’aurai, si je n'ai pas la harpe séraphique,

Ma prière à genoux.

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