‹ Derniére gerbeChapitre 40 sur 56 · LA CITÉ DÉCRÉPITE · texte numérisé non relu

LA CITÉ DÉCRÉPITE

Dans cette yille où rien ne vit et ne palpite,

Comme dans une femme aujourd'hui décrépite,

On sent que quelque chose, hélas I a disparu.

Les maisons ont un air fâché, rogue et bourru ;

Les fenêtreSj'luisant d'un luisant de limace,

Semblent cligner des yeux et vous font la grimace,

Et de chaque escalier et de chaque pignon

II sort je ne sais quoi de triste et de grognon.

Des portes à claveaux du temps de Louis seize,

Des bonshommes de pierre avec pourpoint et fraise,

Des cours avec arceaux en anses de panier.

Force carreaux cassés, maint immonde grenier,

Des tours, dejgrands toits bleus sur des façades rouges,

Ce serait des palais si ce n'était des bouges,

Voilà ce qu'on rencontre à chaque pas ; et puis

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D affreux enfants tout nus jouant au bord des puits. Quelques arbres malsains, tout couverts de verrues, Percent le long des murs le pavé dans les rues. Les écriteaux sont peints d'un gothique alphabet ; Les poteaux à lanterne ont un air de gibet; Toits aigus, vastes murs, clochetons, girouettes, Font sur le ciel brumeux de mornes silhouettes. C'est surtout effrayant et lugubre le soir.

Le jour, les habitants sont rares ; on croit voir Partout le même vieux avec la môme vieille.

Dans ces taudis vitrés en verres de bouteille, Dans ces trous où jamais le soleil n'arriva, On entend bougonner le siècle qui s'en va.

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