‹ Dernier recueil de notes historiques et archéologiques concernant le Département de la SeineInférieure et plus spécialement la ville de RouenChapitre 1 sur 19 · SUR LA CHAPELLE DU LYCÉE CORNEILLE · texte numérisé non relu

SUR LA CHAPELLE DU LYCÉE CORNEILLE

On aime assez, de notre temps, à mettre, au moins par la pensée, une date précise, analogue à une date de naissance, un nom d'artiste, sorte d'attestation de paternité, sur chacun des monuments auxquels on reconnaît quelque valeur artistique ou archéologique. C'est un sentiment qui nous paraît aussi naturel que celui qui nous porte à nous enquérir de ceux qui, à notre insu, ont eu l'occasion de nous obliger; et il faut convenir qu'auteurs et ouvriers de tout genre prennent, à l'heure qu'il est, toutes les précautions imaginables pour qu'a l'avenir, notre curiosité, en ce qui les concerne, soit amplement satisfaite. Sur ce point, nous différons sensiblement de nos prédécesseurs. Ils prenaient un monument pour ce qu'il était en luimême, sans trop s'inquiéter de savoir à quelle époque il avait été élevé, ni comment s'appelaient ceux qui en avaient conçu le plan ou dirigé la construction. Ils nous ont laissé ainsi une foule de problèmes à résoudre, et il est à craindre que, pour beaucoup, la probabilité ne tienne lieu toujours de certitude. C'est un problème de ce genre que nous fournit la chapelle du collège de Rouen ; il y aurait, à mon sens, intérêt à l'étudier, parce que, si elle ne saurait passer pour un édifice de premier ordre, elle se recommande pourtant à l'attention comme un type, unique dans ce pays, d'une architecture nouvelle, parfaitement appropriée à sa destination.

Dans sa Description de la Haute-Normandie, Dom Toussaint Duplessis la qualifie de c très belle église ». Avant lui, l'historien de Rouen, Farin, dont le témoignage a été. du reste, reproduit sans restriction par ses continuateurs, en parle avec le sentiment de l'admiration la plus vive, et il est à croire qu'il n'a fait qu'exprimer l'opinion de ses contemporains.

« Ce beau temple, dit-il, est d'une structure magnifique, bâti à la corinthienne, spacieux, bien percé et presque rond, représentant la figure d'une quarte-fueille, ou plutost d'un tréfile, à cause de la nef qui est un peu plus longue, et, ce qui est surprenant, il n'y a que quatre piliers assez menus qui estant au milieu de l'Eglise font un carré parfait en son genre, supportent tout ce bel ouvrage et soutiennent quatre grands jubez également distans, ayant de belles vitres au-dessus et au-dessous qui donnent une grande clarté aux voûtes qui sont à double étage et bien travaillées. •

M. l'abbé Cochet, dans son Répertoire archéologique de la Seine- Inférieure, en a donné une description très détaillée, à laquelle nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer ceux que la description de Karin ne satisferait pas complètement. Par le soin qu'il a mis a la rédaction de son article, notre savant prédécesseur a témoigné assez de l'intérêt que, comme archéologue, il prenait a ce monument. Nous ne doutons pas que, plus d'une fois, il n'ait déploré l'état de délabrement ou on le laisse depuis si longtemps, et qui contraste étrangement avec l'aspect de toutes les églises de celte ville.

Après lui, et tout récemment, M. Beuchot s'est occupé de Cw'tte même chapelle, dont il lait honneur à un fameux architecte de la compagnie de Jésus, Etienne Martellangc, auquel on doit la construction d'un assez bon nombre d'édifices du même genre.

Il en parle en ces termes, dans une Notice consacrée à

cet artiste et insérée au 47 e volume de la Bibliothèque de r Ecole des Chartes, p. 49 :

c Collège de Rouen. — L'église des Jésuites, encore debout, et qui est actuellement celle du lycée Corneille, a une façade dans les données de Martellange. Elle se compose de deux ordres superposés; le bas a deux pilastres et deux colonnes cannelées faisant avant-corps. Entre les pilastres et les colonnes, deux niches avec statues des saints Louis et Charlemagne. En haut, quatre pilastres ioniques. Le fronton était démesuré; la figure allégorique qu'il contenait est aujourd'hui très fruste.

