‹ Dernières causeriers littérairesChapitre 19 sur 20 · DE CAD EN CK DU T II E A TU E · texte numérisé non relu

DE CAD EN CK DU T II E A TU E

et Halvn, une Chaîne! Il faul s'y résigner, Je théâtre peut être une récréation charmante, un plaisir délicat, une des formes les plus populaires de l'esprit national, une des parties les plus essentielles et les plus vivantes de la littérature, un mal nécessaire, plus ou moins atténué et adouci parla convenance, l'élévation ou la finesse de l'œuvre; mais prétendre qu'il puisse moraliser, croire qu'on en sortira meilleur, c'est associer un pitoyable lieu commun à un pitoyable paradoxe: les auteurs dramatiques à manche large ont le droit de nous rire au nez quand nous leur reprochons de ne pas s'adonner uniquemeut à la culture des rosières et aux pures délices des prix Moutyon.

D'autre part, la société, on doit bien le reconnaître, n'est pas exclusivement composée de gens impeccables et de mœurs sans tache. Son niveau moral s'élève ou s'abaisse suivant les époques, selon que les esprits sont tournés vers le ciel ou vers la terre, vers les grandes choses ou les jouissances matérielles, selon que les exemples venus de haut sont corrupteurs ou salutaires; mais, en somme, les passions, le3 travers, les vices, savent toujours se faire leur part, et l'observateur, l'écrivain, le poëte, qui n'en tiendraient pas compte, s'exposeraient à tomber dans la littérature à l'eau de rose, moins dangereuse, mais tout aussi fausse que la littérature à l'alcool. Que devons-nous donc demander à l'auteur comique ou dramatique? Qu'il ne retrace pas systématiquement les mœurs mauvaises, le monde taré et gangrené, et que, par cette peinture exclusive, il n'amène pas la société à se scinder en deux : d'un côté les honnêtes gens, qui s'éloigneront d'autant plus que vous vous serez plus éloigné d'eux, ou qui, s'ils se rapprochent, auront tout à perdre à ce rapprochement; de l'autre, les outlaws, les condottieri sociaux, qui seront enchantés de cette aubaine, et qui trouveront, jusque dans vos flétris-

sures', le seul honneur, le seul bénéfice qu'ils puissent espérer : celui de faire du bruit, de voir leur importance s'accroître, et de passer à l'état de puissance mondaine. Qu'en résultera-til? Premièrement, que cette partie du public honnête qui veut s'amuser à tout prix, qui ne consent pas à rester étrangère aux plaisirs de l'imagination et de Fart, ou qui cède à une périlleuse curiosité, viendra contempler vos tableaux et altérera dans ce seul contact sa dignité, sa délicatesse et son goût; secondement, que la fraction plus austère ou plus susceptible de la bonne compagnie, ne trouvant plus dans vos pièces que des sujets de scandale ou de dégoût, s'en prendra au théâtre tout entier, à toute la littérature, élèvera de plus en plus la barrière qui l'en sépare, et, finalement, rompra avec toute espèce d'habitude ou desympathic littéraire : conséquence également fâcheuse pour la société et pour les lettres.

Quand M. Dumas (ils eut fait jouer la Dame aux Camélias et obtenu ce succès inouï qui dure encore, il fut évident qu'il venait de clore, au moins pour un temps, la série, déjà beaucoup trop longue, des courtisanes réhabilitées par l'amour. Arrivant après Marion Delornie, après la Tisbé, après Fleur-dc-Marie, après les courtisanes sublimes deM.de Balzac etdemadame Sand, laDaro^ aux Cumélias n'était que la vulgarisation de cette môme idée, r a menu* aux proportions de la vie ordinaire, de la réalité parisienne, de l'anecdote vraie, et mise à la portée du public spécial qui devait l'admirer et l'applaudir. Au delà, il n'y avait rien de possible dans le même genre, excepté une contre-partie complète, un envers exact de ce scabreux sujet; et c'est ce que comprirent tout d'abord les dramaturges à la suite, les fureteurs de succès. Peindre le même monde, offrir à la curiosité les mômes amorces, réunir les mômes éléments de réussite, et, avec cela, venger la

