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PROPOS DE MON ONCLE LOUIS

« Le Harz est un pays de frênes et d'érables ; Nous chassions devant nous un tas de misérables, En guenilles, fuyant à travers les halliers.

Hommes, fenmies, enfants. N'ayant pas de souliers, Nous étions sans pitié pour les pieds nus des autres. En guerre, on dit : — Chacun ses haillons ; vous les vôtres. Moi les miens. — On est peu sensible. On a raison ! Et, pour faire la soupe, on brûle une maison.

« Les tambours sont joyeux, les clairons sont superbes, Les régiments en marche enjambent dans les herbes Des cadavres, sans même interrompre leurs chants ; Au printemps, quand les fleurs rayonnent, quand les champs,

Les prés, les eaux, les bois, sont pleins d'apothéoses, On entrevoit des morts, terribles sous des roses ; On vient, on pille, on tue, on passe; et, sans effroi, On laisse des pays brûlés derrière soi.

« Pensif, je constatais ces mœurs, sans trop m'y plaire.

On n'a pas de scrupule, on n'a pas de colère ;

On sent qu'on est victime, on est des meurtriers;

On chante, on a la joie étrange des guerriers;

Et les choses qu'on fait dans le sang et les flammes

Sont illustres; sinon, elles seraient infâmes. »

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