» Si Martellange ne consigne rien dans son Album de voyage, il donne toutefois deux plans de l'église du collège (Hd Lb, fol. 2o5 et 207). Y aurait-il grand risque à le croire l'auteur de cet édifice dont l'architecte est inconnu? Lui, qui avait travaillé à Rennes, eût pu très bien venir a Rouen, ou tout au moins fournir son idée. Une pièce nous générait pourtant, c'est celle du même volume, folio 254, émanant du R Dcrand. La question est intéressante, elle mérite qu'on l'étudié à loisir. En tout cas, le plan en question est ainsi signé : c Reverentia; vestrae servus in Christo, Franc. Derand. • Et, dans ses remarques, le célèbre architecte note soigneusement l'état des œuvres à la fin de «62 5 : Typus ecclesice collegii Rothomagensis inchoatee uti erat sub fincm anni 16 2 5. Ce plan était envoyé au P. Baltazar, assistant de France à Rome. Toutefois, les constatations d'état devancement étaient-elles toujours laites par l'architecte primitif? Nous ne le croyons pas : Derand pouvait n'être appelé que pour un travail d'inspection et n'avoir point donné le plan de construction » (1).

(1) François Derand, né à Metz en i58S, décédé à Àgde le au octobre 1644. On a de lui l'Architecture des voûtes ou l'Art des traits et coupes des voûtes, traité remarquable et plutteura fois réimprimé.

Disons tout d'abord que ce que dit M. Beuchot de la chapelle du collège s'applique h une partie de cet édifice, postérieure a Martcllange et à Derand, comme on va le voir par la suite de cette note. Pour la partie, certainement construite du vivant de ces architectes, il y a une objection assez sérieuse à taire contre Martcllange; et il est absolument nécessaire de réduire, dans de fortes proportions, la collaboration de Derand. Ce qui semblerait exclure Martcllange, c'est que, dans remploi que ce religieux fit de son temps par ordre de ses supérieurs, on ne trouve guère de place pour un séjour, quelque peu prolongé, qu'il ait pu faire à Rouen.

Quant à Derand. il est établi qu'il était, en t6i5,dans notre ville, au Noviciat de sa Compagnie, pour sa troisième année de probation. Mais, comme, d'autre part, il est avéré qu'il n'a commencé a s'occuper d'architecture qu'en ifui, à la Flèche, où il avait enseigné les mathématiques pendant plusieurs années, et que la chapelle du collège de Rouen est, pour la grande partie, antérieure a cette époque, la part qu'il a pu prendre a l'achèvement de la construction n'a pas dû être fort considérable. Tout ce qu'il est permis d'admettre, c'est qu'il a donné un plan pour le bas de la nef et pour la façade, en observant, cependant, qu'on ne parvint jamais a terminer la nef dans les conditions qu'on s'était proposées, et que, si la façade fut commencée dès le temps de Derand, elle ne fut mise en l'état où nous la voyons que longtemps après, dans le commencement du xvnr siècle li).

(i) « Au bis Ac l'cgliftc, dit Farm, sont Jeux chipclles : l'une porte le nom de la Passion, et l'autre de Saint-Jo»eph, au-dessus descelles s.ront, d ins pju de temps, construites deux .uitrc-s eh «p.'lles iic h même svmmctric, 1.» pl.ue y itint toute dispose?. » Ces J--ux whip.-Iles n'ont pss tté faites Le* i:hipj!l<.s de la Fission et de S unt-Joseph subsistent encore, et même sou* lus m^ncs v^.ibbs, in.Kju* durement pir le* Mirdief* qui dépurent l'arJuruIte dti arv.ide*.

Comme preuve de l'antériorité de la chapelle «Ju collège à 162 5, date du séjour de Derand à Rouen, et même à

1621, année où il a commencé à s'occuper d'architecture, je citerai tout d'abord un passage de l'Inventaire du collège de Rouen, rédige aux premières années du xvm« siècle par le P. Maillard, procureur de cet établissement :