morale outragée, réhabiliter les honnêtes femmes, souffleter le vice vêtu de soie et de velours, forcer la bonne compagnie d'avouer que la littérature et le théâtre sont quelquefois de son parti, se poser, avec un héroïsme facile, en puritains de foyer, en Catons de coulisses, n'y avait-il pas là de quoi tenter les ambitions dramatiques? Discutons un moment la valeur de ces prétendues revanches offertes à la morale par les Dames atix Camélias prises au rebours.

De quoi vous plaignez- vous? nous dit-on. Nous mettons ces femmes en scène, mais c'est pour les flageller. A la société polie qui nous accusait d'irrévérence pour le bien, de complaisance pour le mal, nous répondons en immolant ces beautés, ces grâces, ces élégances tachées de boue ; nous apprenons aux jeunes gens naïfs ou crédules le sort qui les attend, s'ils s'abandonnent à ces ongles roses, plus aigus et plus meurtriers que des griffes de tigre ou de démon, à ces dents blanches, plus venimeuses que des dents de vipère, plus tranchantes que des mâchoires de requin. Nous rendons à chacune sa vraie place : à la vertu, le trône; au vice, le pilori : honte à celui-ci, gloire à cellelà, et convoquez, s'il le faut, un public de vestales, afin que nous soyons jugés par nos pairs!

Eh bien, non, vous vous trompez : cette vengeance morale n'est qu'une spéculation dramatique. Vous établissez une bascule à votre usage, et vous faites tantôt monter, tantyt descendre, le côté du vice et le côté de la vertu, pour réveiller sur un point la curiosité qui se lasse sur un autre : vous faites comme ces gens économes qui retournent un habit quand il est usé; c'est l'envers de leur habit, mais c'est toujours le même drap. Vous nous montrez t-es femmes dans toute leur effronterie ou dans toute leur astuce : ia belle affaire! Croyez-vous, par ha-

sard, qu'elles prétendent, excepté dans le fugitif caprice de leur imagination blasée, à des couronnes d'innocence? Croyez-vous que l'idylle dont vous les affublez leur plairait beaucoup si vous vous avisiez d'en faire le fond de leur régime? Vous nous les donnez pour méchantes, perfides, insatiables, implacables, fourbes, dévorantes? Mais elles n'en demandent pas davantage : cette méchanceté, cette perversité, ces artiûces, c'est de la grandeur-encore, et la seule vraiment qui soit à leur portée. Notre siècle n'a-t-il pas inventé la poésie du mal, la beauté satanique, l'héroïsme du désordre, le patriciat du crime? Le génie malfaisant, n'est-ce pas du génie? La puissance de l'enfer, n'est-ce pas de la puissance? Être des Machiavels à dix volants, des Astartés en falbalas, cette gloire a son prix et vaut bien qu'on lui sacrifie la gloire bourgeoise qui s'appelle tout sottement l'honneur. Que veulent-elles, après tout, ces créatures? Être en vue, occuper d'elles, se pavaner aux premières loges de la comédie humaine, faire parler leur ignominie à défaut de leur apothéose, se bâtir, à défaut de marbre, des piédestaux de boue séchée au feu de la rampe : cette ambition, vous la satisfaites; ce bonheur, vous le leur donnez; grâce à vous, les voilà, les filles du trottoir, de la borne et de la nuit, qui ont un rang, un titre, un jour, une valeur sociale; elles fournissent à la littérature des types, des caractères, des personnages; que dis-je? Elles sont elles-mêmes des personnes au lieu d'être des choses, des choses clandestines et vénales, figurant, dans les fonds secrets des civilisations corrompues, à côté des vins frelatés et des jeux de hasard. Humiliées par vous! Non, non, elles sont flattées, et flattées doublement : car vous nous les faites adroites et habiles, et elles sont en général prodigieusement bêtes; c'est rimbécillité libertine de leurs adorateurs qui fait le plus

