KL/VN
De saphir, de rubis et d’or;
C’est l’Océan qui, sans connaître La main d’un invisible maître ,
Tombe vaincu... mais gronde encor.
Oh! quelle ardeur, quelle puissance, Seigneur, dans l’âme devant voua !
Quel souffle impétueux commence Le chant qui s’achève à genoux !
Quelle fièvre dans la poitrine!
Homme, écoute-moi bien ; devine Ce qui me tûra quelque jour?...
Est-ce ta fortune ou ta gloire ,
Est-ce l’éclat d’une victoire ?. . .
O mon Dieu ! c’est mon seul amour!...
Amour!... mer immense et profonde Qui dormait au fond de mon cœur, Qui jetait cette voix qui gronde Sourde en l'abîme du malheur !
Amour que je croyais chimère , Vague que je croyais amère
ÉLAN
Et qui n’eilt vomi qu’un limon ;
Char aux nobles coursiers fidèle Dont la roue ardente étincelle ,
Mais qui n’avait pas de timon.
Et je lance aujourd’hui mes coursiers indomptables. Allons , en avant mes coursiers !
Le champ est vaste, et redoutables Sont les rivaux disputant vos lauriers.
Allons, de la vitesse;
Allons, allons toujôurs
En avant, mes coursiers, en avant, l’heure presse; Voici les derniers jours ,
Qu’importe la poussière?
Vous savez la carrière ,
En avant, en avant!
Ne perdèz pas la trace ;
Nous laissons dans l’espace Nous devancer le vent.
En avant, mes deux ailes.
Déployez-vous , mes sœurs ;
ÉLAN
Comme vous ôtes belles!
D’où viennent ces couleurs?
Que vos plumes aimées Caressent embaumées Mon front tout en sueur !
Venez , venez , sans crainte ,
Voiler ma face empreinte De sa blanche lueur !
Oh ! mon âme n’est pas toujours le météore Qui déchire la nuit;
Elle n’est pas toujours le reflet de l’aurore Qui rougit et s’enfuit ;
Elle est la flamme aussi d’un autel sur la terre , Qu’alimente le soir la vierge solitaire Toute vouée au ciel ;
Elle est la fleur pâlie au déclin de l’automne, Et l’enfant qui la craint en la cueillant s’étonne De son parfum de miel.
cantioui:.
Oui , je vous bénirai , mon Dieu ! Mon beau cantiq S’exhalera pour vous !
J’aurai, si je n'ai pas la harpe séraphique,
Ma prière à genoux.