THEATRE DE LA DÉCADENCE
Le premier qui a dit que le théâtre était une école de mœurs, ou qui a écrit et traduit le Castigat rjdendo mores, a mis en circulation un de ces niais sophismes qui sont à peu près sûrs de faire fortune dans un monde où la majorité se partage presque constamment entre les esprits vulgaires et les esprits faux. Chercher au théâtre un enseignement moral est une illusion robuste contre laquelle protestent trois siècles d'expérience : car, depuis Molière, qui p'est pas lui-môme irréprochable sur ce point, jusqu'à M. Scribe qui s'est fait une morale commodeà l'usage des consciences bourgeoises, je ne connais rien de moins édifiant que le répertoire de la Comédie-Française. Quel singulier cours d'honnêteté pratique à l'usage de la jeunesse, qu'Amphitryon, Y Avare, les Fourberies de Scapin, le Bourgeois gentilhomme, le Légataire universel, Turcaret, le Chevalier à la mode, le Mariage de Figaro, Bertrand