« Nous n'avons, dit-il, aucun acte, compte ny mémoire qui nous apprenne précisément ny en quel temps nostre église a esté bastye, ny par quy, ny ce qu'elle a cousté, ce qui est assez surprenant. Nous voyons seulement que la pluspart des maisons qui en occupoient l'emplacement furent acheptées en 1G10 et 1611. Nous avons de plus un brevet du Roy Louis XIII, par lequel il nous donne les démolitions du Chastcau-Gaillard à Andcly, a laquelle église il dit que la Reine, sa mère, avoit mis la première pierre. Ce brevet est du 10 aoust 161 5, ce qui prouve qu'elle estoit au moins commencée avant 161 5. Mais il faut que l'on y ait travaillé longtemps, car la maison qui estoit à l'endroit où est le portail ne fut acheptée qu'en 1626, et il paroist par un ancien mémoire, que j'ay trouvé dans des papiers de rebut, que M r l'archevesque François de Harlay, que l'on appelle la Grand Barbe, mit la première pierre du portail le 16 avril 1624. D'ailleurs, il y a dans la Bibliothèque une plaque vie cuivre qui paroist devoir estre dans l'Eglise, et qui nous apprend que Monsieur de Saint-Vincent, chanoine de la cathédrale, bienfaicteur du collège, y fit mettre la première poutre le 28 aoust 1623 (1). Il y avoit cependant quelque chose d'achevé avant ce temps-là; car, dès l'an

1622, on transporta les corps de ceux des nostre^ qui avoient esté inhumez dans l'ancienne chapelle, dans la nou-

(1) Nicolas Cavelier, curé de Saint- Vincent de Rouen, archidiacre, dc^edé au collée des Jésuito, où i\ fut enterre le i3 octobre 1G40. On l'appelait habituellement M. de Saint- Vincent, du nom de sa cure.

velle église. Cela se voit par des procès- verbaux de médecins et de chirurgiens et des vicaires-généraux de l'archevesché, par lesquels il paroist que le corps du père Antoine Dufour, qui cstoit mort procureur du collège, en 1610, ayant esté exhumé en 1622 pour esire porté dans la nouvelle église, fut trouvé non seulement sans aucune corruption, mais aussy entier, aussy sain, aussi vermeil, aussy plein d'humeur et aussi Hcxiblc que s'il fût venu de mourir, ayant mesme la langue et les lèvres aussy vermeilles que s'il eust esté vivant, quoyqu il eust esté douze ans enterré dans un cercueil entouré de chaux vive. Le corps fut même exposé tout découvert pendant six ou sept jours dans la plus grande chaleur du moisde juillet sans aucune corruption ny mauvaise odeur. De tout cecy on peut conclure que nostre église fut commencée vers 1614 ou 161 5, et achevée vers Uxib ou 1626; quand je dis achevée, c'esia-dire jusqu'au point où elle est demeurée jusqu'en l'année 1703, que le révérend père Jacques de la Baume, recteur du collège, avec le secours de messieurs ses parens et de ses amis, a fait achever la voûte au bas de l'église avec les cinq vitres du bas de l'escalier, et achever le portail qui n'étoit que commencé, ce qui luy a cousté plus de dix mille livres. »

Ce témoignage est, du reste, confirmé par ceux de Farin [Histoire de Rouen, édition de 1608) et de ses continuateurs (édition Du Souillet, i/32).

« Ils (les pères Jésuites) n'avoient autrefois qu'une chapelle, qui est maintenant divisée en trois classes, à sçavoir la Rhétorique, la Logique et la Phisique; mats l'an 1614, ils commencèrent à construire leur grande Eglise, qui ne fut achevée que l'an iÙ2<j, et dédiée à saint Louis. » — Histoire de Rouen, edit. de itk>s.

• L'an 1607, 1610 et 1611, les Pères Jésuites achetèrent l'hôtcld'O et les autres maisonsqui occupoient la place où est leur église et leur sacristie; car auparavant ils n'avoient

qu'une chapelle qui sert maintenant à trois classes qui sont la réthorique, la physique et la théologie. L'an i6i5, Louis XIII leur donna par un brevet les démolitions du Château Gaillard, à Andcly, pour être employées au bâtiment de leur église, qui fut commencée l'an 1614, et la reine Marie de Médicis y mit la première pierre. Quoiqu'elle ne fût pas encore achevée, messire François de Harlay, archevêque de Rouen, en fit cependant l'ouverture en 1 63 1 et y célébra la grand'messc et y prêcha.

» Cette église qui etoit demeurée imparfaite, la voûte du bas de l'église ni le portail n'étant pas achevez, le fut enfin en 1704 avec l'Escalier; et la Dédicace en fut faite le 2i décembre audit an par messire Jacques Nicolas Colbcrt, archevêque de Rouen. # Histoire de Rouen, édition Du Souillet, i;32.