clair de leur esprit. Hormis deux ou trois rouées plus intelligentes que les autres, qui, dit-on, ont réussi a enchaîner par des pactes mystérieux certains journalistes mal famés, ces prêtresses de la matière sont, au demeurant, fort dignes de leur culte; et la preuve, c'est que vous-mêmes, malgré tout votre talent, tous vos efforts pour en faire des merveilles de finesse et de ruse, vous en faites, en définitive, des niaises. Suzanne d'Ange, l'héroïne du Demi-Monde, accumule, pendant cinq actes, maladresses sur maladresses; et quant à Olympe Taverny, l'héroïne de M. Émile Augier, il n'y a pas de grosse paysanne ou de petite pensionnaire qu'on puisse lui comparer en fait de gaucheries.

Quoi qu'il en soit, malgré d'autres essais qui ne sont pas même de la mauvaise littérature, c'est à M. Dumas fils qu'est revenu l'honneur d'écrire la vraie contre-partie de la Dame atix Camélias. Cet honneur lui était bien dû : on se sent, malgré soi, indulgent pour M. Dumas fils, d'abord parce qu'il est plein d'esprit, ensuite, parce que, ne voulant peindre que ce qu'il connaît bien, et ne connaissant bien que ce qu'il persiste à peindre, on ne saurait lui en vouloir de trop s'attarder dans celte fangeuse bohème dont il a été tour à tour le chroniqueur sentimental et goguenard. Le titre de Demi-Monde a fait fortune : pourtant le monde où s'agite Suzanne d'Ange n'a pas même droit à cette moitié que l'auteur lui laisse; c'est tout simplement celui de Marguerite Gautier et d'Armand Du val, non plus dans ses aspects élégiaques, mais dans ses aspects comiques. Une fois ces mœurs et cette comédie acceptées sur le théâtre, il était difficile de faire mieux et impossible défaire davantage."

Aussi, en lisant ce désastreux Mariage d'Olympe, de M. Érnile Augier, avons-nous songé au mot de Royer-

Collard, à propos de la chute du ministère Martignac : « C'est un effet sans cause. » — Nous avons peine à nous expliquer comment un auteur arrivé à une époque décisive de sa carrière littéraire, accrédité auprès du public par les brillants succès de la Ciguë, de Gabrielle, de Philiberte, et posé en candidat pour les élections de l'Académie française, a pu, de gaieté de cœur, compromettre à la fois son passé et son avenir, pourquoi? Pour le plaisir d'être traîné à la remorque par le succès du Demi-Monde, de pousser au noir des couleurs que M. Dumas fils avait déjà fort peu ménagées, et de rester fort inférieur dans un genre qui, décidément, appartient à son jeune et heureux rival. Qu'a-t-il pensé, qu'a-t-il espéré, qu'a-t-il voulu? Tout sacrifier à un succès d'argent, explorer encore cette veine aurifère où M. Dumas se changeait en capitaliste. Mais il n'avait pas besoin de ces moyens de commençant : le calcul serait déplorable, et nous nous réjouissons pour M. Augier qu'il ait été déçu. Sans recommencer, à Dieu ne plaise ! l'analyse des deux pièces, sans essayer d'établir entre les deux talents des différences toujours offensantes, et qui, cette fois, seraient injustes, nous croyons avoir démêlé une des causes de l'extrême inégalité des deux succès. C'est que, dans le Demi-Monde, tous les personnages, quoi qu'on en puisse dire, sont de même origine et accoutumés à respirer le même air. La police n'y est faite que par les naturels du pays. Olivier de Jalin et Marcelle, qui sont censés y représenter les honnêtes gens, y sont depuis longtemps acclimatés; et lorsqu'au ilénoûment Olivier épouse Marcelle, il a l'air de payer les frais de ses malices à ce monde dont il a si spirituellement médit. Nous ne comptons pas Raymond de Nanjac, espèce de troupier imbécile, placé là pour servir d'enjeu à la partie engagée entre Suzanne et Olivier. 11 en résulte

