PAIX
A l’autel du temple divin ;
Et, dans l’éclat qui vous inonde , Ne laisser de soi dans le monde Qu’un sillage d’or au chemin !
LA CHAPELLE
J’aime a sentir gronder mon ardente pensée , Foudre au-dedans de moi ;
J’aime à la voir descendre et remonter bercée Sur ses vagues de foi.
LA CHAPELLE
J’aime à suivre les voix qui parlent dans les ondes , Sur les grèves des mers ;
J’écoute si l’écho , dans les grottes profondes , Répond aux (lots amers.
J’aime l’immensité dans toutes ses images,
Qui me rappellent Dieu ;
Je n’aime sur mon front que les vastes nuages Qui recèlent du feu.
Et je n’ai point encor parcouru les montagnes, Chanté sur un volcan ;
Et mon âme n’a pu , le long de ses campagnes , Porter qu’un Océan.
Je voudrais agrandir l’horizon que j’aspire,
Le charger de mes pleurs ,
Jeter au vent des airs ce beau luth qui soupire au milieu de mes (leurs. • ‘ • • •
Mais les fleurs, les parfums , doux et fidèle emblème De ma vie aujourd’hui , -
LA CHAPELLE
SS
Ma mousse et mon ruisseau , c’est là tout ce que j’aime , Le reste m’est ennui.
Et j’aime vers le soir prier à ma chapelle ,
Ma chapelle d’amour ,
Où d’un feu trop ardent chaque vive étincelle Vient s’éteindre à son tour.
Et je trouve la paix devant ma vierge blanche ,
Blanche comme un beau lis ;
Il me semble souvent que sa tête se penche ,
Et qu’elle dit : « Mon fils! »
Et le ciel est bien pur ! et bien frais le rivage Après des pleurs bénis ;
On peut laisser alors errer dans le nuage Ses désirs infinis.
Et bientôt la prière en un hymne rassemble Nos hymnes isolés;
Ensemble nous aimons , et nous prions ensemble Le Dieu des exilés.
RECONNAISSANCE
Coulez , source de poésie Qui surabondez dans mon cœur ; Coulez , ô Ilots purs d’ambroisie Qui m’enivrez de mon bonheur ; Coulez , répandez sur le monde Cette paix du ciel qui m’inonde ,
RECONNAISSANCE
Cet espoir qui m’a consolé.
Allez renier ma tristesse ,
Allez dire enfin mon ivresse ,
L’ivresse du pauvre exilé !
Coulez , coulez avec mes larmes ,
Car des larmes sont dans mes chants , Mais combien elles ont de charmes !
Quels accords légers et touchants S’échappent de ma douce lyre !
Quel transport d’amour! quel délire!
Mon Dieu ! qu’ai-je donc fait pour vous ?
Ma vie entière m’épouvante...
Et d’où vient qu’aujourd’hui je chante Un si beau cantique à genoux?
D’où vient qu’à ce môme rivage Où se sont flétris bien des jours ,
Où le soir un éclair d’orage Dans l’azur reluisait toujours ;
D’où vient , dans ces rochers si sombres Qui sur mon front jetaient leurs ombres
RECONNAISSANCE
Comme un mystérieux, linceul ;
D’où vient cette joie inconnue ?...
Voici- la nuit. . . l’épaisse nue. . .
L’Océan gronde... et je suis seul...
Mon Dieu ! je sens votre présence , Votre souffle est autour de moi , Vous me parlez dans le silence ;
Je sens les ailes de la foi M’enlever par-delà la terre ;
Mon àme n’est plus solitaire ,
Des anges volent à l’entour...
J’entends de sublimes cantiques :
Les saints , les prophètes antiques Mêlent leurs voix à mon amour.
Gloire ! gloire au Dieu qui m’accable D’un torrent de félicité !
Qui jette à mon désert de sable Ces sources d’immortalité !
Gloire à l’Océan son ouvrage ,
Qui montre une incomplète image
reconnaissance.
De son immense profondeur !
Gloire à tous ces astres sublimes !
Gloire aux monts , aux vastes abimcs Qui sont vos échos , ô Soigneur !