‹ Dernier chantChapitre 49 sur 55 · GLOIRE B1EU · texte numérisé non relu

GLOIRE B1EU

Mais, affaibli de solitude,

Vaincu, mon Dieu , par la douleur, A peine exempt d’inquiétude, Aurai-je pu montrer mon cœur ?

Ma vie , avant d’ôtre sacrée,

Tomba sanglante et dévorée Sous la dent du dragon impur;

Elle palpita dans la fange Avant que les ailes d’un ange L’emportassent aux champs d’azur.

Eh ! que pourrai-je Pour eux, mon Dieu P Et qu’entendrai-je Dans le saint lieu?

Des voix futiles ,

Des chants débiles , Des cris perdus...

Et les prophètes Parmi leurs fêtes Tout éperdus...

C LOI Tl F. A DI El'.

Au sanctuaire,

Sans nui appel ,

Le blanc suaire Couvre l’autel.

L’orgue muette Seule répète Un son le soir...

Je veux entendre ,

Je veux comprendre , Je veux répandre L’encens d’espoir...

Il tombe en cendre De l’encensoir.

üh ! ne vaut-il pas mieux briser sa harpe sainte? Quelle bouche, étouffant toute inutile plainte, Soufflera sur ces os?

Apparais donc encore , 6 sublime prophète !

Viens! commande à ces morts... car l’àme du poète Se brise à ces tombeaux.

ABANDON

Je m’abandonne à vous, Seigneur , à deux genoux , Je dirais : Je vous aime !

Si mon corps amaigri Ne vous montrait en lui Le sépulcre lui-mômc.

ABANDON

Je me lasse bientôt,

Si mon front vient trop tôt S’incliner dans le temple ; Si j’entends, plus divins, Les chœurs des séraphins Que mon âme contemple.

J’ai mon ange ici-bas ,

J’aurais suivi ses pas,

J’aurais baisé ses ailes ;

Nous aurions dit tous deux De beaux chants pour les cicux , Nos lyres étaient belles.

Mais oublions, mon Dieu...

Pourtant , dans le saint lieu , Qu’il sera solitaire!...

Vous lui parlerez , vous ;

Et, peut-être plus doux,

Ses pleurs noiront la terre.

ABANDON

Si notre cœur si pur A ce ruisseau d’azur S’était penché sans cesse,

Ce doux parfum de miel N’eût-il pas fait du ciel Oublier la promesse ?

Nous sommes tous si vains , Que les amours humains Trompent comme une aurore Qui caresse au réveil Jusqu’à l’heure où, soleil, Elle brûle et dévore.

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