que le spectateur est à Taise : il a accepté, pour un soir, une excursion dans le monde des amours faciles et des mœurs équivoques : il y séjourne quatre heures, et tout est dit. Dans le Mariage d'Olympe, au contraire, la courtisane s'est implantée au cœur d'une famille noble et sans tache. Plus l'auteur s'est donné de peine pour entourer le marquis et la marquise de Puygiron d'une chevaleresque auréole d'héroïsme et de vertu, pour couronner de candeur et de grâce virginales le jeune front de Geneviève de Wiirzen, plus aussi l'on est irrité et révolté de voir l'odieuse Olympe vivre de plain-pied avec ces êtres d'élite, recevoir le* caresses de cet énergique vieillard et de cette naïve enfant, vicier l'atmosphère qu'ils respirent, et ourdir ses infectes toiles d'araignée dans cette loyale maison. Il y a là un insurmontable sentiment de répulsion, qui a dû, dès les premières scènes, condamner la pièce à mort auprès des esprits délicats. Et puis, pour que le marquis et la marquise, gens du monde, ayant vécu et vieilli dans I» bonne compagnie, soient un moment dupes des mensonges d'Olympe, pour qu'ils laissent leur chère petite-fille causer familièrement et intimement avec cette prétendue fille de fermier vendéen, devenue, sans leur permission, la femme de leur neveu, il ne faut pas qu'ils soient confiants, il faut qu'ils soient stupides; et cette crédulité de Cassandre détruit complètement l'intérêt qui pourrait s'attacher à ce couple vertueux. Ils sont d'autant plus impardonnables de se laisser mystifier par Olympe, qu'elle y met elle-même moins de façon et d'esprit. Ainsi M. Ëmile Augier, comme pour se punir de son erreur, a constamment fait le contraire de ce qu'il voulait faire, et, même en acceptant sa donnée, rien ne se suit ni ne se tient dans sa pièce. Il a voulu faire du marquis et de la marquise de Puygiron deux grandes et nobles figures, et ils agacent les

nerfs, avec leur crédulité et leurs rhumatismes. II a voulu prêter à Olympe au moins les séductions et les habiletés du vice, et elle se dément sottement d'une scène à l'autre. Femme d'unPuygiron, riche de cent mille livres de rente, elle reçoit des diamants d'un de ses adorateurs; après avoir tout fait pour devenir comtesse, elle s'ennuie horriblement de ses grandeurs; elle aspire à redescendre, à barboter de nouveau dans sa mare, et quand on lui offre sa liberté avec cinq cent mille francs, elle aime mieux recevoir un coup de pistolet. Ayant intérêt à tromper aussi longtemps que possible le marquis de Puygiron, elle donne à souper à sa mère Irma, où? dans le salon du raarquis,-en face du portrait de la marquise, devant tous les domestiques de la maison et à la clarté de dix candélabres; le tout avec accompagnement de vin de Champagne, de chansons grivoises, d'orgie authentique et de course aux bons mots; maisceux-ci, plus prudents que leurs maîtres, sontabsents, et ils n'ont pas tort : à tous moments, Olympe et sa hideuse mère répètent : • Soyons bien drôles, disons bien des bêtises, rions à cœur-joie, cassons les vitres! » Et le tout est gai comme un enterrement de troisième classe. M. Augier n'a pas même mis de sel sur la nappe, lui, souvent prodigue de sel gaulois et quelquefois de sel attiquev!