Si l'on ignore le nom de l'architecte, on connaît du moins celui de l'entrepreneur, et, par une des quittances de ce dernier, on peut vérifier l'exactitude de la date à laquelle, dans les textes qui précèdent, est rapportée le commencement de la construction.

« 29 novembre 1O18. Fui présent Jehan Boudin, maître masson, demeurant en ceste ville de Rouen, lequel, de son bon grey, a faict et constitué son procureur général et spécial, c'est assavoir Robert Boudin, son fils, auquel il a donné pouvoir et puissance, de, et pour luy et en son nom, poursuivre, receullir et recepvoir des Pères du collège de la compagnie de Jhésus de ceste ville de Rouen, tous et chacuns les deniers qui luy sont par culx deubz, à cause de l'ouvraige de fondemens de massonneryc de leur csglise et autres choses deppendantes desdits fondemens et esglise que ledit constituant auroit faictes de son dit mestier de masson depuis quatre ans ou environ suivant les marchez verbaulx avec lesdits porcs Jhésuy tes ; du reccu bailler acquitz et descharges vaillablcs.

» Signé : Boudin, 1618. »

Le même entrepreneur se chargea, croyons-nous, de la construction de l'église du Noviciat, entreprise vers le même temps. On trouve son nom, avec sa qualification de maître maçon, demeurant à Rouen, paroisse Saint- Martin, joint à celui de Jean Campelle, manouvrier, au bas d'un acte du 11 mars 1614, par lequel le P. Ch. Bildestein, recteur du Noviciat, reconnaît avoir reçu, des mains du P. François Tacon, procureur de la province de France, 3,6oo livres, provenant d'un legs de Pierre Le Moyne, chanoine de Tours.

Ce maître maçon devait jouir à Rouen d'une certaine vogue. On le voit employé à des travaux en l'église de Saint-Candc-le-Jeune, 1604; en celle de Saint-Jean, 161 5. Le prix élevé qui lui était payé, 20 s. par jour, indique en lui plus qu'un maçon ordinaire.

Je crois qu'il appartenait à une famille de maçons rouennais. Pierre Boudin, son fils ou petit-fils, est qualifié maître maçon et architecte dans un bail du 3 mars 1659, transcrit au Greffe des gens de main-morte.

Un Jean Boudin, aussi maître maçon, fut un de ceux qui. le i3 mars i53o, furent chargés de visiter le comble de la cathédrale quand il s'agit d'y poser une grande statue de saint Georges (1).

Dans le testament de maître Germain Dujardin, conseiller notaire et secrétaire du Roi, on voit plusieurs legs en laveur des Capucins, des Minimes, des Pénitents, pour permettre, aux deux premières de ces communautés de parachever leur église ; à la dernière, de s'en construire une. Il s'y trouve aussi, en faveur des Jésuites, un legs qui fournit une nouvelle preuve que leur église était commencée le 20 novembre n'u3, date de ce testament. Cette disposition est ainsi conçue : • Item aux Jésuites de ceste d. ville, ;mssi pour aider à bastir leur esglisc encommencéc et leur collège, semblable somme de 1 3o livres. »

(1) Arch. Ac la Scinc-Inf., G. 442a.

Disons enfin qu'une allocation assez importante, 1 5,ooo 1., avait été accordée par le Roi pour la construction de l'église, allocation à toucher par annuités de 3,ooo livres sur les deniers extraordinaires de la Généralité de Rouen. La dernière annuité fut payée en i6i3. Le receveur général des finances, Rouillé, qui en avait fait l'avance, obtint des lettres pour être remboursé de cette somme, le 5 mars 1625.

Ce ne fut pas dans cette seule circonstance que l'Etat contribua par ses allocations à l'installation du collège.

Les bâtiments qui entourent la grande cour d'entrée furent entrepris en vertu d'un arrêt du Conseil d'Etat du i5 septembre 1731. On commença par la construction d'une aile de bâtiment du côté du nord et d'un bâtiment en retour d'équerre du côté du couchant sur la face de la rue, lesquelles devaient former ensemble la moitié de la cour des classes.