Me voilà perdu dans la critique de détail, et je voulais en rester aux considérations générales. L'essentiel est de constater que, du moment que dans ces peintures de mauvaises mœurs et d'existences déclassées les deux mondes se trouvent en présence, le tableau n'est plus supportable, et que la vertu, l'innocence, l'honnêteté, sont compromises, flétries et presque ridiculisées par le seul contact de ces femmes avilies et de leur digne entourage; l'essentiel est de rappeler que mettre ces femmes sur la scène, même pour les vouera l'opprobre, c'est encore les gran-

dir, c'est proclamer leur importance, c'est répondre au secret désir du vice vaniteux et effronté, qui préfère la malédiction au silence et l'infamie à l'obscurité. Dos lors la conclusion est facile : puisque, sur le théâtre, les honnêtes gens ne peuvent impunément se rencontrer avec ces honteux détritus des corruptions humaines, la môme atteinte morale est subie par les spectateurs qui viennent assister ii ces pièces; la même humiliation est infligée aux hommes et aux femmes de bonne compagnie, convoqués à ces étranges passes-d'armes entre la courtisane et la société ; le même abaissement d'idées, de sentiments, de goûts, d'habitudes, est réservé aux époques où de pareils tournois occupent les esprits, passionnent la littérature, remplissent les théâtres de leurs bruits et de leurs fanfares, et deviennent, entre des écrivains de talent, le sujet d'une émulation déplorable. Quel chemin nous avons fait depuis \eCid aiPolyeiœte! Etque faudrait-il, d'après une maxime célèbre,- penser d'un siècle dont les grands succès dramatiques s'appellent Hobert-Macaire, les Saltimbanques, Mercadet, la Dame aux camélias et le Demi-Monde? Au moins, lorsqu'on 1784 la société française, préludant à sa ruine, avait la folie de s'amuser au Mariage de Figaro, la grandeur de la lutte relevait ce que l'œuvre avait en elle-même de destructif et d'immoral, l.a querelle se posait entre l'ancien régime et le nouveau, entre la bourgeoisie et la noblesse, entre le passé et l'avenir. Aujourd'hui, il s'agit de savoir si les honnêtes femmes seront vaincues et remplacées, oui ou non, par les femmes déhontées. Prenez garde : poser de semblables questions, c'est les résoudre; engager de semblables batailles, c'est les perdre; le combat seul est une défaite.

El puis, quel contraste ! Le gouvernement protège la religion, met des évêques au sénat, envoie des aumôniers

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ù l'armée et à la flotte ; et voilà que, grâce aux tendances ou plutôt aux persistances du théâtre, vous forcez les premiers personnages de l'État à avoir l'air d'encourager de leur présence h représentation de ces pièces pétries de scandale et de vice ! Quel sentiments de tristesse ne doivent-ils pas éprouver lorsqu'ils songent que les vainqueurs de Rocroy pleuraient aux vers du grand Corneille, et que les prouesses de Marguerite Gautier, de Suzanne d'Ange et d'Olympe Taverny sont les seuls échos dramatiques qui répondent aux glorieux efforts de nos braves soldats d'Orient! N'insistons pas davantage. Ce n'est d'ailleurs ni du gouvernement ni de la censure que doivent venir la répression et le remède, mais du public, de la critique, des auteurs, de la littérature tout entière.

Lo mal doit périr par son excès même, et déjà l'insuccès à' Olympe prouve qu'on se dégoûte de ces cloaques et de ces miasmes. Que ce soit donc là le dernier hoquet de la Muse corruptrice, de ce petit art faisandé qui remplace, sur nos théâtres, le bel art de Corneille, de Racine et de Molière. Un publiciste éloquent a dit que le meilleur moyen d'en finir avec la révolution serait de ne plus la raconter. La révolution se fait avec de mauvaises mœurs tout comme avec des idées subversives, et les sociétés qui se dégradent en sont aussi près que les sociétés qui s'égarent. Si nous voulons en finir avec ces malheureuses qui naissent dans une loge de portier et meurent à l'hôpital, ne les racontons plus; laissons-là ce réquisitoire qui suppose un plaidoyer, et souvenons-nous que, pour les châtier et les flétrir, rien n'est préférable au silence du mépris.

l'jN.

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