L'adjudication s'en fit au sieur Joseph Couture, pour 58,ooo livres, par l'Intendant de la Généralité Jean-Prosper Goujon, sieur de Gasville, le 28 septembre 1731.

Un autre arrêt du Conseil d'Etat du Roi, du 2 mai 1738. ayant autorisé la construction d'une aile de bâtiment avec un pavillon, et, à la suite dudit pavillon, d'un autre bâtiment sur la face du jardin des Jésuites, l'adjudication s'en fit, en septembre 1738, à l'entrepreneur, M. Nicolas Hellot, pour 5o,ooo livres, par l'Intendant M. de la Bourdonnaie.

Les fonds furent pris sur l'octroi de la Ville de Rouen et sur celui des Marchands.

Celui qui fit les plans et devis fut M. Martinet, ingénieur des poms-ct- chaussées en la Généralité de Rouen, que nous avons déjà signalé comme l'architecte du Palais du Premier Président, devenu l'Hôtel des Sociétés savantes.

En 1 ~3 j , la ville de Rouen payait au sieur De Lormc, entrepreneur des ouvrages à faire au port de Rouen, une somme de 17,000 livres; et i,5oo livres à M. Martinet,

ingénieur des ponts-et-chaussées, chargé de l'inspection des travaux (i).

En 1732, M. Martinet était charge de faire le devis des travaux de la reconstruction de l'Hôtel des Consuls.

En 1733, la fabrique de la paroisse Saint-Eloi de Rouen eut recours à son expérience pour l'établissement d'une tribune qui devait servir à porter les nouvelles orgues de l'église; et ce fut d'après son avis qu'on décida, avant de travailler à ladite tribune. « défaire trois pilastres avec leurs ornements en pierre de taille à côté de chacun des deux piliers qui soutiennent ledit orgue, dont l'un se trouve beaucoup plus gros que l'autre, afin que ledit orgue se trouve de symétrie et au milieu de la nef et trois autres pareils pilastres contre le mur en face des trois cydessus. »

Comme témoignage de reconnaissance, la fabrique accorda à M. Martinet et a sa femme, pour tout le temps de leur vie, l'usage d'un banc, au prix des trésoriers (2).

M. Martinet (Jean-Jacques», décéda sur la paroisse de Saint-Eloi, à l'âge de 80 ans, et lut inhumé dans l'église de cette paroisse, le 24 janvier 1700. L'acte lui donne les titres d'écuyer, conseiller secrétaire du Roi, maison et couronne de France, ancien ingénieur des ponts-etchaussées.

De son mariage avec Marie-Anne Capplet, fille, je crois, de Denis Capplet, maître maçon à Rouen, décédée sur la paroisse Saint-Eloi, le iC mai 1772, il avait eu plusieurs enfants :

Aimable-Louis Martinet des Marais, orlicicr, en 1 7 * > 5 , au régiment de Dauphiné (3); Jean-Frédéric Martinet, ccuyer (4) ;

(1) Arch. de la Scinc-Inf., C. 224.

(2) Voir délibérations du 28 mai i;5<).

(S) Né le 0 octobre 1741.

(4) Né le 9 octobre 1741.

Trois filles : Madeleine- Léonor- Pélagie, qui épousa, le 2 juin 1762, André de Lestoile, maître honoraire en la Cour des Comptes ; — Marie-Anne, mariée à Jacques- Nicolas Goy, inspecteur des manufactures de la Généralité de Rouen; — Hélène-Françoise-Félicité, mariée, le ir> mars 1765, â Jean-Baptiste-Denis Goujon de Gasville de Thorigny, chevalier, ancien officier aux gardes françaises, capitaine réformé d'infanterie au régiment de Bresse, fils de Jean-Prosper Goujon de Gasville, Intendant de la Généralité de Rouen, et d'Anne Faucon de Ris.

Les titres donnés à cet ingénieur, les alliances de ses filles, caractérisent le xvm c siècle. On ne trouverait rien de pareil à Rouen, au moyen âge, pendant le xvi* siècle, pas même pendant le xvir*.

Dans sa notice sur Mathieu Le Carpentier, de l'Académie royale d'architecture de Paris, Maillet de Couronne rappelle comme un fait hpnorable pour Martinet, qu'il eut Le Carpentier pour élève, et qu'il contribua par ses encouragements à mettre cet artiste dans la voie qui devait le conduire à la réputation et à la fortune.

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